Des Bar­ba­rians double face

Long­temps do­mi­nés phy­si­que­ment dans les duels, les Ba­baas ont fi­ni en trombe en ins­cri­vant quatre es­sais spec­ta­cu­laires.

L'Équipe - - RUGBY - HAMID IMAKHOUKHENE

BOR­DEAUX – Bien sûr, l’équipe de France, c’est autre chose. Mais hier, quand on a vu les Ton­ga ca­bos­ser les Bar­ba­rians dans les duels, ar­ri­ver lan­cés, mas­sifs et agres­sifs, me­ner 7- 0 ( 4e), puis 14- 0 ( 15e) puis 21- 0 ( 27e) et en­fin 28- 7 à la mi- temps après un qua­trième es­sai de Sione Vai­la­nu ( Sa­ra­cens), on a pen­sé au Fran- ce- Ton­ga du 6 oc­tobre 2019, troi­sième match des Bleus lors de la pro­chaine Coupe du monde. Il fau­dra être prêts… Hier, on a même sou­vent pen­sé que les Ba­baas, vain­queurs de l’Aus­tra­lie ( 19- 11) et des Mao­ris all blacks ( 19- 15) sur cette même pe­louse bor­de­laise en no­vembre 2016 et 2017, pou­vaient prendre une rouste his­to­rique face à leurs ad­ver­saires îliens qui consti­tuent « la meilleure équipe ac­tuelle du Pa­ci­fique » , se­lon Ugo Mo­la, l’en­traî­neur de Tou­louse, aux com­mandes des Bar­ba­rians pour ce match en com­pa­gnie de William Ser­vat, son bi­nôme du Stade. « Pen­dant vingt, vingt- cinq mi­nutes, la den­si­té et l’or­ga­ni­sa­tion d’une vé­ri­table équipe in­ter­na­tio­nale a sur­pris les joueurs, no­tait Mo­la. Ils ont pris conscience du ni­veau des joutes in­ter­na­tio­nales. »

“Avec des miettes, les joueurs du fond de , , ter­rain ont su faire des choses ma­gni­fiques UGO MO­LA, CO­EN­TRAέNEUR DES BAR­BA­RIANS FRAN­ÇAIS

Pas in­vi­tés, ces Ba­baas au dé­but. Trop tendres et im­puis­sants dans les duels, et pri­vés d’un bal­lon qu’ils étaient in­ca­pables de conser­ver sur leurs rares pos­ses­sions. « C’a ta­pé fort et on sa­vait qu’ils al­laient jouer comme ce­la, à une ou zé­ro passe, souf­flait après coup le centre Ro­main Nta­mack. Mais, on s’est ac­cro­chés avec nos armes. » Ja­mais ré­si­gnée ef­fec­ti­ve­ment, cette équipe af­fi­chant une moyenne d’âge de 22,7 ans au ni­veau du quinze de dé­part face à des Ton­guiens beau­coup plus aguer­ris, à l’image du de­mi de mê­lée So­na­tane Ta kul ua ( New­castle), du nu­mé­ro 8 Sione Vai­la­nu ( Sa­ra­cens) ou d’Alas­ka Tau­fa ( Gre­noble) et Vun­ga­ko­to Li­lo ( Montauban), au­teurs de cinq des sept es­sais de leur équipe. Les Ba­baas, de­ve­nus la­bo­ra­toire du quinze de France et qui comp­taient cinq cham­pions du monde des moins de 20 ans au coup d’en­voi, étaient- ils tout sim­ple­ment trop jeunes ?

Hier, Mo­la a ré­pon­du par­tiel­le­ment à l’in­ter­ro­ga­tion. « On avait cette crainte. Ce n’est pas moi qui dé­cide, mais peut- être fau­drait- il équi­li­brer, que plu­tôt que prendre 23 joueurs as­sez jeunes, il fau­drait n’en re­te­nir que 16 ou 17 et les en­ca­drer avec 7 ou 6 joueurs plus aguer­ris » , sug­gé­rait le tech­ni­cien tou­lou­sain. Mal­gré tout, ce que l’on a vu pen­dant les 18 der­nières mi­nutes, quand les Bar­ba­rians ont ins­crit quatre es­sais pour fi­nir sur un 24- 0 fait d’au­dace et de mou­ve­ments leur per­met­tant de re­ve­nir à 38- 49, a confir­mé que cette jeu­nesse fran­çaise était très ta­len­tueuse. À l’image de Nta­mack im­pli­qué dans trois des quatre es­sais en ques­tion. « Il y a pas mal d’ac­tions à gar­der, no­tam­ment of­fen­si­ve­ment en se­conde mi- temps où on a mon­tré de belles choses » , ad­met­tait l’in­té­res­sé. Avec der­rière, les cannes de feu de La­veau et La­porte ( 1 es­sai cha­cun), mais aus­si d’Haml­daoui puis Re­tière et Ba­lès, en­trés en jeu. « Il y a des gar­çons dans cette équipe qui vont jouer au très haut ni­veau, concluait Mo­la. Avec des miettes, les joueurs du fond de ter­rain ont su faire des choses ma­gni­fiques. »

Le pi­lier An­toine Guilla­mon est pla­qué par Li­siate Ulu­fo­nua ( à gauche) et Sieg­fried Fi­si'ihoi.

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