Il trace sa route

L'Équipe - - FOOTBALL - Vincent Gar­cia

Le ca­rac­tère pas tou­jours simple de Mem­phis De­pay est fi­na­le­ment une chance pour Lyon. Sans cette per­son­na­li­té un peu à part, il n’au­rait pas échoué à Man­ches­ter Uni­ted et n’au­rait ja­mais re­bon­di à l’OL, car sa place est sû­re­ment dans un très grand club eu­ro­péen. Sa se­conde mi- temps et son coup franc ex­tra­or­di­naire contre Guin­gamp ( 4- 2), plus dif­fi­cile à ar­rê­ter qu’un pe­nal­ty d’Umut Bo­zok, sont ve­nus rap­pe­ler aux Lyon­nais la chance qu’ils ont de l’avoir chez eux. Les se­maines qui viennent de pas­ser, en forme de mon­tagnes russes, ré­sument son in­cons­tance. Mais pas les chiffres. Et puis­qu’il pa­raît qu’ils ne mentent pas, l’in­ter­na­tio­nal néer­lan­dais, avec ses deux buts et ses deux passes dé­ci­sives en Bre­tagne, est de­ve­nu hier le joueur de Ligue 1 le plus ef­fi­cace sur l’an­née 2018. Ce qui n’est pas rien dans un Cham­pion­nat où évo­luent Ney­mar, Mbap­pé et Ca­va­ni. Im­pli­qué dans vingt- neuf réa­li­sa­tions de­puis jan­vier der­nier ( 16 buts, 13 passes), il n’est pas seule­ment ce joueur dont l’at­ti­tude em­bête par­fois son en­traî­neur et ses co­équi­piers. Il est aus­si ce­lui qui porte les Lyon­nais, et autre chose aus­si, quand le ba­teau tangue sé­rieu­se­ment. On se rap­pelle son but vic­to­rieux au Vé­lo­drome face à l’OM la sai­son der­nière ( 3- 2) dans un contexte épou­van­table, quelques jours à peine après une éli­mi­na­tion en Ligue Eu­ro­pa face au CSKA Mos­cou. Il avait permis à l’OL de ne pas être dé­fi­ni­ti­ve­ment lar­gué dans la course au po­dium, sur le­quel le club rho­da­nien avait fi­na­le­ment ter­mi­né en mai.

Sans lui, l’his­toire se­rait dif­fé­rente, même si la route de Mem­phis n’est pas une ligne droite. Avant d’être re­ca­dré par Bru­no Ge­ne­sio de­vant le groupe, il avait ex­pri­mé pu­bli­que­ment son mé­con­ten­te­ment de ne pas être ti­tu­laire après le match à An­gers ( 2- 1, 27 oc­tobre), où il avait été dé­jà dé­ci­sif. Cer­tains peuvent y voir un dé­ra­page, d’autres une qua­li­té : il ne doit pas coû­ter cher à ses di­ri­geants en primes d’éthique. Sif­flé par une par­tie du pu­blic lyon­nais au Grou­pa­ma Sta­dium mer­cre­di contre Hof­fen­heim ( 2- 2), l’at­ta­quant ne fait pas l’una­ni­mi­té chez lui et ce­la peut pa­raître par­fois in­com­pré­hen­sible vu de l’ex­té­rieur. Les grands at­ta­quants aus­si pro­li­fiques, c’est quand on n’en a pas chez soi qu’on me­sure com­bien ils sont pré­cieux. L’OM, qui traîne Va­lère Ger­main et Ko­stas Mi­tro­glou, Nice, où Ba­lo­tel­li est por­té dis­pa­ru, Mo­na­co, or­phe­lin de l’an­cien Fal­cao, se­raient sû­re­ment bien contents d’avoir un Mem­phis De­pay à la mai­son.

Le Lyon­nais Mem­phis De­pay est fé­li­ci­té par Ra­fael, hier, à Guin­gamp où l'OL s'est im­po­sé 4- 2.

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