L’heure du re­tour pour Ra­biot ?

De­puis trois matches, le Fran­çais a per­du sa place au pro­fit de Drax­ler. Hier, Tu­chel a lais­sé en­tendre que le Fran­çais pour­rait être de nou­veau ti­tu­laire ce soir.

L'Équipe - - FOOTBALL - AR­NAUD HERMANT ( avec J. Ba.)

Il y a quelques se­maines, cer­tains mé­dias, no­tam­ment al­le­mands, an­non­çaient que Ju­lian Drax­ler pour­rait quit­ter le Pa­risSaint- Ger­main à l’hi­ver 2019, une pers­pec­tive alors dé­men­tie par son en­tou­rage. Les rai­sons in­vo­quées ? Un temps de jeu li­mi­té de­puis le dé­but de sai­son et une au­baine fi­nan­cière pour Pa­ris en vue des exi­gences du fair- play fi­nan­cier. De son cô­té, alors que son contrat s’achève en juin pro­chain, Adrien Ra­biot, sé­duit par Tho­mas Tu­chel qui en avait fait l’un de ses hommes de base, pen­chait de plus en plus pour une pro­lon­ga­tion de son bail dans la ca­pi­tale ( voir notre édi­tion du 14 oc­tobre).

Quelques se­maines plus tard, la ma­gie du foot­ball, ou tout au moins son ca­rac­tère im­pré­vi­sible, a ba­layé cet état de fait et même in­ver­sé la donne. Au­jourd’hui, Drax­ler ( 25 ans) a sup­pléé le Fran­çais ( 23 ans) dans l’en­tre­jeu pa­ri­sien et vient d’en­chaî­ner trois ti­tu­la­ri­sa­tions ( deux en L 1 et une en Ligue des cham­pions) où il s’est mon­tré à son aise, avec no­tam­ment un but face à l’OM. Des per­for­mances qui ont ren­for­cé sa po­si­tion dans l’ef­fec­tif pa­ri­sien. Dans le même temps, Ra­biot ne quit­tait, en L 1, le banc de touche que pour quelques mi­nutes à Mar­seille ( 2- 0) et face à Lille ( 2- 1) et même pas du tout mar­di der­nier à Naples ( 1- 1). Ce soir à Mo­na­co, pour ce qui au­rait dû être le choc de cette 13e jour­née, le­quel des deux se­ra ti­tu­laire au mi­lieu de ter­rain au cô­té, vrai­sem­bla­ble­ment, de Mar­co Ver­rat­ti ? Les deux Pa­ri­siens ont res­pec­ti­ve­ment par­ti­ci­pé à 15 matches pour le Fran­çais toutes com­pé­ti­tions confon­dues et 14 pour l’Al­le­mand dont quatre comme ti­tu­laire et ils af­fichent des sta­tis­tiques as­sez proches dans cette po­si­tion compte te­nu de leur pro­fil tech­nique res­pec­tif ( voir in­fo­gra­phie ci- des­sous). Hier, Tho­mas Tu­chel, lors de sa tra­di­tion­nelle confé­rence de presse de veille de match, a évo­qué le duel entre ses deux joueurs, sans don­ner d’in­di­ca­tion claire sur ce­lui qu’il al­lait ali­gner dès le coup d’en­voi : « Adrien, oui, il peut jouer de­main ( hier), on va dé­ci­der au­jourd’hui ( hier). C’était une dé­ci­sion dure pour lui à Mar­seille, mais à mon avis on n’avait pas le choix. Après, Ju­lian ( Drax­ler) a fait de bons matches contre Lille, Naples. Adrien a la pos­si­bi­li­té de jouer pour nous, c’est un joueur très im­por­tant, ça n’a pas chan­gé. Il doit être prêt à jouer, et à ce que j’ai vu hier à l’en­traî­ne­ment, il l’est. » Si l’on tente de dé­cryp­ter la ré­flexion de Tu­chel, Ra­biot pour­rait re­trou­ver une place de ti­tu­laire ce soir. Ce se­rait une fa­çon de le re­lan­cer juste avant la trêve in­ter­na­tio­nale, lui qui n’a pas été convo­qué par Di­dier Des­champs pour les deux matches de l’équipe de France

( Pays- Bas et Uru­guay), con­trai­re­ment à Drax­ler, re­te­nu par Joa­chim Löw avec l’Al­le­magne. Une oc­ca­sion aus­si pour Tu­chel de mettre ses actes en confor­mi­té avec ses pa­roles d’hier, lors­qu’il dit que le na­tif de Saint- Mau­rice dans le Val- de- Marne de­meure un joueur im­por­tant du club.

Sanc­tion­né comme Mbap­pé pour son re­tard à la cau­se­rie avant Mar­seille, Ra­biot a eu le sen­ti­ment, ces der­niers jours, de su­bir un trai­te­ment dif­fé­rent de son par­te­naire, et plus glo­ba­le­ment de ne pas bé­né­fi­cier de la même man­sué­tude de la part de la di­rec­tion que cer­tains de ses co­équi­piers. Sa ma­man et agent l’a dé­fen­du au­près de la di­rec­tion en mul­ti­pliant les échanges. Fi­nan­ciè­re­ment et en termes d’image, le dé­part du Fran­çais, for­mé au PSG, dans quelques mois, ne man­que­rait pas de créer de nou­velles po­lé­miques. Même si c’est au dé­tri­ment de Drax­ler qui n’a pas dé­mé­ri­té ces der­niers matches, le PSG et Tu­chel en tête peuvent lui en­voyer au­jourd’hui un si­gnal po­si­tif. Dans le cli­mat ten­du toute cette se­maine par les af­faires, ce se­rait un pe­tit coin de ciel bleu pour Pa­ris.

Ra­biot a le sen­ti­ment d'être trai­té dif­fé­rem­ment de cer­tains co­équi­piers

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