S'il n'y avait que sur le ter­rain...

Aux mau­vais ré­sul­tats de Rennes est ve­nue s'ajou­ter l'affaire du fi­chage eth­nique au PSG, qui touche Marc Wes­ter­loppe et Oli­vier Lé­tang, deux an­ciens du club pa­ri­sien.

L'Équipe - - FOOTBALL - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL JO­HAN RIGAUD

RENNES – Jeu­di soir, à Kiev, Rennes a été qua­si­ment écar­té par le Dy­na­mo ( 1- 3) de la course à la qua­li­fi­ca­tion pour les sei­zièmes de fi­nale de la Ligue Eu­ro­pa. Dé­jà en dif­fi­cul­té en Cham­pion­nat ( 12e avant le dé­but de cette 13e jour­née), le club bre­ton a dans le même temps été tou­ché par des af­faires ex­tra- spor­tives. Plus pré­ci­sé­ment celle ré­vé­lée ce même jeu­di soir, par Me­dia­part, sur le fi­chage illé­gal des jeunes en fonc­tion de leurs ori­gines au PSG. Une affaire qui concerne le fonc­tion­ne­ment de 2013 à 2018 des deux cel­lules de re­cru­te­ment du club, celle pour l'île- de- France et celle pour la « pro­vince » .

Le rap­port avec Rennes ? Cette cel­lule « pro­vince » a en fait été créée par l'ac­tuel pré­sident de Rennes, Oli­vier Lé­tang, lors­qu'il était di­ri­geant au PSG ( 20122017). Il avait alors re­cru­té pour s'en oc­cu­per Marc Wes­ter­loppe, consi­dé­ré comme l’un des ins­ti­ga­teurs de cette mé­thode. Pris dans la tour­mente, ce­lui qui a sui­vi Lé­tang à Rennes l'hi­ver der­nier pour être en charge de l’in­di­vi­dua­li­sa­tion des néo- pros a ré­agi hier par l'in­ter­mé­diaire de son avo­cat. Dans un com­mu­ni­qué, ce der­nier a as­su­ré que son client « n'[ avait] ja­mais com­mis quelque acte de dis­cri­mi­na­tion que ce soit et nom­breux sont ceux qui peuvent en té­moi­gner » .

De son cô­té, Sa­bri La­mou­chi n’a pas échan­gé avec Wes­ter­loppe. « Il n’est pas dans le ves­tiaire, pas avec nous sur le ter­rain, a in­di­qué l'en­traî­neur. Il est dans mon club, mais dans mon club il n’y a pas ce genre de pra­tique, et je ne suis pas la per­sonne ap­pro­priée pour vous ré­pondre sur le cas de la per­sonne Marc Wes­ter­loppe. » Et, sur le fond, Sa­bri La­mou­chi a don­né clai­re­ment son avis sur les pra­tiques ré­vé­lées : « Ça ne me sur­prend pas : ça me choque. Le terme “sur­prendre” ne peut être ap­pro­prié car je sais dans quelle case je se­rais en tant que joueur ou coach, vous ima­gi­nez. »

Le cli­mat semble donc ten­du à Rennes à l'ap­proche de ce der­by contre Nantes, cet après- mi­di. Car, sur le ter­rain, on l'a dit, la si­tua­tion n'est pas beau­coup plus se­reine. Sur­tout de­puis la dé­faite en C 3 à Kiev, su­bie jeu­di avec une équipe très re­ma­niée par La­mou­chi, alors qu’il di­sait vou­loir jouer l’épreuve à fond... « Je n’ai ab­so­lu­ment pas pri­vi­lé­gié Nantes » , s'est dé­fen­du l’en­traî­neur ren­nais. On ne peut pas dire non plus que le tour­nant de Kiev ait été pri­vi­lé­gié. La­mou­chi ne vou­lait pas re­vivre la faillite contre Reims ( 0- 2, le 28 oc­tobre) trois jours après la ré­cep­tion de Kiev ( 1- 2), avec neuf joueurs sur onze iden­tiques. Mais il sait, aus­si, que son équipe, cin­quième du der­nier exer­cice, est en des­sous des at­tentes et qu'il est per­son­nel­le­ment en dan­ger. Des ré­flexions au­raient d'ailleurs été me­nées pour le rem­pla­cer en cas d’échecs ré­pé­tés. Oli­vier Lé­tang l’a sou­te­nu pu­bli­que­ment mais le pré­sident ren­nais ne peut être sa­tis­fait du par­cours en C 3 et d’une place dans le ventre mou.

Pour La­mou­chi, ce der­by est donc l'oc­ca­sion d'ef­fa­cer ce dé­but de sai­son mi­ti­gé. Et de se rap­pe­ler que c'est ce match, il y a un an ( 2- 1, le 25 no­vembre, trois se­maines après son ar­ri­vée au club ), qui l'avait lan­cé vers une sai­son réus­sie.

Les Ren­nais Jé­ré­my Gé­lin et Ra­my Ben­se­bai­ni ( à d.) se sont in­cli­nés contre le Dy­na­mo Kiev de My­ko­la Sha­pa­ren­ko, jeu­di ( 1- 3).

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