Lens per­dant sur tous les plans

En plus de s'être in­cli­né dans le der­by, le club ar­té­sien a vu ses sup­por­ters com­mettre des dé­gra­da­tions dans le stade.

L'Équipe - - FOOTBALL - JOËL DOMENIGHETTI

VA­LEN­CIENNES ( NORD) – Ce­la au­rait pu être un après- mi­di festif dans un stade im­pa­tient. Une heure et de­mie avant la ren­contre, on dé­plo­rait des bles­sés lé­gers à la suite d'af­fron­te­ments entre Len­sois et Va­len­cien­nois stop­pés par la po­lice en centre- ville. Mais la nette dé­faite du club ar­té­sien ( 2- 4) a dé­clen­ché la co­lère de quelques écer­ve­lés len­sois, vexés par l’inu­tile pro­vo­ca­tion du dé­fen­seur de VA, El­hadj Da­bo, main sur l’oreille après la vic­toire, face à la tri­bune sud rem­plie de 5 000 fans sang et or. Cer­tains d'entre eux n’ont pu s’em­pê­cher de dé­gra­der le stade du Hai­naut, cas­sant puis pro­je­tant des di­zaines de sièges rouges sur la pe­louse. Un sup­por­ter len­sois si­tué plus bas en a re­çu un sur le crâne, avant d’être éva­cué vers l’hô­pi­tal pour pas­ser en ur­gence des exa­mens ap­pro­fon­dis. Se­lon la pré­fec­ture, il était ivre et s'est bles­sé lui- même en lan­çant un siège sur un sta­dier.

Wa­lid Mes­loub, le capitaine sang et or, n’a pas été bien ma­lin non plus en ve­nant ser­mon­ner puis pous­ser Da­bo pour son geste in­con­ve­nant, ex­pri­mant toute la frus­tra­tion de son camp. De quoi aug­men­ter la confu­sion col­lec­tive avant que l’ar­bitre, M. Pal­hies, n’ex­pulse les deux pro­ta­go­nistes. « Le club pré­sente ses ex­cuses à Va­len­ciennes pour les dé­gra­da­tions com­mises, dé­plo­rait Ar­naud Pouille, di­rec­teur gé­né­ral de Lens. La vio­lence, en ré­ponse à la pro­vo­ca­tion, n’est pas ac­cep­table et condam­nable. Nous pren­drons des me­sures à l’is­sue d’une réunion avec les pré­si­dents de sec­tion. »

Sous le coup d’un sur­sis ( dé­bor­de­ments à Auxerre, 2- 1, le 6 oc­tobre), Lens risque gros. Le club a- t- il été laxiste en cher­chant la paix so­ciale par une grande proxi­mi­té avec son pu­blic ? « Ab­so- lu­ment pas ! » , ré­pond Pouille, qui ré f u t e ê t re d é b o rd é p a r u n e frange d’ul­tras durs et mi­no­ri­taires. La pré­fec­ture a pré­ci­sé hier soir que trois sup­por­ters len­sois avaient été in­ter­pel­lés pour usage d'en­gins pyrotechniques.

Sur le ter­rain, on avait pour­tant vu une des plus belles ren­contres de L 2 cette sai­son. Avec six buts, des oc­ca­sions à la pelle, du jeu of­fen­sif au sol, des com­bi­nai­sons et des re­bon­dis­se­ments. Sous forte pres­sion, VA est re­mon­té à la 14e place en mon­trant qu’il était ca­pable du meilleur, ados­sant sa sur­vie à ses mou­ve­ments col­lec­tifs et son ir­ré­sis­tible en­vie de mar­quer. « Quand on dis­pose de tels joueurs of­fen­sifs, c’est dom­mage de les bri­der, re­le­vait fiè­re­ment Ré­gi­nald Ray. Ils mé­ri­taient cette bouf­fée d’oxy­gène. »

Le club du Hai­naut a fait im­plo­ser une équipe len­soise suf­fi­sante. « Avant, j’avais des joueurs dont les dents rayaient le par­quet, là c’étaient des agneaux, re­gret­tait Phi­lippe Montanier, dé­fait une troi­sième fois de suite. Si on perd cet en­ga­ge­ment, on de­vient une équipe comme les autres. In­cons­ciem­ment, cha­cun en a fait un peu moins. » Alors que son équipe, 4e, dé­croche des places de tête pour la pre­mière fois de la sai­son, seul le mi­lieu len­sois, El Had­ji Ba, a eu le cran de ve­nir dire que la « vic­toire de VA était mé­ri­tée. Il y a peut- être un pe­tit re­lâ­che­ment. On doit tous se re­mettre en ques­tion » .

, , “Mes joueurs étaient des agneaux PHI­LIPPE MONTANIER, EN­TRAέNEUR DE LENS

À la suite d'un geste pro­vo­ca­teur d'El­hadj Da­bo en­vers les sup­por­ters len­sois, les es­prits se sont échauf­fés à la fin du match, sur la pe­louse et en tri­bunes.

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