En Bre­tagne, ça joue

Rennes 20 h Di­jon / Guin­gamp 20 h Amiens

L'Équipe - - LA UNE - AN­TOINE MAUMON DE LONGEVIALLE

RENNES – On di­ra que les mé­dias adorent trou­ver des chocs psy­cho­lo­giques, mais Ju­lien Stéphan n’au­rait pas dû dé­tailler les ki­lo­mètres par­cou­rus par ses joueurs, mer­cre­di à Lyon ( 2- 0). L’ayant sor­ti en fin de confé­rence de presse, hier, après avoir ra­con­té ses dé­buts sur le banc ren­nais, on se doute qu’il ne l’a pas dit pour en­fon­cer son pré­dé­ces­seur. Mais les chiffres sont as­sez élo­quents pour ne rien de­voir au ha­sard et in­ter­pel­ler Sa­bri La­mou­chi : « On a qua­si­ment fait 7 km de plus que les Lyon­nais en vo­lume to­tal de courses, et 35 sprints de plus, a sou­li­gné Stéphan. C’est la plus haute per­for­mance en termes de vo­lume de courses de­puis le dé­but de la sai­son. »

Un « ef­fet Stéphan » a donc joué à Lyon. Mais aus­si parce que ses choix de joueurs ont payé. C’est Ha­tem Ben Ar­fa, de moins en moins uti­li­sé par La­mou­chi, qui a ou­vert le score, tan­dis que le deuxième but a été mar­qué par Jor­dan Sie­bat­cheu. C’était la pre­mière ti­tu­la­ri­sa­tion de l’an­cien Ré­mois de­puis pl us de deux mois. Stéphan l’avait ali­gné pour in­car­ner son plan de jeu. « On avait iden­ti­fié plu­sieurs choses dans le jeu lyon­nais : des failles dans le dos de Jé­ré­my Mo­rel et de Mar­çal. De­nayer et Mar­ce­lo ne sont pas tou­jours très ali­gnés ; donc il fal­lait plon­ger dans cet es- pace- là, c’était le rôle de "Jor­dy", ex pl i que l e néo- e nt ra î neur. Comme Lyon est une équipe qui a de gros temps forts – car elle a de fortes pous­sées d’adré­na­line –, je vou­lais qu’on soit ca­pables de res­sor­tir plus long sur "Jor­dy" pour qu’il puisse ca­ler les bal­lons et faire mon­ter le bloc. »

' ' Je com­prends un pe­tit peu quand on dit qu’un , , en­traî­neur est pris dans une ma­chine à la­ver JU­LIEN STÉPHAN, L’EN­TRAέNEUR DE RENNES

Les op­tions tac­tiques pour­ront chan­ger ce soir. Mais pas le nom du gar­dien, Abdoulaye Dial­lo, éga­le­ment ins­tal­lé d’em­blée et dé­ci­sif, alors que ni lui ni To­mas Kou­bek ne don­naient sa­tis­fac­tion de­puis le dé­but de la sai­son. « Si je l’ai mis parce que je le connais­sais plus ? Pas du tout, je suis prag­ma­tique, ré­pond Stéphan, qui a di­ri­gé l’in­ter­na­tio­nal sé­né­ga­lais avec la ré­serve du club. Vous avez re­mar­qué que les deux joueurs res­tés en tribune à Lyon étaient Ni­co Jan­vier et De­nis Po­ha, peut- être les deux joueurs que je connais le mieux de l’ef­fec­tif. En deuxième pé­riode, si je fais dans les sen­ti­ments, peut- être que je fais en­trer James Léa- Si­li­ki parce que je le connais­sais mieux que Del Cas­tillo. Mais non. Ce qui m’in­té­resse, c’est la per­for­mance. »

Ti­tu­laire du BEPF, for­ma­teur de­puis plu­sieurs an­nées, et fils d’un en­traî­neur ad­joint cham­pion du monde, son idée du mé­tier était for­cé­ment pré­cise. Il est aus­si chro­no­phage qu’at­ten­du. « Main­te­nant, je com­prends un pe­tit peu quand on dit qu’un en­traî­neur est pris dans une ma­chine à la­ver, sou­rit le tech­ni­cien. Mais c’est pas­sion­nant. Il faut contrô­ler ses émo­tions et être très ou­vert pour ana­ly­ser toutes les don­nées qu’on peut re­ce­voir, les en­re­gis­trer et prendre les bonnes dé­ci­sions. » Avec une poi­gnée de séances avec son groupe, l’en­traî­neur in­tro­ni­sé lun­di ad­met n’avoir « rien ré­vo­lu­tion­né » . Il n’a pas pu al­ler au- de­là de quelques i dées si mples : « Avoir un col­lec­tif fort, des joueurs ca­pables de cou­rir les uns pour les autres, proches, un bloc dense, com­pact. » « Au fil du temps, on af­fi- ne­ra les règles de vie, on dé­ter­mi­ne­ra un cadre, pour­suit Stéphan. La prio­ri­té, c’est d’al­ler à l’es­sen­tiel sur la struc­ture d’équipe. » Avec pour ob­jec­tif une deuxième vic­toire de suite en Cham­pion­nat, ce soir face à Di­jon. Ce se­rait une pre­mière pour Rennes cette sai­son.

Ju­lien Stéphan, l'en­traî­neur de Rennes, donne ses consignes à Ben­ja­min Bou­ri­geaud lors de Lyon- Rennes ( 0- 2). mer­cre­di.

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