« On ne se fixe pas de li­mite » Ser­gi Dar­der,

L’an­cien mi­lieu lyon­nais ( 2015- 2017), se ré­gale avec l’Es­pa­nyol, neu­vième de Li­ga, qui a mar­qué le pas après un ex­cellent dé­but de sai­son.

L'Équipe - - FOOTBALL - FLORENT TORCHUT

BAR­CE­LONE ( ESP) –

« De­puis cet été, tout le monde parle de “Dar­de­ris­mo” pour évo­quer l'at­mo­sphère po­si­tive au­tour de l'Es­pa­nyol. De quoi s'agit- il au juste ?

J’avais de bonnes sen­sa­tions, après une sai­son com­pli­quée ( 11e). Je l’ai dit dans une interview et, ce n’est pas qu’on m’a mal in­ter­pré­té, mais ils ont ti­tré : “On doit es­sayer de ga­gner la Li­ga “… Le mes­sage c’était sur­tout : pour­quoi ne pas es­sayer de le faire ? Quand notre nou­vel en­traî­neur, Ru­bi, est ar­ri­vé ( cet été, en pro­ve­nance de Hues­ca), il nous a trans­mis cet op­ti­misme et cette confiance qui fait qu’on ne se fixe pas de li­mite.

On parle de vous comme le mé­tro­nome de cette for­ma­tion.

C’est le rôle du nu­mé­ro 8. Un peu comme ( Ever) Ba­ne­ga au Sé­ville FC,

( To­ni) Kroos ou ( Lu­ka) Mo­dric au Real. Je me sens à l’aise dans cette po­si­tion. Cer­tains en­traî­neurs m’ont uti­li­sé plus en re­trait, d’autres plus près de l’at­ta­quant. J’aime tou­cher le bal­lon, par­ti­ci­per le plus pos­sible, comme un me­neur au bas­ket. Si je mets un but mais que je n’ai tou­ché que dix bal­lons, je ne suis pas content.

“À Lyon, tout le monde m'a ex­trê­me­ment bien trai­té alors , , que je n'ai pas tou­jours mon­tré le meilleur de moi- même

En quoi votre rôle est- il dif­fé­rent de ce­lui que vous oc­cu­piez à Lyon ?

En Ligue 1, il n’y a pas au­tant de contrôle du bal­lon. Ici, je fais sou­vent trois ou quatre touches de balle. En France, si vous faites ça, les gens se de­mandent : pour­quoi il ne la donne pas tout de suite de­vant ? La L1 est beau­coup plus phy­sique que la Li­ga.

Cer­tains sup­por­ters de Lyon au­raient bien ai­mé vous gar­der…

Quand le public voit un joueur avec un autre pro­fil, comme ( Hous­sem) Aouar ou moi, avec un pro­fil “es­pa­gnol “, plus tech­nique – sans vou­loir dé­ni­grer les joueurs fran­çais –, il ne veut pas le lâ­cher. Mais la L1 n’est pas mon Cham­pion­nat, même si Lyon est mon club, car il es­saie de bien jouer. La der­nière an­née, j’avais per­du confiance en moi. Certes, j’ai com­men­cé la sai­son 2017- 2018 en tant que ti­tu­laire, mais je sa­vais que si on per­dait deux matches, je sor­ti­rais de l’équipe. C’est dans ce contexte que l’Es­pa­nyol m’a pro­po­sé de re­ve­nir à la mai­son. Je me sen­tais très bien à Lyon, dans mon quo­ti­dien, dans le ves­tiaire, avec les sup­por­ters, l’en­traî­neur, le pré­sident. Tout le monde m’a ex­trê­me­ment bien trai­té alors que je n’ai pas tou­jours mon­tré le meilleur de moi- même. J’avais be­soin de re­trou­ver la confiance dans un en­droit où j’ai gran­di. Même si un club russe ou chi­nois m’avait pro­po­sé un gros contrat, je se­rais re­ve­nu ici.

En vou­lez- vous à Bru­no Ge­ne­sio ?

Non, car il a tou­jours été très clair avec moi. Je ne peux ab­so­lu­ment rien lui re­pro­cher. Au contraire. Il m’a tou­jours ai­dé. Il vou­lait ali­gner cer­tains joueurs of­fen­sifs et, au mi­lieu, il op­tait pour des joueurs plus phy­siques. Il y avait beau­coup de joueurs ta­len­tueux de­vant : Fe­kir, La­ca­zette, Val­bue­na, De­pay…

Sui­vez- vous tou­jours le club ?

Oui, sur­tout en Ligue des cham­pions. Et, quand ils ne jouent pas en même temps que nous, je les suis aus­si en L 1. Si­non, je re­garde les ré­su­més. Je trouve que l’équipe a du mal contre les équipes qui se ferment. Lyon est une équipe hy­bride : phy­sique, comme la plu­part des clubs fran­çais, mais aus­si très créa­tive. Je suis cer­tain qu’ils vont ter­mi­ner deuxièmes, ce qui se­rait une bonne sai­son, Pa­ris étant in­tou­chable. »

Ser­gi Dar­der lors du match entre l'Es­pa­nyol et Ca­dix en Coupe du Roi ( 1- 0, mer­cre­di).

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