Bé­bé conge­lé : un ex­pert mé­di­cal té­moigne au Puy et le pro­cès est ren­voyé !

■ Un obs­té­tri­cien émet une nou­velle hy­po­thèse pour ex­pli­quer le dé­cès du bé­bé re­trou­vé conge­lé

L'Éveil de la Haute-Loire - - La Une - Ophé­lie Cré­millieux ophe­lie.cre­mil­lieux@cen­tre­france.com

COUR D’AS­SISES. Re­bon­dis­se­ment dans le pro­cès d’une mère, elle a été re­mise en li­ber­té.

L’hy­po­thèse avan­cée par un obs­té­tri­cien a fait bas­cu­ler le pro­cès en ap­pel de la qua­dra­gé­naire sus­pec­tée d’avoir tué et conge­lé son bé­bé, à Vi­chy. L’af­faire a été ren­voyée pour que soit réa­li­sée une nou­velle ex­per­tise.

L’obs­té­tri­cien de re­nom ci­té à la barre pour la pre­mière fois par les avo­cats de la dé­fense a fait bas­cu­ler le pro­cès en ap­pel de la mère du bé­bé re­trou­vé dans le congé­la­teur de son ap­par­te­ment, à Vi­chy, en dé­cembre 2011.

Après avoir lon­gue­ment exa­mi­né les dif­fé­rents rap­ports d’ex­per­tise, le pro­fes­sion­nel aux 2.800 ac­cou­che­ments au cours de sa car­rière, émet une nou­velle hy­po­thèse : se­lon lui, le nour­ris­son se­rait mort « d’une hé­mor­ra­gie ».

Son té­moi­gnage contre­dit les mé­de­cins lé­gistes qui, à l’is­sue de l’au­top­sie du corps du nou­veau­né, avaient conclu que le gar­çon de 5 kg et de 57 cm était dé­cé­dé « par suf­fo­ca­tion », « en moins de cinq mi­nutes ». Ils pré­ci­saient que l’en­fant était vi­vant à la nais­sance, qu’il ne s’était pas noyé, que son corps ne por­tait « pas de traces de vio­lence » mais que son « dé­cès n’avait pu sur­ve­nir sans l’in­ter­ven­tion de la mère ».

L’hy­po­thèse avan­cée par l’obs­té­tri­cien ap­porte du cré­dit à la frêle qua­dra­gé­naire qui clame son in­no­ cence de­puis lun­di. Re­ju­gée en Haute­loire, elle a ré­pé­té ce qu’elle avait dé­jà dit en fé­vrier, de­vant la cour d’as­sises de Mou­lins, dans l’al­lier. « Je ne lui ai pas fait de mal à ce bé­bé, mon­sieur », a­t­elle en­core dé­cla­ré en san­glots, à la barre.

En pre­mière ins­tance, la ser­veuse de 41 ans, mère de trois en­fants, avait éco­pé de six ans de pri­son. Elle avait fait ap­pel « pour qu’on ne dise plus que je l’ai tué ».

De­vant la cour d’as­sises d’ap­pel de la Haute­loire, l’ac­cu­sée a ré­af­fir­mé que l’en­fant qu’elle a mis au monde en 2008, seule, dans sa bai­gnoire, « ne bou­geait pas. Il ne criait pas. Il flot­tait ». Elle est per­sua­dée qu’il était mort quand elle a quit­té le bain en­san­glan­té « d’un seul coup », « pa­ni­quée » par la nais­sance de ce bé­bé qu’elle n’at­ten­dait pas.

Re­mise en li­ber­té

Suite aux nou­veaux élé­ments por­tés à la connais­sance de la cour par l’obs­té­tri­cien, un com­plé­ment d’ex­per­tise a été de­man­dé par l’avo­cat gé­né­ral. Dans l’at­tente des ré­sul­tats, le pré­sident de la cour d’as­sises d’ap­pel de la Hau­teLoire a dé­ci­dé de ren­voyer le pro­cès à une date ul­té­rieure.

La mère de l’en­fant, pour­sui­vie pour ho­mi­cide vo­lon­taire sur mi­neur de moins de 15 ans, a été re­mise en li­ber­té. Elle était in­car­cé­rée de­puis son pre­mier pro­cès, en fé­vrier 2018. ■

AR­CHIVES RAPHAELE GIGOT

REN­VOI. Une nou­velle ex­per­tise a été de­man­dée suite aux dé­cla­ra­tions de l’obs­té­tri­cien. Dans l’at­tente des ré­sul­tats, le pro­cès en ap­pel de la mère a été ren­voyé.

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