Les pa­rents doivent « as­su­rer » pour gé­rer le choc de Parcoursup

L'Éveil de la Haute-Loire - - L'info Du Jour Parcoursup - Gé­ral­dine Mes­si­na

« Frus­tra­tion », « in­com­pré­hen­sion », « co­lère », les pa­rents, comme les élèves, passent par toute une gamme de sen­ti­ments de­puis que Parcoursup a dé­li­vré ses pre­mières ré­ponses. Y com­pris chez ceux qui pen­saient leur en­fant à l’abri des dé­con­ve­nues.

« Lorsque ma fille a ou­vert Parcoursup, ça a été la douche froide. Elle est dans une fi­lière dite sé­lec­tive dans un ly­cée pu­blic et, pour­tant, elle et ses ca­ma­rades n’ont pas eu leur pre­mier voeu alors que jusque­là ils n’avaient au­cun mal à in­té­grer les grandes pré­pas. À se de­man­der d’ailleurs si avec Parcoursup ces pré­pas res­tent ou­vertes aux pro­vin­ciaux ! »

Par­de­là la mau­vaise sur­prise, il a fal­lu « gé­rer la déception et re­lan­cer la machine alors qu’il y a le bac à pas­ser ! » « Pour moi, les dos­siers n’ont pas été ou­verts et tout le monde a été mis sur le même rang sans te­nir compte de l’in­ves­tis­se­ment des en­fants, des ap­pré­cia­tions des pro­fes­seurs, ni du fait que dans cer­taines fi­lières les notes sont plus ser­rées qu’ailleurs »

Au­de­là de son cas per­son­nel, cette mère de fa­mille, an­cienne bour­sière comme son ma­ri, se de­mande comment font ceux qui vont de­voir at­tendre septembre pour sa­voir où al­ler. « Comment faites­vous pour trou­ver un lo­ge­ment à la ren­trée, dans quel état d’es­prit pas­sez­vous votre été ? Il va fal­loir que le gou­ver­ne­ment fasse des ajus­te­ments avant la ré­forme du bac car ce n’est pas pos­sible de re­com­men­cer comme ça ! Comment gui­der nos en­fants ? Faut­il en­core les pous­ser à se dé­pas­ser dans des fi­lières exi­ geantes, à prendre des op­tions ? J’ai l’im­pres­sion qu’on nous em­pêche d’avoir de l’am­bi­tion pour nos en­fants. Pour­tant, des “pre­miers de cordée”, il n’y en a pas qu’à Pa­ris ! ».

Une autre mère de fa­mille ex­prime, elle, « sa sur­prise de voir que même pour des fi­lières dites “non sé­lec­tives”, les élèves sont sur liste d’at­tente ». « J’avoue que je ne m’y at­ten­dais pas même si mon fils n’avait pas un très bon dos­sier. Il s’est re­trou­vé sur liste d’at­tente en PACES (*), 1.300e sur 5.200, mais sa cou­sine, brillante élève dans un autre ly­cée, était elle aus­si, sur liste d’at­tente ! Bien sûr, les choses évo­luent de jour en jour et mon fils est en­fin pris à Vi­chy et de­vrait pou­voir in­té­grer Cler­mont, mais en at­ten­dant on bloque la place de Vi­chy qui pour­rait conve­nir à un autre. En re­vanche, il ne pro­gresse pas beau­coup en li­cence san­té où il était en­core plus mal clas­sé. Quoi qu’il en soit, au­tour de nous, bons ou moins bons, per­sonne n’a eu ce qu’il sou­hai­tait du pre­mier coup. On a l’im­pres­sion que tous les ly­cées ne sont pas lo­gés à la même en­seigne et il est clair que ce sys­tème ouvre la porte à la sé­lec­tion à l’en­trée à l’uni­ver­si­té ».

Au fi­nal et pour dif­fé­rentes rai­sons, les fa­milles ne com­prennent pas les cri­tères pris en consi­dé­ra­tion par Parcoursup. Elles in­sistent sur le fait que dé­con­ve­nues et at­tente sont « psy­cho­lo­gi­que­ment dures à gé­rer pour les élèves » alors même qu’avant d’en­ta­mer leurs études su­pé­rieures, ils doivent en­core pas­ser et ob­te­nir le bac. ■

(*) Pre­mière an­née com­mune aux études de mé­de­cine.

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