La pé­dia­trie, des ef­fec­tifs à étof­fer

■ À l’oc­ca­sion de la Jour­née des pé­diatres d’au­vergne ven­dre­di au Puy, lu­mière sur les en­jeux du sec­teur

L'Éveil de la Haute-Loire - - Haute-Loire Région - Ju­lien Bou­ton ju­lien.bou­ton@cen­tre­france.com

Trop peu nom­breux, concen­trés dans les grandes villes et hô­pi­taux uni­ver­si­taires… Les hô­pi­taux de taille moyenne peinent à re­cru­ter des pé­diatres mais le CHER ne perd pas es­poir.

Ce ven­dre­di, c’est le Centre hos­pi­ta­lier Émile­roux du Puy qui or­ga­ni­sait la Jour­née des pé­diatres d’au­vergne, qua­trième du nom. Cette jour­née d’échanges ré­gio­nale, qui a réuni une tren­taine de pro­fes­sion­nels, abor­dait les ac­tua­li­tés de la pro­fes­sion, ses dif­fi­cul­tés et ses pros­pec­tives.

■ Comment se porte la pro­fes­sion de pé­diatre ?

Le prin­ci­pal pro­blème, c’est de trou­ver des pé­diatres à re­cru­ter. Sur­tout quand on est une ville de taille mo­deste comme Le Puy, Au­rillac ou Vi­chy. « On n’ar­rive pas à les fi­dé­li­ser, ex­plique Jean­ma­rie Bol­liet, di­rec­teur du CHER. Et des ef­fec­tifs moins nom­breux, ce­la si­gni­fie da­van­tage d’as­treintes, ce qui n’at­tire pas les jeunes. C’est un cercle vi­cieux. »

■ Comment sor­tir de cette im­passe ? « Au CHER, on

fait tout ce que l’on peut pour être at­trac­tif », pré­cise le di­rec­teur. L’hô­pi­tal mise pour le mo­ment sur l’am­biance et les condi­tions de tra­vail en son sein avant de pou­voir comp­ter sur la fin an­non­cée du nu­me­rus clau­sus en 2020. La sup­pres­sion de ces quo­tas d’étu­diants sé­lec­tion­nés au terme de la pre­mière an­née de­vrait en­traî­ner une sa­tu­ra­tion en ap­pren­ tis mé­de­cins des villes uni­ver­si­taires. Ils de­vraient alors se ra­battre sur des villes de moindre im­por­tance… dont Le Puy. C’est en tout cas ce qu’es­père le doc­teur Bol­liet.

■ Comment se porte le ser­vice pé­dia­trie du CHER ?

Ac­tuel­le­ment, deux pé­diatres exercent à Émile­roux. Deux autres ar­ri­ve­ront, à mi­temps, au mois de jan­vier pro­chain. Le doc­teur Sté­phane Lille es­père que l’ar­ri­vée de ses deux fu­turs col­lègues en en­traî­ne­ra de nou­velles.

■ Quelle est sa ca­pa­ci­té d’ac­cueil ?

Le ser­vice pé­dia­trie­néo­na­ta­lo­gie compte 15 lits ain­si que deux box d’ur­gence en pé­dia­trie. Pour ac­cueillir ce pu­blic très large de 0 à 18 ans, deux types de chambres existent : des chambres ados in­di­vi­duelles avec salle d’eau et des chambres d’en­fants avec deux lits plus pe­tits.

■ Qu’en pensent les jeunes pa­tients ?

Avec son ser­vice « jo­li­ment dé­co­ré » se­lon Syl­vie Étillé­faivre, di­rec­trice des soins ­ « on a en­vie d’y pé­né­trer quand on l’aper­çoit » ­, la pé­dia­trie du CHER a les fa­veurs des en­fants. Et même s’il s’agit d’une ac­ti­vi­té « sai­son­nière » se­lon le qua­li­fi­ca­tif de Sté­phane Lille, le temps pas­sé sur chaque cas est plus grand que pour un adulte. À la sor­tie, les en­fants sont heu­reux et en meilleure san­té. « Voir sou­rire un en­fant qui part, quoi de mieux ? », in­ter­roge la di­rec­trice des soins. Être pé­diatre, c’est aus­si pro­fi­ter de ce genre de pe­tits plai­sirs. ■

PHO­TO JU­LIEN BOU­TON

AT­TEN­TIFS. Une tren­taine de pé­diatres (et in­ternes en pé­dia­trie) étaient réunis à L’IFSI d’émile-roux, ven­dre­di.

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