Ste­reu­mo­chra­ceo­fla­vum

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - ENVIRONNEMENT -

IL EXISTE UNE PAR­FAITE ADÉ­QUA­TION ENTRE L'AS­PECT DE CE CHAM­PI­GNON,

sa cou­leur, son nom et la so­no­ri­té de son nom. En ef­fet, le bi­nôme Ste­reum ochra­ceo­fla­vum – long, doux et per­sis­tant dans son souffle, neutre, fon­du et uni­forme dans ses teintes – est en conti­nui­té har­mo­nieuse avec l'as­pect de ses pro­duc­tions dans la na­ture, am­ple­ment éti­rées sur les pe­tites branches, en croûtes minces, co­riaces et élas­tiques, à ventre ocre jau­nâtre et à dos pei­gné de poils gri­sâtres, sou­vent ver­di par les algues. À l'état jeune, avant de s'éta­ler sur son sup­port, notre Cor­ti­cié re­vêt sou­vent une al­lure cy­phel­loïde, le fai­sant alors res­sem­bler à une pe­tite oreille. Il peut être confon­du avec un autre Ste­reum ve­lu : Ste­reum hir­su­tum – sur­tout lorsque ce der­nier est à l'état sec. Com­pa­rons ces deux es­pèces. Il n'est pas in­con­gru de dire que Ste­reum hir­su­tum est un su­per­la­tif de Ste­reum ochra­ceo­fla­vum (Sh­wei­nitz) Sac­car­do. Si tous deux af­fec­tionnent les branches de chênes, le pre­mier est ce­pen­dant beau­coup plus fré­quent et choi­sit des mor­ceaux plus gros. Par ailleurs, il est plus épais, plus hir­sute, et son hy­mé­nium frais ar­bore un jaune oran­gé lu­mi­neux, là où notre cham­pi­gnon ne dis­tille qu'un ocre-beige jau­nâtre pâle. Mais à l'ins­tar de tout un cha­cun dont la sym­pa­thie se por­te­ra sur Da­vid plu­tôt que sur Go­liath, le my­co­logue se­ra plus joyeu­se­ment sur­pris et ou­vri­ra plus grand les yeux de­vant la dis­cré­tion des teintes et le nom onc­tueux de Ste­reum ochra­ceo­fla­vum.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.