Sup­pri­mer les pri­vi­lèges in­dé­cents

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - DE VOUS À NOUS -

En ces temps où les maires font état de la di­mi­nu­tion des sub­ven­tions et prônent les éco­no­mies, où nos agri­cul­teurs, tra­vailleurs in­dé­pen­dants et pe­tits com­mer­çants sont écra­sés par les charges et tous les Fran­çais par des im­pôts de plus en plus in­sup­por­tables, il est par­ti­cu­liè­re­ment cho­quant de consta­ter le gas­pillage éhon­té de l’ar­gent pu­blic jus­qu’au plus haut ni­veau de l’Etat. Du livre Ren­tiers d’État d’Yvan Sté­pha­no­vitch, que tout le monde de­vrait lire, je tire un cer­tain nombre d’exemples : les CESE et CE­SER (Con­seil éco­no­mique et social), en­vi­ron 2 500 conseillers, vivent aux frais des contri­buables dans des co­cons bien douillets, ré­ser­vés à une cer­taine élite ain­si qu’aux res­pon­sables des syn­di­cats. Les rap­ports peu nom­breux qu’ils pro­duisent n’in­té­ressent pas grand monde. Que dire de la nomination d’en­vi­ron 250 pré­fets pour à peu près 130 places ? Ceux qui n’en ont pas sont des pré­fets “fan­tômes”, gras­se­ment payés à ne rien faire. Les am­bas­sa­deurs sont en sur­ef­fec­tif aus­si. Sans comp­ter les am­bas­sa­deurs “thé­ma­tiques” ( nom­més se­lon le bon vou­loir du prince), aux mis­sions far­fe­lues qui ne servent stric­te­ment à rien, si­non à pla­cer les amis et les amis des amis dans des pla­cards plus que do­rés. En sur­nombre aus­si, les gé­né­raux de gen­dar­me­rie. Tout ce­ci est ré­gu­liè­re­ment dé­non­cé par la Cour des comptes qui, elle-même, abrite des su­per- pis­ton­nés, ins­pec­teurs, contrô­leurs, conseillers, qui ne font pas grand-chose. Ajou­tons pen­dant que nous y sommes, l’en­tre­tien à grands frais de trois an­ciens pré­si­dents de la Ré­pu­blique (peut-être bien­tôt quatre...) alors qu’il n’y a au­cune loi pour ce­la. Pour­quoi avons- nous deux fois plus de mi­nistres, de dé­pu­tés, sans par­ler des sé­na­teurs, que l’Al­le­magne qui fonc­tionne bien mieux que nous ? Il se­rait grand temps de sup­pri­mer tous ces pri­vi­lèges in­dé­cents, que l’on nous cache soi­gneu­se­ment, en taillant à la hache dans les dé­penses pu­bliques et en nom­mant à la tête de l’Etat des ges­tion­naires com­pé­tents qui ne se contentent pas d’équi­li­brer une dé­pense par un im­pôt ou une taxe.

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