Des Ber­ri­chons en Côte d’Ivoire pour don­ner l’exemple

Les Af­di (Agri­cul­ture fran­çaise et dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal) de l’Indre et du Cher ac­com­pagnent des co­opé­ra­tives agri­coles ivoi­riennes par du con­seil et de la for­ma­tion.

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - LA UNE -

En 1975, plu­sieurs or­ga­ni­sa­tions agri­coles fran­çaises se sont jointes pour créer l’Af­di ( Agri­cul­ture fran­çaise et dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal), afin d’ap­por­ter une aide aux tra­vailleurs de la terre de pays en dé­ve­lop­pe­ment à tra­vers le monde. De­puis, le ré­seau n’a ces­sé de s’étof­fer et l’Af­di est au­jourd’hui pré­sente dans soixante-six dé­par­te­ments. Le Cher l’a re­joint dès les an­nées 80, imi­té par l’Indre en 2010. « Le fon­de­ment de notre ac­tion n’est pas d’ar­ri­ver avec un trac­teur, ex­plique Geof­froy Vignes, agri­cul­teur re­trai­té à Ci­ron, dans la Brenne, et pré­sident de l’Af­di 36 de­puis sa créa­tion. Notre idée, c’est de par­ta­ger un cer­tain nombre de choses que l’on sait faire, en termes de comp­ta­bi­li­té, de ges­tion, d’or­ga­ni­sa­tion... » Plu­tôt qu’avec les agri­cul­teurs à titre in­di­vi­duel, l’Af­di tra­vaille avec des or­ga­ni­sa­tions agri­coles lo­cales. L’Af­di du Cher, que pré­side Jean Pa­viot, agri­cul­teur à Plou, près de Cha­rost, tra­vaille ain­si avec deux co­opé­ra­tives si­tuées dans le centre de la Cô­ted’Ivoire : l’une pour la mise en place d’une fi­lière de pro­duc­tion de se­mences de maïs, l’autre pour du ma­raî­chage. Une mis­sion s’y rend en moyenne chaque an­née pour une di­zaine de jours. Des res­pon­sables ivoi­riens sont éga­le­ment ve­nus se for­mer en France.

Des ren­de­ments de cinq quin­taux par hec­tare

L’Af­di de l’Indre in­ter­vient éga­le­ment en Côte- d’Ivoire, au­près d’une co­opé­ra­tive co­ton­nière sou­hai­tant se di­ver­si­fier dans la cul­ture du maïs. « C’est quelque chose que l’on connaît. On peut les ai­der mais il s’agit sur­tout d’un sup­port pour tra­vailler sur la po­li­tique com­mer­ciale, l’éla­bo­ra­tion d’un bi­lan, le tra­vail de la co­opé­ra­tive avec ses adhé­rents..., in­dique Geof­froy Vignes, qui s’y est dé­jà ren­du plu­sieurs fois et se­ra du pro­chain voyage en juin. En ma­tière de tech­nique agri­cole, je suis très prudent. On ne peut pas faire là- bas, où la pro­duc­tion de base est de cinq quin­taux par hec­tare, de l’agri­cul­ture comme on la pra­tique chez nous. L’ob­jec­tif est que ces pays ar­rivent à vivre de leur pro­duc­tion. Au­jourd’hui, il y a plu­sieurs ver­rous au dé­ve­lop­pe­ment agri­cole dans ces pays : le manque de for­ma­tion, l’ac­cès au cré­dit, avec des taux qui sont à 18 ou 20 % et le pro­blème fon­cier avec une terre dont la pro­prié­té est souvent com­mune ». L’aide de l’Af­di consiste avant tout en du con­seil et de la for­ma­tion. Ac­ces­soi­re­ment, une aide ma­té­rielle peut éga­le­ment être ap­por­tée. L’Af­di 36 a ain­si pu co­fi­nan­cer, avec la co­opé­ra­tive ivoi­rienne qu’elle ac­com­pagne, le re­nou­vel­le­ment du stock de se­mences ou l’achat d’une pe­tite mo­to pour se dé­pla­cer. Un tra­vail de co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale pour le­quel les Af­di bé­né­fi­cient du sou­tien de par­te­naires dans le monde agri­cole et ins­ti­tu­tion­nel. L’en­traide agri­cole n’est pas un vain mot et elle ne connaît pas de fron­tières, d’au­tant que l’ex­pé­rience est en­ri­chis­sante pour cha­cun des ac­teurs : « Ça ouvre l’es­prit et ap­prend l’hu­mi­li­té, confie le pré­sident de l’Af­di de l’Indre. C’est ex­tra­or­di­naire de fré­quen­ter d’autres cultures, d’autres ma­nières de faire, sur­tout dans le contexte ac­tuel où l’on a ten­dance à se re­plier sur soi-même. »

ÈGeof­froy Vignes pré­sident de l’Af­di de l’Indre, avec des membres de la co­opé­ra­tive ivoi­rienne avec la­quelle il tra­vaille.

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