Quand un bé­né­vole se sent « hu­mi­lié »

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - DE VOUS À NOUS -

Mon voi­sin est un bé­né­vole de base dans une as­so­cia­tion de sa com­mune. Il y consacre une grande par­tie de son temps « libre » pour le plus grand bé­né­fice des membres de cette as­so­cia­tion. Il consi­dère que son ac­tion et les frais que ce­la en­traîne n’ont rien d’hu­mi­liant ni de désho­no­rant. Comme des mil­liers de bé­né­voles au sein de mil­liers d’as­so­cia­tions, il par­tage sa pas­sion d’une ma­nière laïque, gra­tuite et dés­in­té­res­sé en di­rec­tion de toutes les couches de la po­pu­la­tion de sa com­mune. De­man­dez donc aux maires des com­munes de France leur sen­ti­ment sur les avan­tages qu’elles re­tirent des ac­ti­vi­tés de ces mil­liers d’ « as­sos » ! Spor­tives, ca­ri­ta­tives, mu­si­cales, cultu­relles, de sau­ve­garde des pa­tri­moines, ar­tis­tiques, sa­ni­taires, d’en­ca­dre­ment des vieux et des jeunes… ces as­so­cia­tions, clubs ou grou­pe­ments de toutes sortes struc­turent et en­cadrent les dif­fé­rentes strates de toutes les com­munes. Pra­ti­que­ment sans bourse dé­liée ! Car, bien souvent, les mu­ni­ci­pa­li­tés sont peu gé­né­reuses avec ces struc­tures par­fois in­dé­pen­dantes d’es­prit. Sou­hai­tons que ce­la puisse du­rer en­core long­temps. Mais at­ten­tion car, comme tous les bé­né­voles, mon voi­sin vient de se sen­tir hu­mi­lié. Par les re­marques acerbes des glo­seurs per­pé­tuels, po­li­tiques et autres, con­si­dé­rant que le bé­né­vo­lat est une pu­ni­tion, une at­teinte au libre ar­bitre. La dé­ci­sion du Con­seil Dé­par­te­men­tal du Haut-Rhin d’at­tri­buer le RSA aux per­sonnes tra­vaillant comme bé­né­voles dans une as­so­cia­tion est ra­bais­sée à une dé­chéance ! Mais les ani­ma­teurs de troupes et de clubs ne de­mandent que ça d’être ai­dés, sou­te­nus par des nou­veaux membres, de « nou­velles » têtes. Comme dans la plu­part des « as­sos », il y a au­tour de mon voi­sin beau­coup plus de che­ve­lures d’ar­gent que de ti­gnasses noires ou blondes ! Est-ce vrai­ment une perte de temps que de consa­crer 1/5e de son temps heb­do­ma­daire sur une se­maine de 35 heures non tra­vaillées à ai­der les autres ? Tout bien cal­cu­lé, il reste en­core 28 heures pour re­cher­cher un em­ploi !

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