14-18 : on n’ou­blie rien du cô­té de Saul­zais

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - De Vous À Nous -

Les cé­lé­bra­tions du cen­te­naire de la guerre 14-18, évè­ne­ment ex­cep­tion­nel qui a te­nu en ha­leine les onze com­munes de l’ex-can­ton de Saul­zais-le-Po­tier pen­dant onze mois, mé­ri­tait bien, se­lon Jean-Mi­chel L., « un hom­mage ap­puyé pour le tra­vail ac­com­pli par un nombre in­cal­cu­lable de bé­né­voles mo­ti­vés par les élus ou leur dé­lé­gué. Un nombre in­com­men­su­rable de do­cu­ments, d’ob­jets et d’armes d’époque sor­tis des gre­niers et des car­tons, al­liés à la créa­ti­vi­té et au dé­sir d’avoir tou­jours à l’es­prit “Plus ja­mais ça“, ont per­mis à des mil­liers de per­sonnes de me­su­rer les atro­ci­tés de la Grande Guerre, mais aus­si d’ap­pré­cier les va­leurs de la paix et la dé­mo­cra­tie ». JeanMi­chel nous a adres­sé un poème qu’il sou­haite dé­dier à tous ces bé­né­voles.

Ima­gi­nez un jeune maire élu de l’une des onze com­munes du can­ton de Saul­zais,

Qui, ha­bi­té par l’idée de lan­cer un vaste hom­mage aux Poi­lus, al­lait oser.

La pas­sion que lais­saient suin­ter ses pro­pos fit de lui le père de ce de­voir,

Et ses idées furent adop­tées par l’ensemble des idylles de ce ter­ri­toire.

Ce de­voir de mé­moire, ex­hor­té par l’ap­proche de l’an­ni­ver­saire du cen­te­naire, En ron­geait plus d’un, car, cha­cun dans son iso­le­ment, ne sa­vait comment faire.

Les ama­teurs, les pas­sion­nés, les bé­né­voles n’eurent point de dif­fi­cul­té

À se re­con­naître, fé­dé­rer leurs forces, leurs connais­sances pour une meilleure pra­ti­ci­té. Qui, de cette Dame ex­perte et pas­sion­née de la pre­mière guerre mon­diale,

Au­rait soup­çon­né qu’elle fût le fer de lance de ce chal­lenge cé­ré­mo­nial ?

Qui d’autre que cette Dame, au­teure d’un fas­ci­cule sur la vie d’un village au siècle der­nier, Au­rait pu po­ser sa voix sur les textes pour que l’ef­fet de l’émo­tion soit en­tier ? Chaque village éta­blis­sait alors un pro­gramme à la hau­teur de l’hom­mage so­phis­ti­qué, Ce­lui qu’il vou­lait suf­fi­sam­ment cos­su et éla­bo­ré, tout en res­tant dans ses ca­pa­ci­tés.

Aux tra­di­tion­nels dé­fi­lés et dé­pôts de gerbes tou­jours poi­gnants mais clas­siques,

Il vou­lait alors su­bli­mer ce de­voir de mé­moire par une ins­pi­ra­tion ro­man­tique.

C’est alors que les sil­houettes au­to­bio­gra­phiques furent ac­cueillies à l’una­ni­mi­té, Qu’elles soient de simples dé­coupes peintes aux re­pré­sen­ta­tions les plus raf­fi­nées. Alors un lourd tra­vail de re­cherches jusque dans les gre­niers et ar­chives of­fi­cielles, Obli­geaient quelques pas­sion­nés dans une dé­marche ti­ta­nesque et in­tel­lec­tuelle.

Telle une dé­fer­lante, cette dé­marche de re­con­nais­sance im­pac­tait chaque âme de la rue, Celle-là même qui fut tou­chée au plus pro­fond d’elle-même par un aïeul dis­pa­ru.

Cha­cun vou­lant alors don­ner de son temps et un sens à cette guerre ignoble,

Créait fleurs, co­cardes, dra­peaux, dé­co­ra­tions, dans un con­cept gé­né­reux et noble.

Et que dire de toutes ces as­so­cia­tions de porte-dra­peaux qui sont la mé­moire,

Oui, la mé­moire de tous ces ré­gi­ments en ex­hi­bant le sym­bole de pé­riodes noires ? Tou­jours dignes, sou­vent en sta­tion fixe pen­dant de longues heures, ne di­sant ja­mais « non », Ces an­ciens ont trans­mis ce vi­rus du res­pect et du de­voir à six jeunes du can­ton.

Mais que res­te­ra-t-il de ces hom­mages qui dé­noncent l’hor­reur et la souf­france ?

Des cen­taines de pho­tos, de textes, de bio­gra­phies et autres qui ne res­te­ront pas en souf­france.

Grâce à l’ini­tia­tive de quelques uns qui ont lais­sé en sou­ve­nir trois ma­gni­fiques ou­vrages, Cha­cun sau­ra pour­quoi « Ja­mais plus ça » et alors contre le diable, l’es­prit fe­ra bar­rage.

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