Le­pio­ta cri­sta­ta

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Environnement - Ri­chard Ber­naer Pho­to d’Yvan Ber­naer

SA TÊTE CONIQUE PENCHE, PENSE SEM­BLET-IL, SOUS LE POIDS DE SON GROS MAMELON ob­tus à ca­lotte rouille qui éclate en écailles édul­co­rées. Tête qui couve des lames blanches, et os­cille au som­met d'un pied courbe cou­ron­né d'un an­neau mem­bra­neux.

Le­pio­ta cri­sta­ta a la dé­li­ca­tesse fra­gile des pe­tites lé­piotes. Elle est im­mé­dia­te­ment re­con­nais­sable à son odeur par­ti­cu­lière, qu'Hen­ri Ro­ma­gne­si qua­li­fie de com­plexe, su­per­po­si­tion al­chi­mique de deux éma­na­tions : l'une frui­téea­cide, plu­tôt agréable, l'autre de sclé­ro­derme, fran­che­ment désa­gréable. Cette odeur in­tri­gante fut abon­dam­ment dé­cli­née se­lon le nez des my­co­logues en sen­teurs frui­tées-vi­reuses, en re­lents ca­ou­tchou­tés, de bau­druche ou de ra­dis pour­ri... jus­qu'à de­ve­nir une odeur de ré­fé­rence elle-même, à la­quelle se ral­lia une bonne quin­zaine de cham­pi­gnons. Com­ment in­ter­pré­ter le nom spé­ci­fique de Le­pio­ta cri­sta­ta

(Bol­ton : Fries) Kum­mer ? Il vient sans conteste du la­tin

cris­ta : crête. Mais où se si­tue donc la crête ? Eh bien sur l'arête des lames, mais ce­ci n'est vi­sible que sous la loupe bi­no­cu­laire et quand le cham­pi­gnon est très jeune. Cu­rieu­se­ment, cette arête crê­tée est aus­si se­mée de cris­taux. Mais le rap­pro­che­ment entre cris­ta et

cris­tal est pu­re­ment pho­né­tique, cris­tal étant is­su du la­tin crys­tal­lus : glace. La Lé­piote à crête af­fec­tionne l'herbe des parcs et des pré­sbois. Sus­pecte et res­sem­blant aux pe­tites lé­piotes mor­telles, il est im­pé­ra­tif de la consi­dé­rer comme po­ten­tiel­le­ment toxique.

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