A Vi­jon, Ray­monde Pi­gnot est la Zé­lie d’Ar­cy

À 90 ans, l’an­cienne éle­veuse vi­jo­naise est la doyenne d’un vil­lage qu’elle n’a ja­mais quit­té. Vé­ri­table icône dans la com­mune, elle ra­conte ses sou­ve­nirs d’an­tan dans le Boi­schaut-Sud.

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Sainte-sévère Du Côté De - Ma­ryse Rouillard (CLP)

AVi­jon, tout le monde la connait sous le sur­nom, la Zé­lie d’Ar­cy, du nom du ha­meau dans le­quel elle est née le 13 juillet 1928. À 90 ans, Ray­monde Pi­gnot est une vé­ri­table per­son­na­li­té dans cette com­mune d’en­vi­ron 300 ha­bi­tants, dont elle est la doyenne. Il faut dire qu’elle n’a ja­mais quit­té son vil­lage na­tal. Du­rant son en­fance, Ray­monde a ain­si fré­quen­té l’école com­mu­nale qu’elle re­joi­gnait à vé­lo, ac­com­pa­gnée de ses ca­ma­rades, Ma­de­leine Mar­tin et Mi­reille Le­pige. « Au cer­ti­fi­cat d’études, j’ai été la se­conde du can­ton », se sou­vient-elle, un peu nos­tal­gique. C’était en ef­fet le bon temps entre le tra­vail à la ferme et les sor­ties do­mi­ni­cales entre amis. Le pe­tit groupe se ren­dait ré­gu­liè­re­ment à vé­lo dans les bals des en­vi­rons, que ce soit à Sainte Sé­vére, à Pé­ras­say ou à Vi­jon. « Il y avait vrai­ment beau­coup de choses à faire, pré­cise Ray­monde. Rien qu’à Vi­jon, il y avait trois bis­trots – chez Pe­dard, chez la Louise, chez Jean­not –, sans comp­ter ceux qu’il y avait dans les ha­meaux, comme au Ma­rem­bert. » C’est d’ailleurs au cours de l’un des ces bals tra­di­tion­nel que la jeune Ray­monde ren­contre son fu­tur époux. « Ce n’était pas le plus beau mais il avait beau­coup de suc­cès car il était saxo­pho­niste », ra­conte-telle. Plus tard, la Vi­jon­naise ac­cepte donc d’épou­ser Re­né Au­roy. Avec son ma­ri, elle s’ins­talle alors au Mou­lin Fer­rat au mi­lieu des co­chons, des vaches (une soixan­taine de cha­ro­laises) et des bre­bis. « Le tra­vail était dur, nous fai­sions tout à la main, rap­pelle l’an­cienne éle­veuse. Mais nous pou­vions comp­ter sur nos voi­sins. Nous fai­sions des veillées chez les uns et les autres parce qu’à cette époque-là, nous n’avions pas la té­lé­vi­sion. Nous nous par­lions beau­coup plus. » Après de nom­breuses an­nées de tra­vail, Ray­monde a fi­na­le­ment pris sa re­traite à 72 ans. Mais avant ce­la, elle a éga­le­ment eu deux en­fants avec son époux : JeanMa­rie et Do­mi­nique, nés res­pec­ti­ve­ment en 1955 et 1957. « J’ai ac­cou­ché rue Jean-Pac­ton, ce qui était plu­tôt rare à l’époque car ce­la se fai­sait sou­vent au do­mi­cile des femmes en­ceintes, ra­conte-t-elle. Mais j’avais sou­hai­té les faire naître à La Châtre. » Au­jourd’hui, Ray­monde conti­nue à s’oc­cu­per ac­ti­ve­ment quand sa san­té le lui per­met. Elle re­fuse d’ailleurs la pré­sence d’une aide mé­na­gère, pré­fé­rant se dé­brouiller toute seule. Par-des­sus tout, l’an­cienne éle­veuse adore ad­mi­rer les vaches du fer­mier voi­sin de­puis la fe­nêtre de sa cui­sine. Comme un sou­ve­nir d’une époque que les moins de 20 ans, et les autres aus­si en réa­li­té, ne peuvent pas connaître.

▶ Âgée de 90 ans, Ray­monde Pi­got a été sur­no­mée la Zé­lie d’Ar­cy en rai­son du ha­meau dans le­quel elle est née.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.