Anne-Ma­rie Au­bin évoque l’ab­bé Villain, cu­ré et peintre

Cet Ar­gen­ton­nais dé­cé­dé en 1981 a été prêtre-ou­vrier et adepte de la mé­thode Mon­tes­so­ri avant de fon­der l’as­so­cia­tion de La vieille pri­son, an­cêtre du Cercle des beaux-arts.

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Du Côté D’argenton-sur-creuse - Ja­cky Bar­baud

L’ab­bé Villain (1899-1981) était-il prêtre et peintre ou bien peintre et prêtre ? Dans son livre re­tra­çant le par­cours de cet Ar­gen­ton­nais, Anne-Ma­rie Au­bin ne tranche pas la ques­tion. « Je n'ai pas connu per­son­nel­le­ment cette fi­gure in­con­tour­nable de la Val­lée de la Creuse, in­dique-t-elle. Aus­si, lorsque l'on m'a de­man­dé d'écrire un livre sur ce per­son­nage, j'ai dû ef­fec­tuer de longues re­cherches et re­cueillir de nom­breux té­moi­gnages. »

À l’école de Mau­rice De­nis

Le ré­cit com­mence à la nais­sance du jeune Villain, rue du Point-duJour, à la place des halles, où ses pa­rents te­naient une épi­ce­rie en gros. Cer­tains se rap­pellent l'avoir vu faire des li­vrai­sons avec un tri­por­teur. Après des études se­con­daires au ly­cée Saint-Jo­seph de Mont­lu­çon, son bac en poche, le jeune homme réa­lise son rêve de s’ins­crire aux Beaux-Arts de Pa­ris. Sa ren­contre avec Mau­rice De­nis, membre du groupe pic­tu­ral des na­bis, sous l’in­fluence de Paul Gau­guin, puis fon­da­teur des ate­liers d’arts sa­crés, est dé­ter­mi­nante pour sa for­ma­tion. In­fluen­cé par son frère, Mau­rice Villain, éga­le­ment ar­tiste peintre, il entre au sé­mi­naire d'Is­sy-les-Mou­li­neaux en 1930 puis s'ins­talle comme cu­ré à La Cour­neuve avant de de­ve­nir prêtre-ou­vrier chez Re­nault, à Bou­logne-Billan­court, puis vi­caire. « Il s'oc­cu­pait des en­fants en uti­li­sant la mé­thode Mon­tes­so­ri, sou­ligne Anne-Ma­rie Au­bin. C’était un pré­cur­seur. Il est re­ve­nu à Ar­gen­ton en 1934. Étai­til ju­gé trop sub­ver­sif à Bou­logne ? Il est en tout cas dif­fi­cile de sa­voir s’il avait une cure. »

Dans la Ve­nise du Ber­ry, il en­seigne la pein­ture aux jeunes et fonde l'as­so­cia­tion de La vieille pri­son, qui de­vien­dra plus tard le Cercle des beaux-arts. L'été, il em­me­nait les en­fants en va­cances au mou­lin de Châ­teau­brun; à Cu­zion. Do­mi­nique Man­tel, ar­tiste Ar­gen­ton­nais, se sou­vient « d'une per­son­na­li­té forte em­preinte de pé­da­go­gie. » Avec ce livre, Anne-Ma­rie Au­bin fait re­vivre un ar­tiste mé­con­nu qui a pour­tant mar­qué la vie cultu­relle ar­gen­ton­naise. L'ou­vrage de 84 pages est illus­tré de quatre-vingts re­pro­duc­tions de ta­bleaux de l'ab­bé si­gnés de son pseu­do­nyme, Ro­bert Vi­gnoux. Ils re­pré­sentent la val­lée de la Creuse, des églises, des pay­sages, des por­traits à l'huile, à l'aqua­relle, au fu­sain, au pas­tel et à la li­no­gra­vure. • Ab­bé Re­né Villain dit Ro­bert Vi­gnoux. D'ombre et de lu­mière. Anne-Ma­rie Au­bin. En vente 15 chez l'au­teur. Contact : Tél. 02 54 08 61 01.

▶ L’ou­vrage d’Anne-Ma­rie Au­bin est illus­tré de nom­breuses re­pro­duc­tions.

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