As­ty­pa­léa la loin­taine

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Sports -

As­ty­pa­léa est une île grecque si­tuée en mer Egée, au sud des Cy­clades. Elle ap­par­tient à l’ar­chi­pel du Do­dé­ca­nèse, proche des côtes turques. Sa forme rap­pelle celle d’un pa­pillon.

Le port du Pi­rée li­bère notre fer­ry en fin d’après-mi­di. Très vite, la nuit nous rat­trape. Sur le pont ar­rière, le vent du large nous ca­resse. Nous ob­ser­vons la mer, sombre et lu­gubre. Le sillage du na­vire reste la der­nière trace éphé­mère de notre pas­sage. Sou­dain, la si­rène du ba­teau dé­chire le si­lence de la nuit. C’est notre pre­mière brève es­cale à Pa­ros la ro­man­tique. Nous at­tei­gnons en­suite Naxos la mon­ta­gneuse, Do­nous­sa la sau­vage, puis Amor­gos la splen­dide… Un vent por­teur nous li­bère des sen­teurs d’Orient. Aux pre­mières lueurs du jour, des îlots ap­pa­raissent. Ce sont de pe­tites mon­tagnes arides, toutes fières, qui nous si­gnalent leur pré­sence. Nous ar­ri­vons alors à As­ty­pa­léa. Nous ve­nons de re­naître sur une sorte de na­vire fan­tôme…

Deux heures de marche nous sé­parent de Cho­ra, le plus gros vil­lage de l’île. En che­min, nous réa­li­sons que nous n’avons au­cun but, que nous dis­po­sons de tout notre temps, que nous sommes fi­na­le­ment to­ta­le­ment libres. Les mai­sons du gros bourg sont toutes blanches, avec des touches de cou­leur bleue, por­tées par les vo­lets. Nous sommes éton­nés de dé­cou­vrir les bou­gain­vil­lées, les hi­bis­cus et les gé­ra­niums en fleurs. Elles sont peu odo­rantes, mais elles par­ti­cipent à l’em­bel­lis­se­ment du dé­cor. Nous nous ins­tal­lons à la ter­rasse d’un pe­tit ca­fé qui dé­fie le temps. Ce sont des es­paces in­tem­po­rels qui vé­hi­culent leur pas­sé. La bar­rière de la langue pousse notre ima­gi­na­tion à dé­cou­vrir les dia­logues des autres consom­ma­teurs. Nous pre­nons for­cé­ment un ca­fé grec. At­ten­tion, pas turc ! Le ca­fé fi­ne­ment mou­lu est por­té à ébul­li­tion dans une sorte de pe­tite cas­se­role en cuivre. Quand la mousse est abon­dante et épaisse, il est ser­vi très chaud, plus ou moins su­cré, avec son marc. Il est tou­jours ac­com­pa­gné d’un verre d’eau fraîche. Nous sommes les seuls voya­geurs…. (suite la se­maine pro­chaine).

Claude et Mi­chel Bar­baud / Mou­hers / 36 / @

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