Pour­quoi pré­ser­ver les zones hu­mides ?

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - La Une - An­toine Ber­taux

De­puis 2011, l’Éta­blis­se­ment pu­blic Loire est en­ga­gé dans des études de pré-lo­ca­li­sa­tion des zones hu­mides sur le bas­sin de la Loire et de ses af­fluents, Cher in­clus, afin de les sau­ve­gar­der.

De­puis 1960, près de la moi­tié de la sur­face des zones hu­mides a dis­pa­ru en France. Un constat in­quié­tant. Et pour cause, ces es­paces na­tu­rels jouent un rôle es­sen­tiel dans la ré­gu­la­tion des flux d’eau, ré­dui­sant ain­si les risques na­tu­rels d’inon­da­tion et de sé­che­resse, mais aus­si dans la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique.

« Ils peuvent no­tam­ment sou­te­nir les dé­bits en pé­riode d’étiage, fil­trer les ma­tières en sus­pen­sion, trans­for­mer et consom­mer des nu­tri­ments et des toxiques ou en­core sto­cker le car­bone »,

rap­pelle l’Éta­blis­se­ment pu­blic Loire. Sans ou­blier, que ces hy­dro­sys­tèmes sont éga­le­ment des for­mi­dables ré­ser­voirs de la bio­di­ver­si­té. Mais au fait, qu’estce qu’une zone hu­mide ? Ce terme dé­signe tout ter­rain ha­bi­tuel­le­ment inon­dé ou gor­gé d’eau de fa­çon per­ma­nente ou tem­po­raire où la vé­gé­ta­tion, quand elle existe, est do­mi­née par des plantes hy­gro­philes pen­dant au moins une par­tie de l’an­née. Et bien que des me­sures de pro­tec­tion et de ges­tion aient été mises en place dès les an­nées 90, cer­tains sites conti­nuent de su­bir des dé­gra­da­tions – as­sè­che­ments dus à des bar­rages, pom­pages ex­ces­sifs, pol­lu­tion des eaux, sur­ex­ploi­ta­tion des res­sources aqui­coles ou en­core sé­che­resse – chaque an­née. Une ten­dance pré­oc­cu­pante même s’il n’est pas en­core trop tard. Une étude pour mieux connaître ces sites na­tu­rels De­puis 2011, l’Éta­blis­se­ment pu­blic Loire oeuvre donc pour ré­per­to­rier les dif­fé­rentes zones hu­mides sur le bas­sin de la Loire et de ses af­fluents. Par­mi les ter­ri­toires su­per­vi­sés, le Cher amont, le Cher aval et même l’Al­lier font l’ob­jet d’études. Un gi­gan­tesque ter­rain de re­cherche d’une su­per­fi­cie de 22 700 km2, qui re­couvre no­tam­ment les dé­par­te­ments de l’Al­lier, du Cher et de l’Indre. « L’ob­jec­tif est de dé­li­mi­ter pré­ci­sé­ment les contours de ces mi­lieux, de ca­rac­té­ri­ser leurs fonc­tion­na­li­tés, de dé­fi­nir des mo­da­li­tés de ges­tion et de les pro­té­ger au tra­vers de leur in­té­gra­tion dans les do­cu­ments d’ur­ba­nisme, ré­vèle-t-on du cô­té de l’Éta­blis­se­ment pu­blic Loire. Des in­ven­taires de ter­rain ont donc été me­nés ou

sont en cours de réa­li­sa­tion. » Jus­te­ment, l’un de ces in­ven­taires concerne la ré­gion de Bourges quand les autres sont si­tués dans le Loi­ret, l’Al­lier et le Puy-deDôme. À terme, ce tra­vail d’ana­lyse doit per­mettre de mieux connaître les zones hu­mides et leur rôle es­sen­tiel en termes de pré­ven­tion des risques d’inon­da­tion et de sé­che­resse. Dès lors, ces es­paces na­tu­rels pour­ront être re­con­nus comme une so­lu­tion cré­dible, à court comme à long terme, pour lut­ter contre les im­pacts du chan­ge­ment cli­ma­tique.

Une zone hu­mide est un ter­rain ha­bi­tuel­le­ment inon­dé ou ré­gu­liè­re­ment gor­gé d’eau.

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