« Par­ta­ger une vi­sion com­mune du ter­ri­toire dans le Cher »

Serge Ri­chard, le nou­veau pré­sident de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie du Cher, en­tend jouer un rôle de fé­dé­ra­teur dans le dé­par­te­ment afin de rendre l’ac­tion de la CCI et des autres ac­teurs éco­no­miques plus ef­fi­cace.

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Le Berry Et La Région - Lu­do­vic Mes­nard

Elu à l’una­ni­mi­té le 1er oc­tobre der­nier, Serge Ri­chard est le nou­veau pré­sident de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie du Cher. Agé de 64 ans, il di­rige, à Bau­gy (à 30 km à l’est de Bourges), CERB, une so­cié­té de pres­ta­tions de ser­vices en re­cherche bio­mé­di­cale. Im­plan­tée dans le Cher de­puis 1982, cette so­cié­té de re­cherche contrac­tuelle (CRO en an­glais), qu’il di­rige de­puis 1995, em­ploie 82 sa­la­riés et réa­lise 60 % de son ac­ti­vi­té à l’ex­port. C’est Alain Bru­naud, l’an­cien pré­sident de la CCI du Cher, dé­cé­dé le 17 sep­tembre der­nier et au­quel il a suc­cé­dé, qui lui a « mis le pied à l’étrier » dans le cercle des or­ga­ni­sa­tions pa­tro­nales et consu­laires en l’in­ci­tant à adhé­rer au Me­def, avant de le co­op­ter pour en­trer au club APM, dont l’ob­jec­tif est de fa­ci­li­ter les échanges entre di­ri­geants et d’en­cou­ra­ger la for­ma­tion per­son­nelle ma­na­gé­riale. Juge au tri­bu­nal de com­merce de Bourges pen­dant trois ans, Serge Ri­chard a été pré­sident du Me­def 18 de 2003 à 2009, pré­sident ré­gio­nal de 2006 à 2012 et même membre du conseil exé­cu­tif na­tio­nal du syn­di­cat pa­tro­nal pen­dant le man­dat de Lau­rence Pa­ri­sot. Un en­ga­ge­ment et un ré­seau dont il ti­re­ra l’ex­pé­rience et l’éner­gie né­ces­saires pour sau­ver son en­tre­prise mise à mal par la crise des sub­primes entre 2008 et 2014.

Élu à la CCI du Cher de­puis 2012, il pré­side au­jourd’hui une chambre consu­laire qui, avec celle de l’Indre, est l’une des plus im­pli­quées de la ré­gion dans la for­ma­tion, ce qui lui per­met d’être moins dé­pen­dante que ses congé­nères de la fa­meuse TFC (taxe pour frais de chambre), as­sise sur le chiffre d’af­faires des en­tre­prises et prin­ci­pale res­source des CCI, ré­gu­liè­re­ment ra­bo­tée sous l’im­pul­sion de l’État.

L’ap­pui et la for­ma­tion

« Les prin­ci­pales mis­sions de la CCI dans le Cher, énu­mère Serge Ri­chard, sont d’ap­por­ter un ap­pui aux en­tre­prises du point de vue de la créa­tion, du dé­ve­lop­pe­ment, de l’in­no­va­tion, des for­ma­li­tés ou en­core des ac­tions col­lec­tives des­ti­nées à struc­tu­rer les fi­lières, à fa­vo­ri­ser par exemple le re­grou­pe­ment de so­cié­tés pour de­ve­nir un sous­trai­tant ma­jeur.... Nous consa­crons 55 % de notre bud­get à notre pôle for­ma­tion, qui consti­tue notre prin- ci­pale res­source, no­tam­ment à tra­vers deux écoles, le CFSA Hu­bertCu­rien, par­te­naire de l’INSA Centre-Val de Loire, qui forme 300 ap­pren­tis dont 250 in­gé­nieurs, et l’ESTACOM, qui forme 100 étu­diants aux mé­tiers de la com­mu­ni­ca­tion et au com­merce/mar­ke­ting. La CCI est éga­le­ment à l’ini­tia­tive de dy­na­miques ter­ri­to­riales en met­tant ses com­pé­tences à dis­po­si­tion des com­mu­nau­tés de com­munes et est à l’ori­gine de la créa­tion d’évé­ne­ments, à l’image de la Nuit de l’orien­ta­tion, qui s’est dé­rou­lée dans le Cher le 1er fé­vrier der­nier et qui a fait école après que la CCI a été la pre­mière à l’or­ga­ni­ser dans la ré­gion.» Outre les tro­phées Créa­teurs d’ave­nir, pro­mou­vant le dy­na­misme en­tre­pre­neu­rial du Cher, dé­cer­nés le 28 mars, la CCI 18 pro­pose un pro­gramme d’ate­liers dans le cadre du ré­seau The Place by CCI, un ac­cé­lé­ra­teur de pro­jets in­no­vants.

Pour sa part, Serge Ri­chard en­tend « rendre le ré­seau ré­gio­nal des CCI plus ef­fi­cace et pas­ser outre la frac­ture avec l’axe li­gé­rien. C’est un as­pect plus po­li­tique de ma fonc­tion, mais j’y tiens ! Par ailleurs, il y a long­temps eu plein d’or­ga­nismes qui se mar­chaient sur les pieds et mènent en­core par­fois des ac­tions qui peuvent ap­pa­raître un peu re­don­dantes. Chambre de mé­tiers, Chambre d’agri­cul­ture, Conseil dé­par­te­men­tal, INSA, CCI… il faut qu’on ar­rive ab­so­lu­ment à tra­vailler en­semble. Pour ce­la, il faut d’abord mieux nous connaître, mieux ap­pré­cier les com­pé­tences et les li­mites de cha­cun. J’ai­me­rais que nous puis­sions ar­ri­ver à mettre tout le monde au­tour de la table. Si nous ne sommes pas in­no­vants sur ce point, alors que l’on est tous tou­chés par les res­tric­tions bud­gé­taires, nous n’y ar­ri­ve­rons pas et nous ne se­rons pas ef­fi­caces. Il faut ab­so­lu­ment que nous par­ta­gions une vi­sion com­mune du ter­ri­toire, que nous soyons ca­pables de sor­tir des pro­jets com­muns et struc­tu­rants. La CCI est la mai­son des en­tre­pre­neurs, un éta­blis­se­ment où on ne fait pas de po­li­tique et où on aide tout le monde. C’est aus­si un ou­til ma­jeur dans un dé­par­te­ment ru­ral comme le nôtre qui a un rôle à jouer en ma­tière d’ex­per­tise. » Un rôle de fé­dé­ra­teur aus­si que Serge Ri­chard sou­haite jouer dans les pas d’Alain Bru­naud.

▶ Serge Ri­chard pré­side la CCI du Cher, qui em­ploie 60 sa­la­riés et re­pré­sente 10 000 éta­blis­se­ments dans le Cher.

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