Des images sa­tel­lites pour suivre l’ef­flo­res­cence des cya­no­bac­té­ries

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Du Côté D’éguzon - F.M.

LA MISE EN PLACE D’UNE PIS­CINE ET DE JEUX AQUA­TIQUES consti­tue une pre­mière ré­ponse pour re­te­nir les va­can­ciers à Cham­bon. Mais ce n’est pas la seule. Pa­ral­lè­le­ment, les élus conti­nuent de cher­cher le moyen d’éra­di­quer l’algue bleue. L’été der­nier, la com­mune d’Égu­zon a loué une sonde me­su­rant leur pré­sence jus­qu’à six mètres de pro­fon­deur. « Nous avons consta­té qu’elles se dé­ve­lop­paient prin­ci­pa­le­ment dans le pre­mier mètre d’eau,

ob­serve Jean-Claude Blin, alors que le lac, en face de la plage, a jus­qu’à 35 mètres de fond. Nous avons par consé­quent pom­pé puis re­je­tée en sur­face de l’eau pro­fonde exempte de cya­no­bac­té­ries, qui pos­sède en outre l’avan­tage de re­froi­dir la sur­face. Ce­la a eu un ef­fet po­si­tif mais seule­ment lorsque les concen­tra­tions étaient en­core as­sez faibles. » Cette an­née, si les algues re­viennent, la com­mune sui­vra leur pro­gres­sion jour après jour sur les images d’un sa­tel­lite de l’Agence spa­tiale eu­ro­péenne. Elle se­ra ai­dée par Vi­sio Ter­ra, une start-up spé­cia­li­sée dans le trai­te­ment et la lec­ture des don­nées sa­tel­li­taires. « Notre

hy­po­thèse, pour­suit Jean-Claude

Blin, est que l’ef­flo­res­cence se dé­ve­loppe à par­tir de l’amont du lac, vers Cro­zant. Si ce­la se vé­ri­fiait, nous pour­rions pro­je­ter de mettre en place un bar­rage à ul­tra­sons, à l’aide d’ap­pa­reils si­mi­laires à ceux que nous avons tes­tés il y a deux ans. Ils semblent ef­fi­caces sur des sur­faces re­la­ti­ve­ment pe­tites. » Le prin­cipe de cette tech­nique ex­pé­ri­men­tée l’été der­nier à Anzême et Jouillat (23) est de dif­fu­ser des ul­tra­sons dans l’eau afin d’en­dom­ma­ger la va­cuole qui, une fois rem­plie de gaz, per­met à la bac­té­rie de re­mon­ter en sur­face à cer­taines heures et de pra­ti­quer la pho­to­syn­thèse. Les réunions entre les col­lec­ti­vi­tés du bas­sin-ver­sant se pour­suivent aus­si afin de re­cher­cher une so­lu­tion glo­bale à tra­vers la ré­duc­tion de la te­neur en phos­phore des eaux de la Creuse et de ses lacs. En four­nis­sant des nu­tri­ments aux algues, cet élé­ment a de­puis long­temps été iden­ti­fié comme l’un des prin­ci­paux fac­teurs de leur pro­li­fé­ra­tion. « Il me semble peu pro­bable que ce phos­phore pro­vienne de l’in­dus­trie ou de

l’agri­cul­ture, avance le maire d’Égu­zon. Celle-ci est en ef­fet plu­tôt axée sur l’éle­vage et uti­lise as­sez peu de fer­ti­li­sants. L’ori­gine la plus vrai­sem­blable

me pa­raît être les pe­tites sta­tions d’épu­ra­tion dé­pour­vues de la­gunes pièges à phos­phores et à ni­trates, ce qui ne les em­pêche, soit dit en pas­sant, d’ob­te­nir d’ex­cel­lents ré­sul­tats concer­nant les germes té­moins

de conta­mi­na­tion fé­cale. » Cette hy­po­thèse de­vra être va­li­dée par une étude scien­ti­fique. Il fau­drait en­suite fi­nan­cer la créa­tion de bas­sins de la­gu­nage dans un cer­tain nombre de com­munes. Ré­duire la te­neur phos­phore se­rait à coup sûr ef­fi­cace mais consti­tue aus­si une en­tre­prise de longue, voire de très longue ha­leine.

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