Pêche à la truite : ou­ver­ture contras­tée dans le Ber­ry

Plu­tôt réus­sie dans le Cher, l’ou­ver­ture de la pêche à la truite a connu un bi­lan mi­ti­gé samedi der­nier dans l’Indre. De grandes dis­pa­ri­tés ont été ob­ser­vées se­lon les ter­ri­toires.

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Environnement - An­toine Ber­taux

C’est un ren­dez-vous qu’ils n’au­raient ra­té pour rien au monde. À l’heure où les pre­miers rayons du so­leil percent à peine l’ho­ri­zon, de nom­breux pas­sion­nés de pêche se sont re­trou­vés sur les bords des ri­vières du Ber­ry, samedi 9 mars, pour l’ou­ver­ture de la pêche à la truite. Chaus­sés de leurs bottes en ca­ou­tchouc et équi­pés de leur canne à pêche, ils étaient im­pa­tients d’al­ler ta­qui­ner le pois­son. Mais après plu­sieurs mois d’at­tente, tous n’ont pas eu la chance de sen­tir mordre à l’ha­me­çon. « C’est une ou­ver­ture en de­mi­teinte, concède Fred­dy Re­naud, agent de dé­ve­lop­pe­ment à la Fé­dé­ra­tion des pê­cheurs de l’Indre. En rai­son d’une mé­téo un peu spé­ciale, nous avons des confi­gu­ra­tions de pêche très dif­fé­rentes d’un ter­ri­toire à l’autre. Dans le sud-ouest du dé­par­te­ment, les der­nières averses ont en­traî­né une mon­tée du ni­veau des ri­vières et des ruis­seaux, ce qui a ren­du les eaux un pe­tit peu plus troubles. Au contraire, les cours d’eau étaient plu­tôt bas dans le nord. Ces grandes dis­pa­ri­tés entre les sec­teurs ex­pliquent que cer­tains pê­cheurs ont réus­si à faire de belles prises alors que d’autres n’ont rien eu. » Non loin de là, les pê­cheurs du Cher ont eu net­te­ment moins de dif­fi­cul­tés. « Glo­ba­le­ment, tout s’est très bien pas­sé, se ré­jouit Chris­tian Ste­phan, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion de pêche du Cher. Nous avions peur que les ni­veaux des ri­vières soient trop hauts mais, fi­na­le­ment, ce fut par­fait et presque tout le monde a pu prendre du pois­son. En re­vanche, nous ris­quons de le payer un peu plus tard dans l’an­née, car les cours d’eau sont anor­ma­le­ment bas pour la sai­son. » De nou­velles consé­quences de l’ex­cep­tion­nelle sé­che­resse qui a tou­ché le Ber­ry du­rant l’été et d’un hi­ver re­la­ti­ve­ment clé­ment.

La truite, un ani­mal sen­sible et très crain­tif

En rai­son des condi­tions par­ti­cu­lières, il fal­lait donc par­fois être un ex­pert pour avoir une chance d’at­tra­per un pois­son, samedi. Il faut dire que la truite est une es­pèce très pru­dente et très sen­sible à son en­vi­ron­ne­ment. « C’est un ani­mal très crain­tif, as­sure Fred­dy. Il est né­ces­saire d’avoir une ap­proche vrai­ment très dé­li­cate. La truite est très sen­sible au moindre chan­ge­ment de son en­vi­ron­ne­ment. Elle ap­pré­cie no­tam­ment les cours d’eau avec un bon ni­veau et une eau re­la­ti­ve­ment claire. » Par ailleurs, elle pré­fère les fonds gra­villon­neux aux fonds sa­bleux, moins adap­tés pour la ponte de ses oeufs. « C’est pour ce­la qu’elle est l’es­pèce ré­fé­rence dans les ri­vières de pre­mière ca­té­go­rie, c’est-à-dire de tous les pe­tits ruis­seaux, ré­vèle Chris­tian Ste­phan. En re­vanche, elle est moins pré­sente dans les étangs et les plus grandes ri­vières comme le Cher. » En­fin, un der­nier fac­teur pour­rait éga­le­ment ex­pli­quer les dif­fi­cul­tés qu’ont eues cer­tains pê­cheurs le week-end der­nier. Dans l’Indre, la tem­pé­ra­ture des cours d’eau est en­core un peu basse. Dans ces condi­tions, la truite se nour­rit très peu et ne bouge pas beau­coup. « La meilleure pé­riode pour pê­cher la truite, c’est avril-mai, as­sure Fred­die Re­naud. À ce mo­ment, l’eau est un peu plus chaude. » Mais, il se­ra alors le temps d’al­ler ta­qui­ner le bro­chet et les autres car­nas­siers, dont l’ou­ver­ture de la pêche est pré­vue, pour le mo­ment, le 27 avril.

▶ Es­pèce ré­fé­rence des ri­vières de pre­mière ca­té­go­rie, la truite s’est faite plus ou moins rare dans le Ber­ry, le week-end der­nier.

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