Claude Au­ge­reau, L’Écho au nom du père

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Spécial 200 Ans - A.B.

Il est bien là. Comme chaque se­maine, le der­nier nu­mé­ro de L’Echo du Ber­ry trône fiè­re­ment sur la table au mi­lieu du

sa­lon. « J’aime bien l’avoir à por­tée de main pour pou­voir le feuille­ter dès que j’ai un mo­ment, confie Claude Au­ge­reau, 85 ans, ha­bi­tante de La Châtre. C’est mon

pe­tit plai­sir. » Un plai­sir qui dure de­puis près de soixante ans main­te­nant. « J’ai dû lire mon pre­mier

Écho du Ber­ry à 15 ans, se sou­vient-elle. J’ai dé­cou­vert le jour­nal grâce à mon père, Jean-Louis Bon­coeur, qui réa­li­sait une ru­brique ci­né­ma­to­gra­phique pour le jour­nal. Il me de­man­dait sou­vent de trou­ver des ar­ticles qui par­laient des films en ques­tion afin de l’ai­der. For­cé­ment, je suis donc très

at­ta­chée au jour­nal. » Ma­riée en 1955, la jeune Cas­traise dé­cide même de s’abon­ner à L’Écho du

Ber­ry cette an­née-là. À une époque où la té­lé­vi­sion est en­core rare et où In­ter­net n’existe pas, l’heb­do­ma­daire ré­gio­nal est in­dis­pen­sable pour celles et ceux qui sou­haitent s’in­for­mer sur l’ac­tua­li­té na­tio­nale et, sur­tout, lo­cale. « Il y avait net­te­ment moins de pages qu’au­jourd’hui, se rap­pelle

Claude. Mais, l’in­for­ma­tion était da­van­tage cen­trée sur La Châtre. À ce mo­ment-là, les poèmes ou les mots du dic­tion­naire ber­ri­chon que fai­sait mon père ser­vaient sou­vent de bouche-trous dans les pages du jour­nal. » Plus d’un de­mi-siècle plus tard,

L’Écho du Ber­ry a évi­dem­ment pro­fon­dé­ment chan­gé. Dé­jà, il a conquis de nou­veaux ter­ri­toires : le Cher, la Creuse et l’Al­lier. Une pe­tite ré­vo­lu­tion pour le “jour­nal

de La Châtre”. Mais ja­mais, mal­gré ces chan­ge­ments et la concur­rence de nou­veaux mé­dias, la fi­dé­li­té de Claude pour le jour­nal ne s’est ef­fri­tée. Lec­trice de la pre­mière heure, elle at­tend tou­jours avec la même im­pa­tience le fac­teur qui lui livre le der­nier nu­mé­ro

de L’Écho du Ber­ry. « Dès que je le re­çois, j’es­saye de le feuille­ter dans la jour­née. Je trouve que c’est un bon ré­su­mé de la se­maine,

dé­crypte Claude. C’est pour ce­la que je le lis de A à Z. C’est quand même plus agréable que de lire les in­for­ma­tions sur In­ter­net. L’odeur du pa­pier et les pho­tos cou­leur donnent un charme

unique au jour­nal pa­pier. Je crois que je res­te­rai à vie abon­née à L’Écho.» Mais, par-des­sus tout, Claude aime éga­le­ment faire les nom­breux pe­tits jeux en fin de

jour­nal. « Comme beau­coup de grand-mères j’ima­gine, j’adore prendre mon crayon pour ré­pondre aux jeux dans les der­nières pages, re­con­naît-elle. Je trouve par­fois même qu’il n’y en a pas as­sez et que cer­tains ca­rac­tères pour­raient être un peu plus gros. » Des pe­tits dé­tails qui n’em­pê­che­ront pas Claude de lire L’Écho du Ber­ry chaque jeu­di, comme toutes les se­maines de­puis près de soixante ans.

Bien ins­tal­lée dans son sa­lon, Claude lit tous les nu­mé­ros de L’Echo du Ber­ry de­puis près de soixante ans.

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