L’Ara­bette des Dames

L'Echo du Berry (Édition de l’Indre) - - Environnement -

LE TOUT DÉ­BUT DU PRIN­TEMPS NOUS OFFRE LA JOIE DE DÉ­COU­VRIR de pe­tites et dis­crètes cru­ci­fères, tels la Car­da­mine hir­sute, la Drave prin­ta­nière, la Bourse à pas­teur, le Ta­bou­ret per­fo­lié ou notre Ara­bette des Dames :

Ara­bi­dop­sis1 tha­lia­na (Lin­né) Heyn­hold. Heu­reu­se­ment qu'elle ins­talle ses sil­houettes ra­meuses tout en fils et poin­tées de mi­nus­cules fleurs blanches sur fond de pay­sages dé­nu­dés, ter­reux-sa­bleux... si­non elle pas­se­rait to­ta­le­ment in­aper­çue. Ap­pro­chons-nous de notre gra­cieuse cru­ci­fère.

Au ras du sol, la fine tige pi­leuse émerge d'une ro­sette de feuilles el­lip­tiques et den­tées, se­mées de poils bi­fur­qués. Cette grêle tige se pro­longe dans le sol – tel son re­flet dans le miroir d'un lac – en une longue ra­cine effilée. Et alors, la ro­sette de feuilles évoque ir­ré­sis­ti­ble­ment un tu­tu de dan­seuse.

Les feuilles de la tige sont ses­siles et lan­céo­lées, et les pé­di­celles, fins comme des che­veux, éta­lés-dres­sés, portent de fi­li­formes si­liques2.

Notre Ara­bette des Dames est une plante pion­nière, et la liste de ses ha­bi­tats po­ten­tiels est un ré­gal lexi­co­lo­gique : cul­tures et ja­chères sa­bleuses, pe­louses cal­caires ou­vertes, pe­louses des li­tho­sols, friches psam­mo­philes, vieux murs, bal­lasts, vignes, gra­viers des ci­me­tières... ■ Ri­chard Ber­naer

Pho­to d’Yvan Ber­naer 1: Ara­bi­dop­sis vien­drait du latin ara­bus : arabe, le bio­tope de ces plantes évo­quant peu ou prou les dé­serts d'Ara­bie. 2 : Si­lique : fruit des cru­ci­fères quand ce­lui-ci est al­lon­gé, s'ou­vrant par deux valves dont les graines sont at­ta­chées à une cloi­son mé­diane ; quand ce fruit est court, rond ou ovale, c'est une si­li­cule.

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