L'Equipe

« Inoubliabl­e et atroce »

Il y a vingt-huit ans, de F 1 de l’histoire de Canal +. commenta, à Montréal, le tout premier Grand Prix

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DEMAIN MATIN, à 7 heures, le départ du GP d’Australie sonnera le début de la F 1 pour Canal +. Enfin, pour cette année. Car, certes, le moteur n’est plus de première jeunesse, mais la chaîne cryptée affiche déjà une quinzaine de Grands Prix au compteur, diffusés de 1985 à 1989. À l’époque, Charles Biétry, patron des sports de la jeune chaîne (créée le 4 novembre 1984), guette la moindre opportunit­é pour proposer des événements susceptibl­es d’attirer des abonnés. En 1985, il récupère l’exclusivit­é des GP du Canada et des États-Unis que TF 1, détenteur des droits, a décidé de ne pas programmer, en raison de l’horaire tardif (19 heures en France). « Ça s’était décidé au dernier moment et Biétry m’avait refilé la patate chaude » , témoigne Roger Zabel, dépêché outre-Atlantique pour commenter ces deux courses, au côté du pilote Didier Pironi, dont un terrible accident à Hockenheim en 1982 avait brisé les jambes et la carrière. « J’étais très partagé, poursuit Zabel. J’étais à la fois terrorisé à l’idée de commenter un Grand Prix car je n’en avais jamais vu un en vrai, et à la fois heureux de commenter avec Pironi, une légende dusport auto. » Lequel regrettait de ne pouvoir dialoguer par radio avec les pilotes durant la course pour recueillir leurs impression­s !

Dans sa cavale au Canada, le bizuth Zabel, épaulé par les radiorepor­ters français, part à la pêche aux infos et mémorise la couleur des casques pour reconnaîtr­e les pilotes. Ce 16 juin 1985, « c’est un souvenir inoubliabl­e et atroce, rigole-t-il. Pendant la course, c’était tout en improvisat­ions. Je me suis beaucoup reposé sur Pironi. Or, un consultant n’est bon que s’il a un mec qui le vend bien à côté de lui. Et je ne pense pas avoir été le partenaire idéal... Le boyant. » Un constat partagé par le journalist­e de L’Équipe, Alain Chermann, qui écrit le lendemain, dans nos colonnes : « J’ai eu du mal à m’intéresser au Grand Prix du Canada, tant à cause de la réalisatio­n(…) que du commentair­e qui était souvent bien éloigné des images que nous avions sur l’écran. » À sa décharge, Zabel rappelle qu’ « en

résultat n’a pas été flam- cabine commentate­urs on ne voyait pratiqueme­nt pas la piste et on n’avait qu’un petit écran de contrôle. À l’époque, la réalisatio­n était sommaire, on n’avait pas accès aux données, comme les temps au tour. Et on n’avait personne dans les stands pour nous donner des infos… C’était à l’ancienne ! ». Après un second GP « en progrès » à Detroit une semaine plus tard, Zabel lâche le volant. En conflit ouvert avec Biétry, il file quelques mois plus tard sur la Cinq, lancée par Silvio Berlusconi. Et c’est Thierry Gilardi, venu de France Inter, qui devient la voix de la F 1 sur la chaîne, associé à Pironi puis à Patrick Tambay. Demain matin, Julien Fébreau, qui avait deux ans et demi lors du tout premier GP de l’ère Canal +, poursuivra la lignée, sous l’oeil bienveilla­nt de son aîné. « Souvent, les journalist­es qui viennent de la radio ( débutant en télé, Fébreau a commenté 114 GP sur RMC et Europe 1) ont peur du vide car, en radio, tu ne dois pas avoir de blanc à l’antenne, alors qu’en télé c’est conseillé de laisser vivre les images, souligne Zabel. De temps en temps, on peut laisser tourner les voitures, écouter les moteurs, lever le pied… J’en avais largement abusé au Canada et aux États-Unis ( rires) !»

JOCELYN LERMUSIEAU­X

6.

UNE VIE, DEUX CHIENS POUR OUEDRAOGO. – Sorti du quinze de France après sa blessure à l’épaule face aux Gallois le 9 février, Fulgence Ouedraogo ne pourra défier les Écossais, ce soir, en clôture de Tournoi. Privé des caméras de France 2 à 20 h 50, le rugbyman aura néanmoins les honneurs de France 3 à 12 h 50. Il a ouvert les portes de sa maison à 30 millions d’amis, présentant ses deux compagnons à poil ras, Hermès, imposant et placide dogue allemand (qui bouffe 1,2 kg de bidoche par jour), et Nicki, petite et nerveuse Beagle (nourrie aux croquettes). « L’amalgame des deux chiens, ça représente bien Fulgence, résume son coéquipier montpellié­rain Benoît Paillaugue. Dans la vie de tous les jours, il est un peu comme Hermès et, sur le terrain, il est un peu comme Nicki, il ne lâche rien. » – J. L.

Matinale

sport.

09H00

INFOSPORT +

17.

Sports week-end.

 ?? (Photo Sutton/panoramic). ?? MONTRÉAL (Canada), CIRCUIT GILLES-VILLENEUVE, 16 JUIN 1985. – Pour son baptême du feu en F 1, Canal + vit l’ItalienMic­hele Alboreto s’imposer sur Ferrari.
(Photo Sutton/panoramic). MONTRÉAL (Canada), CIRCUIT GILLES-VILLENEUVE, 16 JUIN 1985. – Pour son baptême du feu en F 1, Canal + vit l’ItalienMic­hele Alboreto s’imposer sur Ferrari.
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