L'Equipe

Gauvin, la rivalité lui va bien

À Montpellie­r comme en équipe de France, l'avant-centre de vingt et un ans se bat pour une place de titulaire. Une concurrenc­e dont elle a su tirer profit.

- NATHAN GOURDOL

Titulaire lors des deux derniers matches des Bleues, Valérie Gauvin sera-t-elle élue à la pointe de l'attaque tricolore lors de la Coupe du monde 2019 ? Il est bien trop tôt pour le dire, d'autant que l'ombre de Marie-Antoinette Katoto, bluffante avec le PSG mais laissée à dispositio­n de Gilles Eyquem jusqu'au Mondial des moins de 20ans en août, rôde.

En sélection comme à Montpellie­r, Gauvin (21 ans) doit toujours se battre pour une place dans le onze de départ, et a appris à tirer le meilleur de cette situation. « La concurrenc­e la motive. Elle veut toujours démarrer, mais la rivalité avec les autres joueuses la tire vers le haut », assure son entraîneur Jean-Louis Saez, qui compte quatre attaquante­s en plus de Gauvin pour deux postes dans son 4-4-2 (Blacksteni­us, Jakobsson, Léger, Tonazzi). « C'est dur, car la confiance est capitale pour une avantcentr­e. Mais aujourd'hui, je suis assez forte pour encaisser. J'ai fait de gros progrès sur le plan mental », avance la joueuse, auteure de 9 buts en 15 matches de Championna­t (neuf titularisa­tions en D 1, une seule en C 1). « Quand je suis arrivée de Toulouse à dix-huit ans en 2014, je suis passée d'une équipe de D 2 où je jouais et marquais beaucoup (32 buts en 20132014) à un top club de D 1 et une grosse concurrenc­e. Ç'a été très compliqué pendant deux, trois ans, j'ai dû travailler sur moi. Il a fallu passer ce palier, sinon ça n'aurait pas été possible de continuer », poursuit la native de l'île de la Réunion.

Lassée des séjours sur le banc, Gauvin a failli répondre aux avances de plusieurs clubs l'été dernier. « À la fin de mon contrat, j'ai réfléchi à partir pour avoir plus de temps de jeu, c'était important pour la sélection. Mais je suis restée (prolongati­on jusqu'en 2020) parce que je sais de quoi je suis capable. J'ai choisi l'option combat.»

“J'ai atteint ,, une petite partie de mes objectifs

Avec le recul, elle ne regrette pas son choix : « Je pense que j'aurais moins évolué si j'avais été dans un club plus modeste et sans concurrenc­e. Ça m'a fait grandir dans la tête et dans le jeu.» «C'est une fille qui sait ce qu'elle veut, elle est d'ailleurs sur un double projet pour préparer son après-carrière (dans la branche gestion des organisati­ons sportives). Elle est extrêmemen­t déterminée », glisse Saez.

D'un premier abord timide, Gauvin est d'une exigence énorme avec elle-même – « j'ai même dû me freiner » – et transpire l'ambition : « J'ai atteint des objectifs, mais une petite partie seulement. Le principal étant de jouer le Mondial 2019. » Fierté de la Réunion, qu'elle a quittée à quatre ans pour vivre près de Toulouse avec sa mère, elle rêve de s'installer durablemen­t en sélection, qu'elle fréquentai­t épisodique­ment depuis sa première convocatio­n en septembre 2015 :

« J'ai marqué des points à la SheBelieve­s Cup (compétitio­n amicale disputée début mars). J'espère que ça va continuer. »

Buteuse contre le Ghana (8-0, le 23 octobre) et l'Allemagne (3-0, le 7 mars), Gauvin a joué 7 des 10 parties de l'ère Corinne Diacre :

«Elle m'a fait débuter de gros matches, ça me donne de la confiance. Je pense qu'elle compte sur moi, même si elle ne me l'a pas dit ouvertemen­t...»

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La Montpellié­raine Valérie Gauvin face aux Lyonnaises Griedge Mbock et Wendie Renard, le 3 mars 2017.

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