L'Equipe

Altice en opération séduction

La maison mère de SFR s’ouvre à la codiffusio­n en clair de certains matches de Coupes d’Europe de foot avec les groupes TF 1 et M 6.

- SACHA NOKOVITCH

À six mois de l’arrivée de la Ligue des champions et de la Ligue Europa sur son bouquet sportif, SFR a détaillé la feuille de route du groupe. La première annonce faite par Alain Weill, PDG d’Altice France, concerne le changement de nom de SFR Sport en RMC Sport programmé l’été prochain. Une façon de négocier plus facilement la distributi­on du bouquet sportif chez les autres opérateurs (Orange, Free, Bouygues, Canal +), tout en s’appuyant sur une marque déjà bien installée dans le sport. « Certains opérateurs avaient indiqué que la marque SFR Sport ne facilitait pas les choses, confirme le PDG d’Altice France. Mais c’était surtout une motivation dans la relance de la chaîne, celle d’avoir une marque extrêmemen­t légitime, qui a fait ses preuves dans le sport à la radio, sur Internet et via notre agence de presse. » Pour rendre son bouquet incontourn­able, en plus des droits détenus, Altice souhaite également innover dans la production et les programmes, « par exemple parla3D» , précise Weill sans trop se dévoiler.

Si aucun accord n’a été conclu avec les distribute­urs pour le moment, le patron d’Altice France assure aborder cette période de négociatio­ns « sans stress ». « Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais je suis sûr que tous les opérateurs voudront cette chaîne… un jour. Mais ils devront accepter son vrai prix, en rapport avec leur nombre d’abonnés, ils ne devront pas payer un prix moindre que SFR (à Altice Pay TV). La règle est juste, elle doit s’imposer à tout le monde. » Comme celle des retransmis­sions en clair. Certaines rencontres de Coupes d’Europe de foot devront en effet bénéficier de codiffusio­ns sur le gratuit dès la saison prochaine. De quoi susciter l’intérêt des chaînes historique­s. « Nous avons l’obligation de diffuser en clair les finales des deux compétitio­ns et au total 15 matches de Ligue Europa, précise Weill. Sur la stratégie payant-gratuit, on arrêtera nos choix prochainem­ent. On a été contactés par le groupe M 6 qui est intéressé pour continuer (W 9 propose actuelleme­nt une affiche de Ligue Europa par journée) et le groupe TF 1 nous a également fait des appels du pied. Ils sont ouverts à tout, à la Ligue des champions et à la Ligue Europa. » Mais Altice, via sa chaîne gratuite Numéro 23, pourrait également retransmet­tre certaines rencontres de manière événementi­elle, selon son PDG. « On ne s’interdit pas de proposer certains matches européens, mais ce ne sera pas du tout au coeur de la stratégie de la chaîne, assure-t-il, au moment où des discussion­s sont en cours avec le Conseil supérieur de l’audiovisue­l. Cela n’aurait pas de sens, on ne va pas faire une chaîne de sports sur Numéro 23. Mais on a fait des propositio­ns au CSA dans le domaine du sport et de la diversité. »

Alain Weill : « Si l’appel d’offres de la L 1 arrive trop vite, nous ne serons pas là »

Pour les consommate­urs, SFR a choisi de ne plus imposer le bouquet sportif à tous ses clients fixes et mobiles mais d’en faire une option, « le plus sport », accessible pour 5 euros par mois et sans engagement de durée. Les non abonnés à l’opérateur devront, eux, débourser 15 euros par mois pour avoir accès à l’offre complète via l’OTT (par Internet ou applicatio­n mobile) ou le satellite. Mais quid des abonnés actuels SFR et Numéricabl­e bénéfician­t gratuiteme­nt de SFR Sport ? « Ils conservero­nt la Premier League et les droits actuels, mais s’ils veulent la Ligue des champions et la Ligue Europa, ils devront payer 5 euros », précise Weill.

Le Championna­t anglais renégocier­a ses droits français en septembre prochain pour la période 2019-2022. Cette fois, Altice devra faire face à la concurrenc­e de Canal + et beIN Sports. « On va lancer la chaîne et les Coupes d’Europe, puis nous allons digérer tout cela, tempère Alain Weill. Après on pourra tirer un bilan et savoir si on continue ou pas. » Élargir le catalogue des droits passera aussi par l’appel d’offres de la Ligue 1 pour 2020-2024. « On n’a pas de garantie mais j’ai expliqué à la Ligue qu’on n’avait pas intérêt à se précipiter, précise-t-il. Pour des raisons différente­s, tous les acteurs intéressés par la L 1 sont un peu en reconstruc­tion en ce moment. C’est la décision de la Ligue… Mais si l’appel d’offres arrive trop vite, nous ne serons pas là. Et on le dira ! »

 ??  ?? Alain Weill, PDG d'Altice France, a détaillé la feuille de route de son groupe.
Alain Weill, PDG d'Altice France, a détaillé la feuille de route de son groupe.
 ??  ??

Newspapers in French

Newspapers from France