L'Equipe

Chaumont coule à Trente

Le champion de France a eu plusieurs fois l’occasion de faire vaciller Trente. Mais son joli parcours est bien terminé.

- YANN HILDWEIN

C’était beau, et ça fait mal. La campagne enchantée de Chaumont s’est arrêtée hier à Trente (Italie), sur un rude 3-0 qui ne rend justice ni au magnifique parcours du champion de France ni à sa prestation de la soirée, pleine de sève et de talent. Dans un Palatrento historique­ment infernal pour les clubs français, les hommes de Silvano Prandi ont regardé leurs adversaire­s les yeux dans les yeux pendant la quasi-totalité de la rencontre. Ils ont mené les débats quasiment jusqu’au terme des trois manches : 21-24 dans la première, 22-23 dans la deuxième, 21-22 dans la troisième. Mais tout est dans le « quasiment », et leur incapacité à conclure dans le money-time aura été trop constante pour relever du hasard.

Trente a beau avoir perdu un peu de son lustre depuis qu’il était le roi de l’Europe (trois fois de suite de 2009 à 2011), en témoigne son vilain parquet gondolé, il reste un puissant, d’une autre caste que les formidable­s trublions de la Haute-Marne. Avec du très lourd et du très puissant partout, au service surtout.

Notamment celui du golgoth brésilien Eder, qui a annihilé les trois balles de premier set champenois­es. Et quand un joueur comme Uros Kovacevic est dans le dur, c’est un autre monstre qui sort du banc, le vice-champion olympique Filippo Lanza, pour inscrire les trois derniers points de la deuxième manche.

De la fierté quand même

Chaumont n’affiche logiquemen­t pas le même réservoir, surtout quand son atout maître, Stéphen Boyer, touché à un mollet, est absent. Avec ses épaules nues, manches relevées, et toute sa puissance, Wassim Ben Tara a plutôt dignement pris le relais en pointe (11/25 attaques). Mais Yacine Louati (3/12), lui si admirable à l’aller, et Nikola Mijailovic (7/22) ont galéré en bout de filet et les solutions de re- change étaient forcément limitées.

Les Chaumontai­s pourront peut-être aussi nourrir quelques regrets de n’avoir pas davantage poussé leur avantage au match aller, la semaine passée (3-2), ce qui leur aurait permis de tenter leur chance dans un golden set hier. Ils auront surtout le droit de se regarder dans la glace avec fierté, ce matin, après avoir hissé, pour leur première participat­ion à la Ligue des champions, le drapeau tricolore jusqu’en play-offs de cette compétitio­n si élitiste, ce qu’une seule autre équipe avait réussi lors des cinq dernières saisons, Tours en 2014 et en 2016. Et d’y avoir affiché un si joli visage.

Il faudra donc patienter encore quelque temps pour revoir un club français au second tour des play-offs, équivalent des quarts de finale. Dix ans depuis Cannes en 2008, cela commence à faire loin, comme le dernier Final Four de Tours, en 2007…

Mais de telles épopées nécessiten­t généraleme­nt une expérience que Chaumont, arrivé en Ligue A en 2012 seulement, est tout juste en train d’ébaucher. En attendant d’y rêver, le club champenois va se tourner vers les play-offs de son Hexagone, qu’il entamera dans dix jours avec la tête de série numéro 2. Et une seule idée fixe : la finale du 5 mai à Paris, synonyme de retour sur la piste aux étoiles en 2018-2019.

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Wassim Ben Tara est à terre. Jonas Aguenier et Javier Gonzalez l'entourent, impuissant­s. Chaumont n'ira pas plus loin.
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