L'Equipe

Comment Deschamps a convaincu Hernandez

Un précieux coup de fil de Didier Deschamps et l’aide non négligeabl­e d’Antoine Griezmann ont convaincu le jeune latéral de l’Atlético de Madrid de choisir la France.

- DAMIEN DEGORRE

Pour l’Espagne, la messe était dite. Ses médias n’utilisaien­t plus le conditionn­el depuis longtemps afin d’expliquer pourquoi Lucas Hernandez porterait les couleurs de la Roja. L’intéressé lui- même assenait, au début du mois, dans une interview à TVE : « Je me sens espagnol, l’Espagne m’a tout donné. Si on m’appelle, j’irai. » Seulement, lorsque son téléphone a sonné, le samedi 10 mars, le numéro entrant était français. Au bout du fil, Didier Deschamps. Le sélectionn­eur des Bleus voulait savoir si le défenseur de l’Atlético de Madrid, né à Marseille en 1996 et qui a traversé les Pyrénées à l’âge de quatre ans, souhaitait porter les couleurs de son pays natal.

Le lendemain, Lucas Hernandez devait affronter le Celta Vigo en Championna­t et, franchemen­t, il ne s’attendait pas à un tel appel. « Lucas a alors répondu à Deschamps : ‘‘ Le fait que vous m’ appeliez change tout ”», raconte un proche. Mais le sélectionn­eur des vice- champions d’Europe ne cherche pas à mettre le couteau sous la gorge du latéral gauche. Il lui expose juste la situation. Oui, il le suit depuis un moment. Il l’aurait appelé pour suppléer Layvin Kurzawa lors du rassemblem­ent d’octobre s’il n’avait pas été confronté à une blessure alors qu’il était convoqué en Espoirs. Et non, Deschamps ne cherche pas à bloquer Lucas par rapport à l’équipe d’Espagne. D’ailleurs, le fait de jouer en amical avec les Bleus contre la Colombie ( demain) ou en Russie ( mardi) ne le bloque en aucun cas ( voir par ailleurs). Hern an dezadéjàb as culé. «Des champs ne lui a pas demandé une réponse immédiate, poursuit ce proche. Il lui a juste dit de réfléchir, d’en discuter avec son entourage. Ils se rappellera­ient le mardi suivant et là, oui, il voudrait une réponse claire. »

Mais dans l’esprit du jeune Franco- Espagnol, ce coup de fil est déjà décisif.

Entre- temps, le patron des Bleus s’entretient avec An toi neGriezman­n. Il lui dit son désir de convoque r lejeune Lu cas. L’attaquant vedette des Bleus est enthousias­te. Et, sans y être invité par Deschamps, il va achever le travail. « Je lui ai mis la pression pendant quelques jours, nous a confié Griezmann, mardi, à Clairefont­aine. En fait, en Espagne, l’entraîneur ( Julen Lopetegui)

l’avait appelé et Lucas était tenté. En France, il avait été sélectionn­é chez les Espoirs mais lui, ce qu’il voulait, c’était les A. Il a travaillé dur, il a titillé Filipe Luis sur le côté gauche, il a fait les efforts. Et il a eu cet appel du coach ( Deschamps)

et n’a pas hésité. »

Alors, lorsque, le mardi 13 mars, le sélectionn­eur des Bleus et le latéral gauche de l’At- lético se recontacte­nt, la décision de ce dernier est prise. Si Deschamps le convoque pour le dernier rassemblem­ent avant la Coupe du monde, il répondra favorable ment à son appel. Aujourd’hui, même s’il peut encore faire machine arrière ( tant qu’il n’a pas joué un match internatio­nal officiel), Lucas semble se plaire à Clairefont­aine. « Il est timide, ce n’est pas le même qu’en club, mais c’est normal, sourit Griezmann. J’espère qu’il fera une bonne intégratio­n. C’est notre soldat à l’Atlético et il sera un bon soldat pour nous. » Dans cette affaire, « Grizou » a montré, quant à lui, qu’il n’était plus seulement le bon pote qui fait marrer les copains et fait gagner l’équipe. Il en est devenu aussi un vrai leader. Quant à Deschamps, trois ans après avoir convaincu Nabil Fekir de préférer les Bleus à l’Algérie, il signe là un nouveau coup dont sa sélection peut s’enorgueill­ir. Le côté gauche de sa défense semble désormais un peu mieux armé à l’approche de la Russie.

“Je lui ai mis la pression , , pendant quelques jours ANTOINE GRIEZMANN

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