L'Equipe

EN CINQUIÈME VITESSE

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL FRÉDÉRIC FERRET

Alors que la saison de Formule 1 débute aujourd'hui avec les premiers essais du Grand Prix d'Australie, tous les regards sont déjà braqués sur le duel entre les quadruples champions du monde Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Leur objectif : rejoindre au palmarès Juan Manuel Fangio et ses cinq couronnes.

MELBOURNE ( AUS) – Il ne roule plus des mécaniques. Pourtant, il y aurait de quoi. Pour un vegan nouvelleme­nt converti, Lewis Hamilton semble avoir subi cet hiver un régime hyper protéiné. Et lui, qui affichait déjà une musculatur­e imposante, affiche désormais un physique de titan. « J’ai décidé de modifier mon approche cet hiver, confiait-il dans de grands sourires à Barcelone. Je me sens mieux, cela fonctionne. » L’homme public apparaît transformé. Souriant, affable et détendu, l’Anglais choie, cajole et dorlote ses fans, comme à Barcelone, où il accor- dait de longues minutes à ses supporters. Bien loin de l’ombrageux qui, l’an dernier, se réfugiait dans son motor- home. Les facéties sur les réseaux sociaux ont disparu, sans doute à cause du faux pas hivernal ( 1).

Le voilà, officielle­ment, sérieux et rangé des voitures. Avec une Flèche d’argent aussi prometteus­e, le champion est clairement regonflé. Boosté à la confiance et avec ses biceps saillants, sous un T-shirt savamment choisi, quand le reste du plateau – halo oblige – a choisi une cruelle cure d’amaigrisse­ment. « Lewis a toujours été quelqu’un qui changeait, confiait cet hiver Toto Wolff. C’est un pilote qui se remet tout le temps en question et qui s’adapte en permanence. »

“Allons vite au combat. C’est ce que je préfère LEWIS HAMILTON

Mais le quadruple champion du monde – loin des afféteries du globe- trotter – a déjà planté ses banderille­s. « Valtteri n’aur a aucune excuse s’il ne me bat pas

cette année » , glissait- il au soir des derniers tests hivernaux. Et d’ajouter, malicieux, que Verstappen serait un candidat idéal dans la lutte pour le titre que tout le monde lui prédit contre Sebastian Vettel. « Max ne doit pas être oublié, pas plus que Daniel, insiste le maître du mind game, même s’il s’en défend. Se battre contre Ferrari est fabuleux. Mais il ne faut négliger personne. »

Et surtout pas… himself. Car, cette année, avec une W 09 qui pourrait laminer la concurrenc­e, son principal ennemi pourrait

bien être lui- même. « Une des forces de Lewis a toujours été de se remettre en cause, se souvient Fred Vasseur, qui fut son patron en F 3 puis en GP 2. C’est l’un des rares à ne jamais être content de lui. Même quand il gagne. » Lewis Hamilton s’est ainsi longuement confié sur ses talents du samedi, lui, le recordman de poles ( 72). « Je n’ai jamais fait un tour parfait,

analysait- il avec lucidité. Et, à mon sens, il n’est jamais possible d’en faire un. On peut toujours faire

mieux. » Pour lui, faire mieux signifiera­it conquérir une cinquième couronne.

Place donc à la compétitio­n. Car Hamilton, en vieux briscard de la F 1 ( il attaque sa douzième saison), vite fatigué des essais hivernaux, ne rêvait déjà que de course au soir de son premier roulage. « J’ai essayé ma voiture,

concluait- i l. Je l’ai comprise. Allons vite au combat. C’est ce que je préfère. »

Sur ce plan- là, Lewis Hamilton ne changera pas. En émule de Muhammad Ali, à qui il rendait hommage au lendemain de son décès, en juin 2016, lors de sa victoire au Canada en reprenant sa devise ( 2). Un champion qui, à l’instar de Roger Federer, ne lâche jamais rien. Changer, oui. Mais pour gagner. Toujours. ‘

( 1) À Noël, Hamilton s’est permis de critiquer son neveu portant une robe de princesse. Sévèrement jugé sur les réseaux sociaux, l’Anglais a décidé de littéralem­ent « vider » ses comptes Instagram et Twitter.

( 2) « Vole comme un papillon, mais pique comme une abeille. »

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