L'Equipe

UN DUEL QUATRE ÉTOILES

- Jérôme Bourret

La saison de F 1 qui démarre ce week- end à Melbourne va faire du bruit. Car même si le niveau des décibels de ces moteurs hybrides est bien inférieur à celui des V 10 d’une autre époque, les vingt et un Grands Prix au programme pourraient permettre à l’un des quadruples champions du monde en activité, Lewis Hamilton ou Sebastian Vettel, d’écrire un chapitre majeur de l’histoire de la discipline en rejoignant le légendaire Juan Manuel Fangio, unique membre du club des cinq.

Un combat des chefs entre le flamboyant Anglais et l’appliqué Allemand, entre la pragmatiqu­e machine à gagner Mercedes et ses Flèches d’argent qui mettent dans le mille depuis quatre ans et la passionnée Scuderia et ses monoplaces rouges qui multiplien­t les impairs et manques depuis dix ans au risque de virer parfois au Grande Casino. Un duel de personnali­tés qui incite autant qu’il invite au parti pris et au cloisonnem­ent de tribunes enfiévrées, à condition que Vettel dompte son cheval cabré aussi bien que ses nerfs et que ce duo, au souffle un peu court l’an dernier, tienne cette fois la distance face à l’imperturba­ble Hamilton et sa solide Mercedes, encore favoris à la sortie des essais hivernaux. Un match que certains rêvent de venir troubler. Dans ce domaine, bien que vierge de tout titre au palmarès, la paire Red Bull des combattant­s Verstappen et Ricciardo dispose de davantage de certitudes que les anciens champions Räikkönen et Alonso, même si ce dernier bénéficier­a sur sa McLaren du même moteur Renault que les châssis de Milton Keynes. Si d’aventure Hamilton, par sa toute- puissance, ou un invité surprise venaient à nous priver du match des étoiles annoncé, ce Championna­t 2018, privé par puritanism­e de ses emblématiq­ues Grid Girls et affublé par esprit sécuritair­e d’un étrange halo qui donne aux cockpits des airs de tong, ne manquerait pas pour autant de sel pour nous, Français. Avec trois pilotes et un constructe­ur sur la grille et un Grand Prix enfin de retour au calendrier après dix ans de privation, la F 1 tricolore retrouve ses couleurs. Fin juin, quel que soit le scénario du Championna­t, les tribunes du circuit Paul- Ricard du Castellet vibreront avant tout pour Ocon, la révélation 2017, Grosjean, dont la Haas pourrait être l’une des surprises de l’année selon le pronostic de Hamilton luimême, Gasly, dont on ne sait trop quoi attendre au volant de sa Toro Rosso à moteur Honda, ou encore les Renault de Hülkenberg et Sainz. Gentlemen, start your engines. Et faites du bruit.

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