L'Equipe

Désormais, les acheteurs de clubs seront évalués

- G. D.

La DNCG se compose de dix- huit membres.

On note notamment la présence de Christophe Lepetit, responsabl­e des études économique­s au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges, ou celle de Benjamin Lancar, ancien patron des jeunes de l’UMP, aujourd’hui à la Cour des Comptes.

Une femme figure également dans cette commission, Sabine Foucher, qui est aussi membre de la commission d’appel de la direction de contrôle des comptes de la Fédération française de volley- ball et conseillèr­e juridique pour la Fédération française de danse… G. D. membres de cette commission qui ne défendent aucun intérêt particulie­r, et qui essayent d’être justes. La commission étudie chaque élément présenté pour déterminer les risques et prendre les mesures qu’elle juge nécessaire.

Quels sont ces risques ?

Des revenus qui ne sont pas certains, des contrats de sponsoring qui ne sont pas encore signés, des transferts qui ne sont pas effectués. Nous exprimons aux clubs les besoins de renforcer la trésorerie ou les fonds propres. Le club fait, c’est très bien, s'il ne fait pas, des mesures sont prises, comme l’encadremen­t de la masse salariale…

Ou une relégation à titre provisoire comme pour le LOSC ( voir L’Équipe du 3 février) ?

Il ne m’appartient pas de commenter des situations particuliè­res, si ce n’est de rappeler que nous avons pris une décision qui est publique : c’est l’interdicti­on de recrutemen­t ( prononcée le 12 décembre). Dans ce contexte, nous avons informé de manière très précise les dirigeants sur les attentes de la commission dans le cadre de l’audition à venir qui permettrai­t à la commission de confirmer, ou d’infirmer, ou de prendre une autre mesure.

Mais la rétrograda­tion à titre provisoire est une sanction….

La loi Braillard du 1er mars 2017 assure à la DNCG « le contrôle et l’évaluation des projets d’achat, de cession et de changement d’actionnair­es des sociétés sportives » . « Cette nouvelle mission, explique Jean- Marc Mickeler, permettra peut- être de dissuader des gens qui arrivent dans le foot avec les yeux qui brillent, car ils pensent qu’il y a un actif joueurs à réaliser, qui se disent que c’est facile, qu’ils vont mettre de la dette, et gagner beaucoup d’argent en vendant des joueurs. »

À ce jour, la DNCG, qui n’avait pas la possibilit­é à l’époque de se pencher sur les dossiers de reprise du LOSC et de Sochaux, ne peut s’opposer à une signature. « Notre Non. Il s’agit d’une informatio­n et non d’une mesure. Une manière de dire à un club que, s’il n’y a pas d’améliorati­on lors de nos retrouvail­les, il risque la rétrograda­tion.

Faut- il s’inquiéter pour le LOSC ?

Le LOSC a un schéma de reprise où la dette est très importante. C’est un schéma habituel dans le monde industriel classique. La grande différence, c’est l’aléa sportif. Pour le couvrir, la DNCG prône un renforceme­nt constant des fonds propres. Car la grande différence entre les fonds propres et la dette, c’est que la dette demande rémunérati­on et remboursem­ent.

Celle du LOSC approchera­it les 180M€.

Il ne m’appartient pas de commenter ces chiffres. Mais sachez que nous n’interdison­s pas de recruter à la légère.

Des dirigeants misent sur un classement espéré en fin de saison, ou sur les montants de transferts qu’ils espèrent récupérer pour boucler leur budget. Pourquoi cautionner une telle approche ?

C’est là où la DNCG joue un rôle important. D’abord, nous vérifions que le plan qui nous est présenté est le même que celui que tous les actionnair­es du club ont validé. Au sein de la commission, il y a des gens expériment­és qui connaissen­t bien le football. Si un club qui vient de terminer trois fois à la 15e place budgétise une 5e place, il y a un problème. Même chose sur les transferts et le sponsoring. On construit une relation dans la durée. Par exemple, il y a des clubs qui font depuis des années des montants de transferts significat­ifs et qui ne baissent pas. Et ils réalisent systématiq­uement ce qu’ils promettent. Sur d’autres… Si nous sommes “insensible­s aux larmes”, nous valorisons la constance des dirigeants qui honorent leurs engagement­s dans la durée. »

(*) Plusieurs fois sanctionné par la DNCG, le club corse a fini par être relégué sportiveme­nt à l’issue de la dernière saison de L1. Le tribunal de commerce de Bastia a prononcé la liquidatio­n judiciaire de l’entité profession­nelle du SCB, en grande difficulté financière, le 5 septembre. vocation, poursuit son patron, n’est pas de perturber la vie normale des affaires, et la transmissi­on d’une entreprise en fait partie… Nous ne souhaitons pas décourager les investisse­urs à venir dans le foot français, bien au contraire. »

La DNCG épluche donc des projets, en parle avec le vendeur et l’acheteur, les conseille, les oriente, peut éventuelle­ment alerter Tracfin ( organisme qui lutte notamment contre le blanchimen­t d’argent). Pour éviter qu’en cas de finalisati­on la DNCG ne soit contrainte de sanctionne­r les nouveaux propriétai­res lors d’un passage classique devant le gendarme financier.

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Pendant ses cinq dernières saisons en L 1, Bastia a échappé aux sanctions de la DNCG prononcées en première instance mais a continué de creuser sa dette.

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