L'Equipe

Viviani libéré

Nouveau venu chez Quick- Step, qui lui a confié des responsabi­lités, le sprinteur italien a ouvert par une victoire la campagne des classiques chère à son équipe. En attendant Gand- Wevelgem dimanche.

- PHILIPPE LE GARS

LA PANNE( BEL )– Il y a deux ans tout juste, Elia Viviani avait décroché, sur ces mêmes routes de La Panne, un succès de référence face aux pointures du sprint Marcel Kittel et Alexander Kristoff. C’était la première fois de sa carrière que l’Italien accrochait deux clients de cette envergure à son tableau de chasse.

Ce jour- là, il s’était confié plus longuement sur la difficulté de mener parallèlem­ent une carrière sur piste avec la route, et sur la frustratio­n qui en découlait. Il venait de rentrer des Championna­ts du monde sur piste à Londres et avait connu un retour difficile sur la route àTirre noAdriatic­o. « Ça fait mal de ne pas se sentir à la hauteur sur un sprint » , avait- il avoué avant de se laisser encore le temps d’aller aux Jeux de Rio l’été suivant ( où il décrochera l’or en omnium) avant de se consacrer pleinement à la route.

Patrick Lefévère attendait ce moment- là pour le récupérer, il le savait à l’étroit à la Sky où les priorités du manager Dave Brailsford le concernaie­nt à peine. « Il savait que, dans ces conditions, il ne ferait sans doute jamais plus le Tour de France ( il l’a couru une fois en 2014), raconte le patron de QuickStep, ni peut- être même certaines grandes classiques dans la peau du sprinteur protégé. »

Le départ de Marcel Kittel pour Katusha en fin de saison dernière avait libéré une place dans l’équipe belge, qui avait alors promis à l’Italien un statut identique à celui de l’Allemand, avec plus de responsabi­lités et surtout de reconnaiss­ance que chezSky. « C’est sûr que, chez eux, j’étais rarement la priorité » , avoua- t- il hier après- midi. Avec cette sixième victoire de la saison hier, au sprint évidemment, dans les rues de La Panne, Elia Viviani ( 29 ans) est non seulement devenu le coureur le plus performant de 2018 ( avec l’Espagnol Alejandro Valverde), mais il a aussi explosé ses propres records. Jamais il n’ avait atteint à cette période-ci de la saison plus d’ une victoire à son compteur.

Au centre du jeu

« Il est libéré, confirme Patrick Lefévère, fier d’avoir réussi ce coup de poker au dernier mercato. C’est un grand profession­nel qui sait où il va. » Sa culture de la piste, où la minutie est l’une des règles de base, est un atout non négli- geable pour l’Italien, qui a aussi trouvé chez Quick- Step un groupe rodé à emmener les sprints. Elia Viviani n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour trouver ses marques au sein de ce train qui travaillai­t déjà aussi bien pour Marcel Kittel que Fernando Gaviria.

« Après l’échec de Milan- San Remo ( 19e), il fallait que je gagne rapidement pour remercier mes coéquipier­s de leur investisse­ment,

affirma- t- il. C’est ma première victoire de la saison en Europe, c’est bien aussi qu’elle ait lieu ici en Belgique, en ouverture de la campagne des classiques. Je sais que c’est un moment important pour mon équipe. »

L’arrêt forcé de l’autre sprinteur de l’équipe, le Colombien Gaviria, après sa chute à Tirreno- Adriatico, l’a également replacé au centre du jeu à l’approche de GandWevelg­em, dimanche. « Avec Milan- San Remo, c’est l’autre classique que je m’étais fixée. Gagner aujourd’hui était important dans cette optique, ça permet de me situer, analysait- il. Et puis, je me suis bien senti dans le Kemmel. Ça va me servir pour dimanche à Wevelgem. » Ou plus aucun coureur de Quick- Step ne s’est imposé depuis Tom Boonen en 2012.

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Elia Viviani a justifié son statut de favori en s'imposant hier à La Panne devant l'Allemand Pascal Ackermann.

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