L'Equipe

L’énigme Hansen

En proie à de sérieux problèmes au genou droit, la star danoise est aussi en perte d’influence dans le jeu parisien cette saison.

- YANN HILDWEIN

Il n’a pas boudé son plaisir sur le podium de la Coupe de la Ligue, dimanche à Metz. Puis il s’est éclipsé pendant que ses partenaire­s parisiens continuaie­nt à fêter leur triomphe avec leurs supporters, filant le premier au vestiaire, visage impassible. Dans cette scène est résumé tout le Mikkel Hansen version 20172018, à la fois présent et absent. Comme sur le parquet, où la star danoise ( 1,96 m, 30 ans) est le deuxième meilleur buteur du PSG cette saison ( 73 buts soit 5,21 par match) der ri èreUwe Gensheimer ( 84) , mais avec beaucoup de penalties ( 34) et très peu de temps de jeu. Ce paradoxe s’explique par des problèmes physiques, mais aussi par un statut in certain au sein des on équipe, qui retrouve Nîmes ce soir. Un mauvais souvenir pour Paris – qui avait concédé en novembre dans le Gard l’une de ces fâcheuses défaites (24-26) qui risquent de lui coûter le titre– comme pour Hansen, qui n’avait pas relevé le niveau général ( 1/ 3 au tir dans le jeu, 2/ 2 sur penalty).

SON GENOU DROIT GRINCE

L’arrière gauche au fameux bandeau a manqué les six premiers matches du PSG en 2018, en raison d’une blessure au genou droit, un problème de cartilage dont la nature exacte n’a été précisée ni par le club ni par le joueur, qui ne s’est pas exprimé depuis son retour du Championna­t d’Europe, terminé à la quatrième place le 28 janvier.

Pour s’être livré à quelques excès au réveillon du nouvel an, il s’était présenté en équipe du Danemark avec l’articulati­on sévèrement enflée. Hansen a disputé tout l’Euro en marchant, ce qui ne l’a pas empêché de faire défiler les compteurs ( 43 buts en 8 matches) et de signer quelques gestes de génie comme cette passe décisive de vingt mètres à la dernière seconde du temps réglementa­ire de la demifinale contre la Suède ( finalement perdu 34- 35 a. p.).

Depuis, il est revenu dans un premier temps au jeu seulement pour tirer les penalties, ne semblant guère capable de courir. Puis le strapping sur son genou a disparu et il a refait quelques apparition­s, seulement en attaque d’abord, et même en défense dimanche, lors du dernier quart d’heure de la finale de Coupe de la Ligue contre Toulouse ( 40- 30), les jambes semblant enfin évoluer au même rythme que son bras droit magique. « Mikki a retrouvé du jus et de l’efficacité, ça fait plaisir de le revoir en bonne santé » , souriait Thierry Omeyer le week- end passé. « Il n’y a aucune inquiétude à son propos » , jure Bruno Martini, le manager général du PSG.

À voir, étant donné la difficulté notoire à soigner ce genre d’affections. « L’usure du cartilage ne se régénère pas spontanéme­nt » , explique le docteur Alain Simon, consultant médical de L’Équipe.

SON STATUT S’ÉRODE

Seulement, Hansen n’a pas attendu de se blesser pour voir son temps de jeu dégringole­r. Depuis l’arrivée du Norvégien Sander Sagosen l’été dernier, le Danois se retrouve dans l’ombre du phénomène norvégien, quasi systématiq­uement titulaire à l’arrière aux côtés de Nikola Karabatic. Lors du sommet à Montpellie­r, perdu 33- 30 fin décembre, l’entraîneur, Zvonimir Serdarusic, ne l’a extrait du banc que pour tirer les jets de sept mètres, un choix qui a laissé les observateu­rs perplexes. Certes, Mikkel Hansen n’est pas un grand défenseur, mais Sagosen non plus. Il s’agit plus sûrement d’une volonté de Serdarusic d’installer le Norvégien dans son système de jeu si particulie­r, afin qu’il soit paré pour le grand rendez- vous du Final Four de la Ligue des champions ( 27- 28 mai à Cologne), alors qu’Hansen, lui, connaît la chanson.

Peut- être le technicien est- il également un peu las de l’attitude souvent nonchalant­e, sur le parquet, du Danois, par ailleurs gros bosseur hors terrain. La saison dernière, traversée comme une ombre par Hansen, revenu vidé de son sacre olympique à Rio, a sans doute aussi laissé des traces.

Arrivé à Paris en 2012, parfaiteme­nt francophon­e, le Scandinave adore la capitale française, où il peut vivre tranquille, anonyme, loin de son statut d’icône au pays, et profiter de sa passion de la mode notamment. Il a prolongé son contrat l’été dernier jusqu’en 2022, consentant même à une baisse de salaire. Mais il peine à retrouver le fluide qui lui avait fait exploser tous les records de buts en France comme en Europe (*).

Si le PSG, en plus de faire revenir le prometteur Dylan Garain de son prêt à Dunkerque, s’est mis en quête d’un arrière gauche pour la saison prochaine ( Romain Lagarde ?), ce n’est pas seulement en raison de la possible fin de carrière de Daniel Narcisse.

(*) 203 buts en D1 en 2014- 2015 puis 228 en 2015- 2016, 141 buts en Ligue des champions en 2016- 2017.

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Mikkel Hansen a manqué les six premiers matches de 2018 avec le PSG.

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