L'Equipe

Gasquet en père peinard

Une fois n’est pas coutume, le Français ne manifeste pas d’inquiétude particuliè­re pour son retour à la compétitio­n après blessure.

- VINCENT COGNET

MIAMI ( USA) – Pour s’être très longtemps persuadé qu’il lui fallait absolument enchaîner les tournois avant d’être compétitif, Richard Gasquet délivre d’ordinaire un discours circonspec­t lors de ses retours à la compétitio­n. Miami semble une exception à la règle. Blessé au psoas ( à Rotterdam mifévrier), puis au genou gauche ( à Dubaï), le Français a pourtant dû rayer Indian Wells de son programme. Et il n’a plus gagné un match depuis le 10 février et son formidable succès sur David Goffin en demi- finales de Montpellie­r.

Mais son ton est badin et ses mots ne trahissent aucune angoisse : « Ce n’était ni le dos, ni une appendicit­e comme l’an dernier à Indian Wells. Là, je sais que ce n’est pas grave. Ça dure une semaine ou deux, mais en aucun cas six. Je sais que ça va aller. Après, hein, c’est un premier tournoi, donc on ne peut rien prévoir, mais il n’y a pas d’inquiétude majeure. »

Gasquet doit sa quiétude à deux éléments combinés : un diagnostic médical rapidement établi et deux blocs d’entraîneme­nts intenses, à même de le ramener à niveau. « J’ai eu un peu peur à Dubaï parce que j’ai eu très mal, avouet- il. Le genou, parfois, ça peut être long... Dans un premier temps, je me suis dit que je pourrais ne revenir que sur terre battue ( en avril) . Mais l’échographi­e a été rassurante et j’ai été bien soigné. En fait, j’avais un kyste sous le genou. Je me suis fait infiltrer. Aujourd’hui, je n’ai plus aucune douleur. Je me suis vite rendu compte que je pourrais jouer à Miami. J’ai déjà été mieux mais je ne me sens pas du tout au bout du rouleau. » Au total, l’enchaîneme­nt psoas + genou lui a coûté trois semaines. Mais, en renonçant à Indian Wells, ils’ est offert quinze jours de préparatio­n en pleincoeur­del as aison. Un luxe, ou presque .« On arrive àlaf indes ap réparation, explique Thierry Tulasne, son coach avec Fabrice Santoro. Parce qu’on a vraiment poussé la machine, il y a eu des moments où Richard a dû puiser dans ses ressources mentales. À la fin de chaque bloc, c’ était dur pour lui. Mais comme il a décidé de mettre beaucoup d’ intensité physique à l’ entraîneme­nt, tout cela est logique. Franchemen­t, je trouve qu’il a bien travaillé. Résultat, en arrivant là, il est bien. »

Vue sur la Coupe Davis

Deux lourdes échéances se profilent : un quart de finale de Coupe Davis contre l’Italie, à Gênes ( 6- 8 avril), et une longue ligne droite vers Roland- Garros. Les deux sur terre battue. De quoi envisager une impasse totale sur l’interminab­le tournée américaine ? L’option n’a jamais été évoquée. « Vu que je me sens compétitif, c’est important de jouer, coupe Gasquet. De toute façon, si je ne m’étais pas senti prêt, je n’aurais pris aucun risque, même pour la Coupe Davis. Mais il n’y a aucune raison pour ne pas jouer ici. »

Tulasne abonde, en pointant une valeur ajoutée. « Je suis persuadé que Richard fait partie des joueurs qui peuvent bien jouer, tout de suite, conclut- il. Contrairem­ent à ce qu’il croit, il n’a pas besoin d’accumuler les matches pour se sentir bien. Ça lui donne beaucoup de confiance de s’entraîner dur. C’est vraiment mon leitmotiv avec lui. En plus, je pense que les conditions de jeu ici lui sont favorables. Il y a du vent et ça rebondit beaucoup. Quand les conditions sont difficiles, contrairem­ent à d’autres, lui parvient à s’adapter. Son niveau de jeu sera là. »

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Richard Gasquet n'a plus gagné un match depuis le 10 février, mais il a pu s'offrir deux grosses semaines de préparatio­n.

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