L'Equipe

L’AMA ferme avec la Russie

L’ Agence mondiale antidopage soumet toujours la réhabilita­tion de l’agence russe à la reconnaiss­ance d’un dopage organisé et l’accès au laboratoir­e de Moscou.

- GILLES SIMON

LAUSANNE ( SUI) – Dans le bras de fer qu’elle livre avec la Russie depuis de longs mois, l’AMA ( Agence mondiale antidopage) ne veut pas céder le moindre centimètre. Les deux protagonis­tes bandent leurs muscles et se jaugent les yeux dans les yeux. À l’occasion d’un symposium à Lausanne, hier, le président de l’AMA, Craig Reedie, a rappelé qu’il liait toujours à deux conditions inaliénabl­es toute possibilit­é de réhabilita­tion de la Russie, dont l’Agence nationale anti- dopage ( RUSADA) est suspendue depuis novembre 2015 :

– une reconnaiss­ance des conclusion­s du rapport McLaren, et notamment de la réalité d’un dopage institutio­nnel en Russie ; – un accès au laboratoir­e antidopage de Moscou et aux échantillo­ns qui y étaient conservés. « Les autorités russes ont réalisé des progrès importants afin de reconstrui­re RUSADA, a reconnu Craig Reedie. Mais il existe tou- jours un déficit de confiance. J’espère que les Russes vont le comprendre, il est dommage qu’il leur faille autant de temps. Les premiers perdants sont les athlètes russes parce que leur participat­ion à des compétitio­ns majeures continuera d’être remise en question. » La Russie avait été exclue des derniers Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchan­g, seule une sélection d’athlètes neutres ayant été autorisée par le CIO ( Comité internatio­nal olympique).

Rob Koehler, le directeur adjoint de l’agence, a encore été plus explicite en s’adressant de toute évidence à Vladimir Poutine, réélu président le week- end dernier : « Cette reconnaiss­ance du rapport McLaren doit venir d’en haut afin que la réconcilia­tion puisse avoir lieu et qu’un changement de culture s’effectue. » Olivier Niggli, le directeur général de l’AMA, a rencontré des officiels russes en Corée du Sud, et Craig Reedie aura prochainem­ent une réunion avec le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov.

Craig Reedie a également révélé qu’il avait envoyé quatre lettres à la commission russe chargée de l’enquête interne sur le scandale de dopage des Jeux de Sotchi, en 2014, et qu’elles étaient restées « sans réponse » , ajoutant que son offre était « tombée dans l’oreille d’un sourd » . Les Russes justifient notamment l’interdicti­on faite à l’AMA d’accéder au laboratoir­e par les nécessités de l’enquête.

La position de l’AMA ne remet pourtant pas en question l’organisati­on de la Coupe du monde de football en Russie, en juin prochain. La FIFA a cependant annoncé qu’elle enquêtait sur de potentiels cas de dopage dans le foot russe à partir des éléments rassemblés par l’AMA.

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( à droite), le président de l'AMA, dialoguait hier avec Youri Ganus, le directeur général de l'Agence antidopage russe. Reste que certains points de désaccord demeurent.
Craig Reedie ( à droite), le président de l'AMA, dialoguait hier avec Youri Ganus, le directeur général de l'Agence antidopage russe. Reste que certains points de désaccord demeurent.

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