L'Equipe

PASCAL DUPRAZ

L’ex- entraîneur de Toulouse rejoint le groupe TF1 pour le Mondial. Lundi, le Savoyard commentera Portugal - Pays- Bas, sur TFX.

- SACHA NOKOVITCH

« Vivre une Coupe du monde, même derrière un micro, cela fait- il rêver ?

Il faut être réaliste, jusqu’à preuve du contraire, je ne suis pas sélectionn­eur, donc je n’ai aujourd’hui aucune chance d’être acteur d’un Mondial sur le terrain. Mais je ne suis pas consultant par défaut, c’est surtout que ça me plaît. J’avais vécu une belle expérience sur une chaîne cryptée concurrent­e ( Canal +) mais participer à la Coupe du monde sur deux chaînes importante­s comme TF 1 et LCI, cela me ravit.

Vous avez analysé la L 1 sur Canal, vous êtes entraîneur de club, cela va vous demander plus de travail sur les sélections ?

Je m’engage parce que j’ai cette capacité à savoir de quoi je parle. Pour intervenir quotidienn­ement sur des chaînes, je vais bosser en amont… J’ai côtoyé les journalist­es sportifs par le passé et je peux dire qu’ils travaillen­t vraiment beaucoup ! Je suis moins dithyrambi­que concernant les consultant­s, il y a ceux qui bossent et ceux qui ne foutent rien. Certains ne regardent pas de matches et commentent malgré tout, cela me gêne un peu. Je ne ferai pas partie de ceux- là ! Cela saute aux yeux parfois… C’est peutêtre inversemen­t proportion­nel à leur notoriété.

On vous a déjà vu faire une apparition dans « la Quotidienn­e de Téléfoot » , la pastille décalée de TF1. L’humour fait partie de votre palette ?

Oui, j’aime ça. Je passe pour quelqu’un d’austère, on me reproche d’être un père Fouettard, alors que je suis tout l’inverse. J’aime pratiquer l’humour, à partir du moment où c’est bien dosé, sans tomber dans la caricature. Je suis là pour être sérieux dans mon métier mais aussi pour m’éclater. Le foot, c’est aussi de l’amusement, on le perd parfois un peu de vue.

En tant que coach, vos relations avec les médias sont pourtant parfois un peu tendues, notamment avec Christophe Dugarry. Est- ce un jeu ou un vrai différend ?

Je n’attaque jamais de front, je ne fais que répondre. Si vous reprenez nos échanges avec Dugarry, la première banderille, c’est lui qui la lance. Il considérai­t que j’avais le cigare, que je prenais la place des joueurs parce que je leur demandais de faire un tour d’honneur après chaque match. Je le faisais juste pour montrer l’exemple. Lorsque je reçois une méchanceté gratuite, je réponds par une méchanceté gratuite.

“Entraîneur, l’un des rares métiers , , où on peut tout dire de vous sans vous connaître

Lorsque vous enfilez le costume de consultant, ce genre d’échanges vous pousse- t- il à ménager vos propos ?

Bien sûr. En tout cas, je m’interdirai d’enfoncer un sélectionn­eur ou un joueur gratuiteme­nt. Je sais combien le job est difficile. Pour les entraîneur­s, c’est l’un des rares métiers où on peut tout dire de vous sans vous connaître. Je préfère chercher le pourquoi du comment.

Avec Hervé Renard, le sélectionn­eur du Maroc, aurez- vous aussi le recul nécessaire ?

On est devenus les meilleurs amis du monde, on communique par WhatsApp. Le différend était dû à un événement ponctuel, celui du maintien ( en 2014, Sochaux, entraîné par Renard, luttait avec Évian- Thonon- Gaillard, de Dupraz, pour rester en L 1). J’admire ce qu’il réalise en sélection et j’admirais ce qu’il faisait en club… On voit qu’il n’y a pas que lui qui n’a pas réussi à Lille.

TF 1 vous draguait depuis plusieurs mois pour ce poste. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour répondre favorablem­ent ? Vous attendiez un club ?

Non, c’était clair pour moi. J’ai eu quelques touches avec des clubs à la lutte pour le maintien mais je ne me vois pas trahir le Téfécé. Cette saison, je ne peux qu’en être le supporter et, dès l’année prochaine, si par bonheur j’évolue en France, je serai concurrent.

Les médias, c’était donc naturel ?

Oui et j’ai reçu beaucoup d’appels de différente­s chaînes. J’ai choisi TF 1 mais je remercie les autres. Demain, cela pourrait être différent. Le coeur de mon métier, c’est d’entraîner. Je n’ai pas abandonné cette idée. J’ai un deal avec TF 1… C’est acté, ma mission s’interrompr­ait si je signais avec un club et si celui- ci refusait que je me rende sur les plateaux de télé. »

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