Ney­mar, sui­vez la flèche

Mo­na­co 21 h Pa­ris- SG

L'Equipe - - LA UNE - JO­SÉ BARROSO

En­traî­ner une équipe comme le PSG, c’est faire de la tac­tique, du phy­sique… et par­fois de la po­li­tique avec ses joueurs. Pen­dant une bonne par­tie de la confé­rence de presse de Tho­mas Tu­chel, hier, il a été ques­tion de son 4- 4- 2, un su­jet qui l’avait aga­cé di­manche à l’is­sue du 3- 3 concé­dé face à Mo­na­co et qui se­ra en­core scru­té de près pour le match « re­vanche » , ce soir en Prin­ci­pau­té. L’en­traî­neur pa­ri­sien a ré­pé­té ce qu’il dit de­puis des jours en in­terne : les ob­ser­va­teurs ac­cordent bien trop d’im­por­tance à son sys­tème de jeu, au dé­tri­ment des at­ti­tudes. « La ques­tion n’est pas dans quelle struc­ture on joue mais comment on le fait » , a- t- il lâ­ché, dé­fi­ni­tif.

Son choix tac­tique est tou­te­fois loin d’être anec­do­tique, et il est au car­re­four de plu­sieurs en­jeux. Le pre­mier, es­sen­tiel, est pu­re­ment spor­tif et a trait à la ri­chesse et à la co­hé­sion entre ses quatre élé­ments of­fen­sifs. Entre Ney­mar et Ky­lian Mbap­pé, le fee­ling tech­nique re­lève de l’évi­dence. Mau­ro Icar­di, lui, s’est ren­du in­dis­pen­sable en moins de deux par son réa­lisme et son sens tac­tique.

Hier, Tu­chel a loué son en­tente avec le cham­pion du monde de Bon­dy : « C’est une bonne com­bi­nai­son. Ils aiment jouer en­semble et c’est bien d’avoir tou­jours deux joueurs dans la der­nière ligne. » Le der­nier lar­ron, An­gel Di Ma­ria, s o r t t o u t s i m p l e m e n t d e l a meilleure pé­riode de sa car­rière et son coach en est dingue. « Il crée beau­coup de si­tua­tions dé­ci­sives, beau­coup de passes avant les passes dé­ci­sives, ap­pré­cie ce der­nier. Il est fiable, très com­pé­ti­tif avec une su­per men­ta­li­té. Je l’adore. »

“C’est né­ces­saire aus­si , , d’équi­li­brer l’équipe dans le ves­tiaire THO­MAS TU­CHEL, L’EN­TRAέNEUR DU PSG

Si le tech­ni­cien al­le­mand n’aime pas la dé­no­mi­na­tion des « Quatre Fan­tas­tiques » pour dé­si­gner le qua­tuor, le so­bri­quet ré­sume pour­tant bien leur poids et leur sta­tut. Le choix d’évo­luer avec quatre élé­ments of­fen­sifs tra­duit le dés­équi­libre d’un ef­fec­tif où le ta­lent brut penche vers l’avant. Avant de bas­cu­ler il y a un mois, Tu­chel a pris en consi­dé­ra­tion de nom­breux pa­ra­mètres. La fai­blesse de l’ ani­ma­tion de son équipe pen­dant des mois en est un. Le ré­ta­blis­se­ment puis la mon­tée en puis­sance phy­sique de sa ligne d’avants, lon­gue­ment am­pu­tée entre sep­tembre et no­vembre ( Mbap­pé puis Ney­mar bles­sés plu­sieurs se­maines cha­cun), en sont un autre.

L’at­ti­tude de ses stars, aus­si, a pe­sé. La dé­ci­sion de mettre Ney­mar sur le banc à Ma­drid face au Real ( 2- 2, le 26 no­vembre), car il n’ avait pas les jambes pour l’in­ten­si­té d’une telle af­fiche, a fait ja­ser en in­terne. Tout comme l’avaient été les pro­pos de Mbap­pé à l’is­sue du match à Bruges, où il était sor­ti du banc pour mettre un tri­plé et les pen­dules à l’heure ( 5- 0, le 22 oc­tobre) : « Je vou­lais prou­ver qu’on ne pou­vait pas se pas­ser de moi. »

Po­ten­tiel­le­ment as­sis sur une pou­drière, Tu­chel a, en fait, op­té pour la so­lu­tion la moins ris­quée. Il l’a re­con­nu avec une fran­chise as­sez dé­sar­mante hier : « C’est né­ces­saire aus­si d’équi­li­brer l’ équipe dans le ves­tiaire, a-t-il ob­ser­vé. On peut le dire hon­nê­te­ment, si on joue tou­jours en 4- 3- 3, on a trois joueurs ( Mbap­pé, Icar­di et Ca­va­ni) pour un seul poste de 9. Est- ce que c’est la meilleure chose? Je ne sais pas. C’est tou­jours né­ces­saire de s’adap­ter à la si­tua­tion. » Lui l’a fait. Car le choix du 4- 4- 2 est d’abord le sien. Dé­but dé­cembre, lors d’ une réunion avec ses joueurs, il leur a de­man­dé s’ils étaient prêts à faire les ef­forts dé­fen­sifs exi­gés par un sys­tème à quatre at­ta­quants ( voir L’Équipe du 11 jan­vier). La ré­ponse fut po­si­tive et, de­puis, Pa­ris joue dans ce sché­ma. Mais Tu­chel avait pré­pa­ré le ter­rain en amont.

Pen­dant les se­maines qui ont pré­cé­dé cette réunion, il a ef­fec­tué un tra­vail de sape pour sen­si­bi­li­ser ses joueurs à ces ef­forts col­lec­tifs de re­pli, pre­nant en exemple les autres grandes équipes eu­ro­péennes. In­ca­pable de se ré­soudre à se pas­ser d’une de ses quatre étoiles, dé­sor­mais toutes sorties de l’ i nfir­me­rie – seul Ca­va­ni se­ra sa­cri­fié, sans scru­pule –, il voyait dans ce sys­tème la moins mau­vaise so­lu­tion pour s’as­su­rer la paix so­ciale. Bien conscient que, de toute fa­çon, son main­tien ou non dans la du­rée se­ra dic­té par les ré­sul­tats, à com­men­cer par ce se­cond test face à l’AS Mo­na­co .

(*) En match en re­tard de la 15e jour­née de L1, pré­vu le 1er dé­cembre mais re­por­té en rai­son des in­tem­pé­ries.

Au cô­té d’Idris­sa Gueye, Ney­mar, Mau­ro Icar­di, Ky­lian Mbap­pé et An­gel Di Ma­ria contre SaintÉ­tienne ( 6- 1) en Coupe de la Ligue, mer­cre­di der­nier.

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