L'Equipe

Saliba, contrôlé à distance

L’ASSE enregistre le retour du défenseur, vendu cet été à Arsenal avant d’être prêté dans la foulée. Depuis, le prodige joue sous haute surveillan­ce.

- BERNARD LIONS

SAINT- ÉTIENNE – De Monaco à Monaco, William Saliba ( 18 ans) traverse un nouveau trou noir dans sa carrière naissante. Il s’étire depuis quatre- vingt- six jours et sa fissure du cinquième métatarse, survenue lors d’un coup reçu au cours du match aller face au club de la Principaut­é ( 1- 0, le 3 novembre). Le défenseur central prodige de Saint- Étienne avait déjà manqué cent vingt- neuf jours, du 19 mai au 25 septembre 2019. Une période rallongée à cause d’une opération pour une pubalgie, mi- août. Mais aussi, sur injonction d’Arsenal.

Si le club anglais a accepté de le laisser en prêt dans son club formateur cette saison, il a obtenu de veiller de près sur son investisse­ment de cinq ans et 30 M€. U n m o i s a p rè s s o n opération des adducteurs, le numéro 4 des

Verts s’était ainsi rendu dans le nord de Londres enfiler le numéro 17 des Gunners et parfaire sa réathlétis­ation dans leur centre d’entraîneme­nt.

Toujours selon le protocole mis en place par les deux clubs lors de sa vente, le 25 juillet, Ghislain Printant, alors entraîneur de l’ASSE, n’avait ensuite eu le droit de le faire rejouer que pour un court laps de temps. Malgré l’urgence de sa situation, le prédécesse­ur de Claude Puel sur le banc ne l’avait fait rentrer que dans les dernières minutes, à Nîmes ( 1- 0, le 29 septembre). Avec Saliba sur le terrain, les Verts n’avaient ensuite plus perdu ( 4 victoires et 3 nuls, toutes compétitio­ns confondues). Jusqu’à sa blessure au pied, donc.

Les Gunners voulaient qu’il se fasse opérer

Cette fois- ci, il n’a pas subi d’interventi­on. Étant donné qu’il s’agissait d’une fissure de fatigue, pas d’une fracture, le Dr Bertrand Sonnery- Cottet, que le joueur est allé consulter à Lyon, a estimé qu’elle n’était pas nécessaire. Le staff médical d’Arsenal n’aurait pas partagé le diagnostic de ce chirurgien orthopédis­te français pourtant réputé. Les Anglais auraient préféré que leur futur joueur se fasse opérer tout de suite. Conforté par l’expertise de Tarak Bouzaabia, le médecin des Verts depuis treize ans, Saliba, seul maître de la décision finale, s’est rangé derrière l’avis des spécialist­es français.

Déjà 25 matches ratés

Mais une fois encore, il tarde à renouer avec la compétitio­n. L’internatio­nal français des moins de 19 ans refoule pourtant les pelouses d’entraîneme­nt de l’Étrat depuis le 19 décembre. Puel souhaitait le relancer dès le 16e de finale de Coupe de France contre le Paris FC ( L2, 3- 2, le 18 janvier). Il ne l’a finalement pas fait. Parce que, toujours en applicatio­n de l’accord passé entre les deux clubs, Saliba avait dû retourner à Londres dans la semaine. Arsenal voulait lui faire passer de nouveaux examens cliniques et tests physiques.

Le joueur est rentré à Paris le vendredi soir et Puel n’a pas pris le risque de le faire jouer fatigué et convalesce­nt, le samedi après- midi. Bien que présent à Charléty, son nom n’apparaissa­it même pas sur la feuille de match. Après avoir déjà raté 25 matches, Saliba y figurera, ce soir. Avec l’espoir que cela soit, enfin, sur la durée, avant de partir pour de bon à Londres, cet été.

 ??  ??

Newspapers in French

Newspapers from France