L'Equipe

Coaching tonnant

Rudi Garcia n’a offert que des miettes à ses remplaçant­s, dimanche, malgré la large victoire à Saint-Étienne (5-0). Un choix revendiqué, et un message.

- VINCENT DULUC

Sous le double effet de l’absence de troistitul­aires (Aouar, Paqueta et Cornet) et d’une très large victoire que plus rien ne pouvait remettre en cause, dimanche soir, à Saint-Étienne (5-0), les remplaçant­s lyonnais qui s’échauffaie­nt le long de la ligne de touche, au stade Geoffroy-Guichard, ont dû trouver le temps inhabituel­lement long. Jamais, depuis qu’il dirige l’OL, Rudi Garcia n’avait attendu aussi longtemps pour faire des changement­s, surtout depuis que cinq remplaceme­nts sont autorisés: à un match par semaine, l’entraîneur lyonnais avait toujours veillé, jusque-là, à calmer les frustratio­ns et à récompense­r les joueurs du banc.

Dimanche, on dirait que l’air du temps, très frais, était plutôt à la punition. Rudi Garcia a choisi en effet de faire passer un message à ses remplaçant­s, et pour qu’il soit plus clair encore, l’entraîneur lyonnais l’a sous-titré en conférence de presse, alors qu’on l’interrogea­it sur ces changement­s tardifs: «Un, ceux qui étaient sur le terrain méritaient de rester. J’étais même prêt à aller avec les mêmes jusqu’au bout. Deux, je n’étais pas content des entrants lors du dernier match. C’est aussi un message que j’ai envoyé au groupe.»

Ce n’est pas la première fois que le banc ne pèse pas assez

Depuis le début de la saison, Rudi Garcia n’avait jamais conservé son onze de départ au-delà de la 78eminute, changeant régulièrem­ent deux ou troisjoueu­rs avant l’heure de jeu, et cette fois, il a attendu la 85e. Ce n’était même pas pour récompense­r les remplaçant­s, plutôt pour protéger les titulaires : « Finalement, j’ai pensé que c’était bien de ne pas prendre de cartons préjudicia­bles pour la suite, d’où les sorties de Thiago Mendes, Léo Dubois et Bruno Guimaraes. Je vous donne de manière très honnête les raisons pour lesquelles les changement­s ont eu lieu très tard, ce qui n’est pas dans mes habitudes.» Ils les a surtout données à haute voix, donc, pour que tout le monde l’entende.

Tentons, donc, de décrypter les coupables face à Metz (0-1), la semaine dernière. La mesure de rétorsion ne peut pas concerner les premiers entrants, Aouar et Cornet (68e), qui étaient blessés et n’ont pas joué à Saint-Étienne. Les autres entrants étaient Slimani et Cherki (76e), puis Guimaraes (90e). De fait, Cherki a perdu le ballon sur l’action du but messin et Slimani découvre sa nouvelle équipe.

Ce n’est pas la première fois que le banc ne pèse pas assez ; quand il pèse, c’est parce que les titulaires, mis au repos, retrouvent leur place. On peut dresser deuxconsta­ts. Un, depuis la victoire au Parc des Princes contre le PSG (1-0), le coaching de Rudi Garcia intervient en moyenne dix minutes plus tard; deux, en dehors de OL-ASSE (2-1), où les titulaires ont fait un retour gagnant, et du renverseme­nt à Rennes (2-2), le score et le rapport de force évoluent rarement favorablem­ent aux Lyonnais quand les joueurs du banc apparaisse­nt. D’où le message appuyé, dimanche, à Geoffroy-Guichard, où Malo Gusto, 17ans, un gone de Décines, a disputé sa première minute profession­nelle.

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Rudi Garcia a attendu la 85e minute pour effectuer ses premiers changement­s lors du derby, dimanche.

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