L'Equipe

Cette fois, un mois a suffi

Habitué aux longues pauses en quittant ses clubs, Thomas Tuchel a déjà replongé, après un divorce avec le Paris-SG qui l’avait laissé K.-O.

- DAVID FIOUX (avec D. D.)

Ce ne fut donc qu’un mois sabbatique. Remercié par le Paris-SG à l’avant-veille de Noël, Thomas Tuchel ne s’est pas lancé dans ce qui était devenu son rituel en quittant un club : couper les ponts avec le terrain pendant une année entière. L’entraîneur allemand l’avait fait en 2014, après sa propre décision de rompre avec Mayence, puis en 2017, après son limogeage de Dortmund. De longues pauses qu’il avait savourées : il y avait trouvé l’énergie pour se lancer dans un nouveau cycle ainsi que l’occasion de nouer des contacts fondateurs, comme au Qatar à travers Aspire Academy.

Cette fois, Tuchel n’aura pas eu le temps de faire grand-chose de son temps libre. La pandémie lui a laissé peu d’opportunit­és d’assouvir sa passion des voyages, ce qui de toute façon ne figurait pas à son programme dans l’immédiat. L’Allemand voulait d’abord reprendre ses esprits en famille, après un renvoi du PSG qui a eu l’effet d’un uppercut. Lui et son staff savaient que leur avenir dans la capitale ne s’étendrait pas au-delà de l’été 2021, mais ils ont eu le souffle coupé en apprenant de la bouche de Leonardo, dans la foulée d’une large victoire sur Strasbourg (4-0, en Ligue 1, le 23 décembre), qu’ils ne passeraien­t même pas l’hiver.

« Après avoir dû affronter les difficulté­s considérab­les de 2020, cette décision a été pour nous incompréhe­nsible » , a confié Zsolt Löw, l’adjoint hongrois, au quotidien Nemzeti Sport.

Après avoir rassemblé ses affaires dans la nuit au Camp des Loges, Tuchel avait donc rejoint Munich, où il possède une résidence, avec l’intention de se mettre au repos.Et de ne pas revenir en France de sitôt. Pendant la courte trêve hivernale, Philipp Schelb, l’un de ses proches collaborat­eurs et jusque-là staff manager du PSG, est d’ailleurs repassé pour lui au centre d’entraîneme­nt afin de récupérer sa voiture.

L’option de la sélection

De sa Bavière natale, Tuchel a pu suivre de loin les débats sur son avenir, qui portaient déjà sur une place bientôt libre en Angleterre mais aussi sur le poste de sélectionn­eur de l’Allemagne, en cas de départ de Joachim Löw au lendemain de l’Euro 2021.

Et puis, quand Chelsea a frappé à sa porte, l’ex-coach du PSG s’est finalement dit qu’il ne gagnerait rien à attendre : il se sent d’attaque, n’a pas à apprendre une nouvelle langue puisqu’il maîtrise parfaiteme­nt l’anglais, et dispose déjà de sérieux relais à l’intérieur du club, grâce au contingent de joueurs allemands ou passés en Bundesliga (Werner, Havertz, Rüdiger, Pulisic).

Sur la toute fin de son aventure à Paris, dans une interview explosive pour une chaîne allemande qui avait contribué à faire pencher la balance vers son départ, Tuchel avait regretté la dimension politique du poste d’entraîneur du PSG, se demandant s’il avait vraiment envie « d’aller plus haut » . En s’engageant avec Chelsea, dont il va devenir le 15e coach en dix-huit ans, il a pourtant choisi de ne pas changer de monde.

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