L'Equipe

Droits télé : Canal attaque

Le diffuseur «historique» de la L1 a saisi la justice pour contester l’appel d’offres lancé par la LFP. Une audience a été fixée le 19 février.

- ÉTIENNE MOATTI et ARNAUD HERMANT

Une attaque en justice pour contester l’appel d’offres lancé, mardi dernier, par la LFP, était dans l’air, comme l’avait évoqué

Le Figaro. Elle est désormais effective. Comme l’a révélé le site L’Equipe, la Ligue a reçu, hier après-midi, une assignatio­n «à

bref délai» de Canal+ devant le tribunal de commerce de Paris. Le groupe présidé par Maxime Saada conteste le choix de la LFP de remettre en vente uniquement les lots lâchés par Me dia pro (80% de la L 1 et de la L 2 pour un total de 830 millions d’euros annuels entre 2020 et 2024). Et pas celui qui lui permet de diffuser deux matches par journée de L1 (332 millions d’euros par an jusqu’en 2024), acquis par beIN Sports qui lui sous-licencie.

Le tribunal de commerce de Paris a fixé une audience le 19 février pour traiter le dossier. À cette date, la consultati­on de la LFP aura déjà donné son verdict puisque les diffuseurs intéressés

par les droits de la Ligue1 et de la Ligue 2 doivent rendre leurs réponses le 1e r février (voir par ailleurs).

Même s’il poursuit la LFP devant le tribunal de commerce de Paris, le groupe Canal+ peut parfaiteme­nt participer à l’appel d’offres. En cas de victoire, et si la situation lui convient, il se désistera alors de sa plainte. Mais s’il échoue lors de la consultati­on, il tentera d’en faire annuler les résultats par la justice. Et quoi qu’il en soit, en saisissant le tribunal pour contester la validité de l’appel d’offres, il espère créer un climat défavorabl­e à l’arrivée de nouveaux entrants.

beIN Sports a choisi de ne pas s’associer à la plainte

Reste que Canal+ n’est pas parvenu à convaincre beIN Sports de s’associer à cette plainte. Elle aurait eu plus de poids, car c’est bien le diffuseur d’origine qatarienne qui a été attributai­re du lot 3, en mai 2018 (pour la période 2020-2024), avant de le sous-licencier à Canal+. Si quelqu’un doit le remettre en cause, c’est donc surtout lui…

Mais les dirigeants de beIN Sports se sont laissés convaincre par Vincent Labrune, le président de la LFP, et ses équipes, de ne pas rendre leur lot. Président du PSG et de beIN Media Group, la maison-mère de beIN Sports, Nasser al-Khelaïfi est pris entre deux feux. Pour l’heure, il a choisi de faire preuve de solidarité avec le football français en ne suivant pas Canal + dans sa démarche procéduriè­re. Un soulagemen­t pour la LFP qui s’accroche aux droits qui n’ont pas été emportés par la tempête Mediapro (les 332M€ de beIN Sports rétrocédés à la chaîne cryptée et les 42M€ de Free pour des résumés de matches en quasi-direct sur les mobiles).

Reste maintenant à savoir ce qu’il va advenir de la prochaine traite due, le 5 février, par l’entité beIN Sports-Canal+. C’est beIN Sports qui paye la LFP, mais après avoir encaissé le même montant réglé par Canal+.

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Canal+ a décidé de contester l’appel d’offres lancé par la LFP.

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