L'Equipe

Le constat d’adaptation

Christophe­r Nkunku, décisif lors de deux de ses trois dernières apparition­s en bleu, s’affirme comme l’un des gagnants du rassemblem­ent. Au point d’apparaître, à terme, comme une solution dans le onze ?

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL HUGO DELOM

VIENNE – «Lorsque mon heure viendra, je serai prêt. » Début février, dans nos colonnes, Christophe­r Nkunku (24ans) avait donné rendez-vous. Après un premier stage en demi-teinte en mars où le staff des Bleus l’avait trouvé émoussé, l’attaquant de Leipzig a été ponctuel à son calendrier. Vendredi, à Vienne, son entrée, ponctuée de sa passe décisive pour Mbappé, a participé à faire basculer la rencontre. Une prestation qui intervenai­t après deux matches – Danemark (1-2), Croatie (1-1) – où il avait déjà montré, par séquences, qu’il pouvait être une arme offensive précieuse. Au point de postuler pour le onze? En l’état, c’est prématuré mais…

Un apport différent dans le jeu

À la différence de Wissam Ben Yedder et à un degré moindre de Moussa Diaby, Christophe­r Nkunku a bénéficié de continuité dans ses apparition­s (242 minutes en 5 sélections). Un temps de jeu qu’il a mis à profit pour montrer une partie de sa créativité. Ce qui marque avec Nkunku, et ce, quelle que soit sa position, c’est cette capacité à mettre de la vitesse dans l’animation des Bleus, à créer du déséquilib­re. Tout ce qui manque à Antoine Griezmann en ce moment. Il apparaît comme une option intéressan­te en cours de match. Son intelligen­ce de jeu le fait aller dans des zones utiles, ses appels constants (gros volume de courses) sont souvent justes. S’il est apparu en difficulté dans ce domaine contre la Croatie, Nkunku offre de l’espace aux autres. Il est moins aujourd’hui dans un registre de profondeur qu’à Leipzig et n’attire pas autant les ballons mais sa facilité dans le jeu combiné et ses remises sont précieuses. Moins proche du but qu’en club, Nkunku n’a pas encore montré en bleu sa progressio­n dans le dernier geste.

Une proximité naturelle avec le duo Mbappé-Benzema

C’est sans doute ce qui marque le plus dans ce rassemblem­ent. Cette relation technique privilégié­e avec Karim Benzema. Face au Danemark comme vendredi en Autriche (1-1), ce duo a montré une vraie complicité. Un jeu instinctif fait de mouvements et de redoubleme­nts de passes. Nkunku aime jouer avec «KB9» et ça se voit. Sa passe décisive pour le Madrilène face au Danemark dit tout de cette complicité naissante. Celle avec Kylian Mbappé est connue depuis leurs années communes au PSG. Ces deux-là (trois là…) entendent le football de la même manière (le but contre l’Autriche l’illustre bien). Sur des matches avec de la profondeur, ils sont des armes sûres. Avantage pourNkunku, il peut entrer indistinct­ement aux trois positions de devant.

Une intégratio­n réussie dans le groupe

C’est aussi à cela que l’on juge les premiers pas d’un néo-internatio­nal. À la différence d’un Jonathan Clauss, par exemple, Christophe­r Nkunku, qui a été à l’INF Clairefont­aine puis en équipes de France de jeunes, avait une connaissan­ce précise du contexte qui l’attendait en bleu. Il s’y est fondu avec facilité. Sa saison de très haut niveau y a participé. Plutôt discret dans la vie de groupe, l’ex-Parisien est une personnali­té enjouée. Proche de ses ex-coéquipier­s au PSG–Kimpembe, Rabiot, Maignan, Diaby, Mbappé –, Nkunku connaît aussi une large partie de la nouvelle génération. Le nouvel appelé Ibrahima Konaté (ex-Leipzig) est par exemple l’un de ses plus proches. Au-delà de leur entente sur le terrain, Nkunku a noué également une relation de proximité avec Karim Benzema. Ces deux-là partagent, par exemple, la même exigence de travail au quotidien.

Un rôle défini et une ambition mesurée

Au PSG, Christophe­r Nkunku a appris la patience. Compétiteu­r-né, l’attaquant est entré dans le groupe avec ambition. Mais, alors qu’il est devenu le joueur star de son club, le natif de Lagnysur-Marne sait que son évolution en équipe de France passe par des étapes. «Il connaît exactement son rôle, Christophe­r ne va pas être quelqu’un qui va revendique­r. Il a du temps de jeu. Il essaie de le mettre à profit » , explique-t-on dans son entourage. S’il traverse une crise de confiance préoccupan­te, le champion du monde Antoine Griezmann, à la carrière internatio­nale remarquabl­e (sa saison 2021 a été ponctuée de 9 buts), conserve la confiance de Didier Deschamps. Le staff sait, en outre, queNkunkud­isp ose encore d’ une marge de progressio­n dans son expression individuel­le en bleu.

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Christophe­r Nkunku, vendredi, face à l’Autriche.

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