L'Equipe

C’est qui le patron?

Quand Antoine Dupont évolue à ce niveau, Toulouse est injouable. Le capitaine des Bleus a dynamité la défense rochelaise.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PATRICK SOWDEN

Dupont............... 8

TOULOUSE – Mais quel poison! Quel emmerdeur! Les Rochelais se le sont forcément dit tant Antoine Dupont leur a pourri la vie. Les Maritimes avaient rêvé d’une grosse entame de match mais c’est lui qui, d’entrée, a décidé du tempo, lui qui a imprimé le rythme, rapide, très rapide, de la vitesse, toujours plus de vitesse, pour déstabilis­er le bloc d’en face.

Non seulement il l’a déstabilis­é mais il l’a dynamité. En un quart d’heure, c’était plié ou presque, car les Rochelais ne se sont jamais relevés de leur entame et des deux coups de poignard du capitaine toulousain. Le premier, c’est un remake. L’action ressemble comme deux gouttes d’eau à l’essai de Matthis Lebel servi par Peato Mauvaka lors de la victoire face au Munster en quarts de la Coupe d’Europe.

Quatre essais en quatre matches

Même passe en aveugle vers l’intérieur du talonneur toulousain, cette fois pour Dupont, qui a légèrement décroché et arrive lancé pour filer vers l’en-but en s’aidant d’un petit coup de pied pour luimême. «Je ne le vois pas mais je

l’entends» , sourit Mauvaka. Rattrapé, Dupont libère pour Pierre Fouyssac, qui aplatit (8e).

Cinq minutes plus tard, il remet ça, servi par Rory Arnold, dont le déboulé a déchiré le rideau rochelais. Il donne le tournis à Ihaia West, jouant de ses appuis, avant d’aller aplatir en coin. Son quatrième essai lors de ses quatre derniers matches, c’est dire si l’internatio­nal termine fort la saison.

« Je pense qu’on avait un avantage fraîcheur par rapport aux Rochelais, qui ont disputé un match de très haut niveau et fêté ça ( la finale de la Coupe d’Europe, gagnée face au Leinster), a reconnu Dupont au micro de Canal +. Nous, on était concentrés sur ce barrage depuis plusieurs semaines, on était déterminés pour aller jusqu’au bout, du moins jusqu’à Nice ( où se disputent les demi-finales du Top 14). »

Non mais c’est qui le patron? Ces derniers temps, il s’était effacé pour laisser la lumière aux Rochelais champions d’Europe. Normal. Mais Antoine Dupont est vite revenu sur le devant de la scène. Et quel meilleur moment que face aux Maritimes, à l’occasion d’un barrage dont on disait qu’il était une finale avant la lettre.

Alors, il a pris les choses en main en jouant vite les pénalités, cherchant à mettre systématiq­uement le bordel dans une défense rochelaise bousculée, qui mettait beaucoup de temps à se réorganise­r en reculant. Avec 77 mètres parcourus (meilleur total) et dix courses avec ballon, il n’a cessé de repousser les Maritimes.

« On s’est tous rendu compte que quand on monte en défense, on se facilite grandement les choses, a expliqué le capitaine des Bleus. On a pu avoir des ballons de turnover et on n’a pas été trop inquiétés en début de match, ce qui nous a mis en confiance. » Jamais Toulouse n’aura laissé La Rochelle espérer. La faute à des Toulousain­s très compliqués à jouer quand leur boss est à un tel niveau. C’est ce que pensait Ronan O’Gara, le manager de La Rochelle, en parlant de ce «magnifique 9 qui était au-dessus de tous les autres joueurs sur le terrain»

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