L'Equipe

AuA bal des inconstant­s

Bordeaux-Bègles et le Racing 92, dont la saison n’a pas été un long fleuve tranquille, abordent ce barrage desd « outsiders » sans grandes certitudes.

- MAXIME RAULIN

Le barrage d’hier soir entre Toulouse et La Rochelle, opposant les deux derniers champions d’Europe, a été étiqueté à raison de «finale avant l’heure». Celui de ce soir entre l’Union Bordeaux-Bègles et le Racing 92 oppose deux formations moins étoilées, moins maîtresses de leur rugby aussi, mais qui sont, de l’aveu de Christophe Urios, «capables de tout» . «Ils sont comme nous, ils sont un peu imprévisib­les, à travers leur saison et leur jeu» , a développé le manager de l’UBB à l’évocation des Racingmen.

On voit bien où il veut en venir.Sa formation n’aurait jamais dû se retrouver en barrages. Ce soir, les Bordelais auraient dû être bien calés dans leur canapé, leur billet pour les demi-finales à Nice en poche. Leader quasi intouchabl­e à la mi-saison, Bordeaux-Bègles a déraillé lors de la phase retour. Trois mois pathétique­s entre février et avril où les défaites se sont enchaînées (seulement 2 victoires en 10 matches). Jusqu’à cette rechute à Perpignan (22-15), le week-end dernier, synonyme d’éjection du top 2, l’objectif clairement affiché.

Du côté du Racing, pas de quoi fanfaronne­r non plus. Des hauts (6 victoires d’affilée en janvier-février), des bas (4 défaites de rang en novembre-décembre) avant ce vrai-faux huitième de finale face à Toulon (21-16), le week-end dernier. Pendant près d’une heure, le trouillomè­tre à zéro, le Racing a flirté avec une non-qualificat­ion qui aurait été la première depuis sa remontée dans l’élite en 2009.Mais le voilà au rendezvous de la phase finale pour la douzième fois d’affilée.

“Il va falloir se faire mal, souffrir ensemble, s’arracher la gueule

D'EL'’

Sur le terrain, ça s’annonce bouillant. Christophe Urios, agacé par l’état d’esprit des siens à Perpignan, a déjà prévenu: «Notre équipe n’est pas câblée sur de l’agressivit­é, du jeu frontal et sur le fait de ne pas jouer, de serrer le jeu. Donc ce qui va être important, c’est le coeur du vestiaire. Il va falloir se faire mal, souffrir ensemble, s’arracher la gueule. Puis ce sont souvent les joueurs de haut niveau qui font la différence.» Toute la semaine, le manager girondin a mis ses leaders face à leurs responsabi­lités. Matthieu Jalibert et Cameron Woki en tête. Sans son ouvreur internatio­nal, blessé de décembre à avril, l’UBB a sombré. Sans verser dans la «Jalib’dépendance », c’est souvent le numéro10 qui fait la différence.

Dernier exemple en date lors de la réception du LOU (42-10, le 21mai), où il a débloqué la partie sur un coup d’éclat. ChabanDelm­as attendra de lui qu’il allume la mèche. Urios présente souvent son ouvreur comme un champion. C’est le moment de

CHRISTOPHE URIOS, MANAGER UBB

le prouver. Son compère et ami Cameron Woki est tout aussi attendu. Sur le plan stratégiqu­e, il devra régner dans le secteur de la touche, défaillant­e le week-end dernier à Perpignan (5 ballons perdus). «Qu’ils me montrent que je dois fermer ma gueule» , a relancé Urios hier, qui a semble-t-il promis de ne plus la «ramener» en cas de succès.

Du côté du Racing, ce qu’on aimerait «ramener», c’est le Bouclier à la maison. Le Brennus de 2016 semble tellement loin… Au sein du groupe francilien, voir d’autres équipes soulever des trophées commence à taper gentiment sur les nerfs. C’est le message qui a été infusé cette semaine. Le souci, c’est que depuis quelque temps, le club francilien a tout du bon cheval, toujours placé, mais jamais gagnant. Et si c’était l’année pour braquer la banque?

Soyons honnêtes, le Racing 92 n’a pas la gueule d’un champion, malgré une ligne de trois-quarts «galactique­s» sur le papier. Et alors? Comme l’a souligné fort justement Christophe Urios, champion en 2018 avec Castres (6e de la phase régulière), «la vérité de la phase finale, c’est à part» . Le vainqueur de ce barrage des «outsiders» , promis à une demi-finale contre Montpellie­r, peut-il se rêver un destin doré? Au bal des inconstant­s, ce soir, un seul continuera de danser.

 ?? ?? Le Racing 92 l’avait emporté 13-16 à Chaban-Delmas, le 20 février, lors de la dernière confrontat­ion entre les deux équipes.
Le Racing 92 l’avait emporté 13-16 à Chaban-Delmas, le 20 février, lors de la dernière confrontat­ion entre les deux équipes.

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