L'Equipe

Racing carré

Rassurés par leur répondant dans le combat face à Toulon, les Ciel et Blanc vont devoir rééditer ce genre de performanc­e à Chaban.

- FRÉDÉRIC BERNÈS

Mer calme à peu agitée. Toute cette semaine, la météo marine dans la zone côtière du Plessis a contrasté avec le coup de roulis ressenti à Bordeaux. Parce qu’il était virtuellem­ent éliminé à vingt minutes de la fin de la dernière journée, le Racing a tiré de sa victoire contre Toulon (21-16) un soulagemen­t certain, et même mieux que ça.

Certes, un match isolé ne fera jamais une dynamique. Certes, comme le rappelait Boris Palu, « cette qualificat­ion, c’est bien mais c’est le minimum. On ne voulait pas être la “génération” du Racing qui ne se qualifie pas pour la première fois depuis la remontée en 2009. » Mais le deuxième-ligne dit autre chose: « Je nous trouve sereins devant. Il faut être clair, le match contre Toulon, on le gagne sur la mêlée et les ballons portés. »

Une dureté retrouvée

Et si c’était maintenant que le Racing devenait dangereux, maintenant qu’il s’est libéré d’un poids ? Et si c’était le moment pour lui de refaire peur, lui qui n’est plus cité parmi les principaux favoris dans la course au Brennus ? « Peut-être qu’à un moment, on s’est vu plus beaux qu’on est et qu’on a oublié que c’était fini, qu’il n’y a eu qu’une année où on avait un effectif de malades ( il fait référence à 2016) avec deux équipes qui pouvaient prendre n’importe qui » , réfléchit l’ailier Juan Imhoff.

Contre un Toulon venu à l’Arena la bave aux lèvres, le Racing a montré qu’il avait du répondant dans un registre – dureté, caractère, personnali­té – où sa réputation s’est gâtée ces derniers mois. « Mourad (Boudjellal, ancien président de Toulon) a déclaré qu’il nous trouvait un peu légers devant et qu’il fallait qu’on mange, sourit le troisième-ligne Wenceslas Lauret. Alors on a bien mangé. Mais Bordeaux, c’est très costaud devant. On sait qu’Urios nous attend làdessus, sur l’agressivit­é et la maîtrise. Si on est solides en conquête et sur la discipline ( se souvenir des 20 fautes et des deux cartons jaunescons­entiscontr­eLaRochell­elorsde la demi-finale perdue en Coupe d’Europe), on aura fait une partie du chemin. » Les individual­ités que possède le Racing du 9 au 15 pourraient alors faire pencher la balance…

Un mental solidifié

En novembre dernier, quand l’UBB avait taloché le Racing en lui passant un 31-0 en seconde période (14-37 à l’Arena), Urios avait mis en avant le caractère des siens: « Il fallait jouer ces mecs. On les a fait craquer d’abord mentalemen­t. » Le mois dernier, Ronan O’Gara avait tendu aux Racingmen le même miroir, juste après la défaite face au Stade Rochelais en Coupe d’Europe à Lens. « C’est l’équipe la plus forte mentalemen­t qui a gagné » , piqua le manager irlandais.

« On sait que les équipes qui nous jouent disent à chaque fois que pour gagner contre le Racing, il faut l’amener dans le combat, la dureté, parce que c’est une équipe de stars qui n’aiment pas trop ça, expose le troisième-ligne Yoan Tanga. Mais je ne suis pas d’accord. S’il y a du combat, on est là. Toulon, c’était agressif devant, on était là. Sale, pareil (victoire 41-22 en quarts de finale de la Coupe d’Europe). Ça fait chier d’entendre qu’on nous prend pour des faibles mentalemen­t. On a du mal à se débarrasse­r de cette étiquette. »

Une touche scrutée

Toujours privée de Kurtley Beale (genou, absent depuis trois mois) et de Finn Russell (victime d’une entorse du genou gauche, il a repris la course), l’équipe de Laurent Travers devra aussi se débrouille­r sans son contrôleur aérien numéro 1, Baptiste Chouzenoux, blessé à une épaule début avril. Contre le RCT, la touche du Racing (67% d’efficacité sur ses lancers) a donné des signes de faiblesse, avant de se reprendre.

« On a analysé tout ça, dit Palu. On sait que l’UBB possède le meilleur contre du Championna­t, qu’ils volent 23 % des lancers adverses. Donc, ça peut arriver. Et si ça arrive, on devra être prêts et rester sur notre plan de jeu. » Dimanche dernier, l’abattage au sol de Tanga, Diallo, Le Roux, Palu ou Nyakane a pu compenser. Mais il n’est pas dit que ça fonctionne à tous les coups, ni que le Racing pourra s’en sortir avec un buteur à 44%, comme ce fut le cas face au RCT pour la triplette Le Garrec-Gibert-Machenaud.

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