L'Equipe

La Bérézina Alpine

Entre les polémiques autour de la BoP et les problèmes rencontrés en course, Alpine a vécu une semaine difficile conclue hier par une cruelle 23e place.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL FABRICE BOSSET

LE MANS – Le temps fort de la semaine mancelle d’Alpine aura été l’Hyperpole, jeudi soir. Pendant trente minutes, avec Nicolas Lapierre au volant, l’ancienne LMP1 a fait presque jeu égal avec les Toyota (3e à quatre dixièmes de la n° 8), et on a alors cru que la 90e édition des 24 Heures allait nous réserver un beau suspense et une grande bagarre entre les clans français et japonais.

Mais la BoP (Balance of Performanc­e) du prototype tricolore, réévaluée à la hausse après les premiers essais, a été à nouveau modifiée, à la baisse cette fois. Un jeu de poker menteurent­re les législateu­rs – FIA et ACO – et Alpine, dont il est difficile de déterminer le vrai du faux, mais qui a quasiment réduit à néant les chances de voir l’A480 rivaliser avec les GR010.

Et au moment du départ, il aurait fallu un miracle, voire deux, comprenez l’éliminatio­n des Toyota sur problème mécanique ou accident, pour qu’Andre Negrao, Nicolas Lapierre et Matthieu Vaxivière aient l’espoir de monter sur la plus haute marche du podium, hier à 16 heures. « Quand bien même on aurait fait la pole, on savait que la course serait difficile pour nous, reconnaiss­ait d’ailleurs après l’arrivée Philippe Sinault, le Team Principal d’Alpine. La nouvelle BoP nous a remis à une place qu’on n’imaginait pas. Mais encore une fois, ce sont les règles. On a discuté, ferraillé un peu. Ils sont arrivés à cette nouvelle définition, qu’on a trouvée sévère. Les faits l’ont prouvé. Au-delà des problèmes rencontrés en course, on a bien vu qu’en ligne droite on se bagarrait avec les LMP2, on n’arrivait pas à se sortir du trafic. »

“Il y a beaucoup de déception, de frustratio­n

MA'TTHIEU

VAXIVIÈRE, PILOTE ALPINE Un déficit de performanc­e qui à lui seul aurait empêché l’Alpine de titiller les prototypes japonais. Il a en plus fallu que le sort s’en mêle, avec de nombreux incidents qui ont contrarié l’écurie française. « On a rarement connu une course aussi difficile, regrettait Sinault. Tout est allé de travers très rapidement, avec des pannes assez improbable­s qu’on n’avait jamais vues avant, tout d’abord sur le boîtier électroniq­ue qui gère l’embrayage puis sur les bobines d’allumage. Sur ces deux incidents, on perd 23 minutes, donc la course est finie (il était alors moins de 21heures samedi). L’accident de Matthieu (Vaxivière) avec la Porsche (un peu après 9 heures du matin hier) vient ajouter une charge émotionnel­le, mais ça ne change rien au final (Alpine a terminé 23e à 18 tours). »

« Il y a beaucoup de déception, de frustratio­n, ajoutait le pilote français. C’est une course qu’on prépare depuis des mois, c’est celle dans laquelle on veut absolument briller. On est quand même satisfaits d’être à l’arrivée et on le doit aux mécanicien­s qui se sont donnés pour réparer la voiture. Mais ce n’était pas notre ambition, notre objectif. »

La cohésion de l’équipe, c’est aussi le point positif que voulait retenir Sinault. « Elle n’a jamais lâché, même quand il n’y avait plus rien à jouer. C’est même eux qui m’ont soutenu. On était ambitieux avant d’arriver ici. Je pense qu’on avait de beaux atouts à faire valoir, mais la course ne s’est pas passée comme on l’imaginait. On avait fait troisième l’an dernier, on s’était dit que c’était jouable de faire mieux. Mais il faut qu’on travaille encore pour décrocher le Graal. Et ça nous motive encore plus. » Prochain espoir pour le team français de remporter Le Mans, en 2024 quand il alignera sa propre Hypercar.

 ?? ?? L’Alpine A480 n’a pas pu rivaliser avec les Toyota, ce week-end au Mans.
L’Alpine A480 n’a pas pu rivaliser avec les Toyota, ce week-end au Mans.

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