L'Equipe

Verstappen en balade

Avec l’abandon des deux Ferrari, Red Bull a déroulé, assurant un doublé et le retour du champion du monde aux avant-postes. Voilà le Néerlandai­s solidement installé en tête du classement des pilotes.

- FRÉDÉRIC FERRET

La seule inquiétude de Red Bull aura été de savoir s’il fallait tourner en 46’’9 ou en 47’’5 et surtout d’apaiser la naturelle exaltation de son champion, paisible et solitaire leader. Au volant, Max Verstappen était si tranquille dans les rues de Bakou que son écurie lui demanda d’assurer et réduire son rythme pour préserver la mécanique et surtout éviter une erreur. Et c’est encore le vainqueur du jour qui eut le dernier mot, obtenant de son ingénieur, Gianpiero Lambiase, de ne pas trop baisser afin de garder les pneus en températur­e.

En fait, il eut toute la journée raison. Même en partant tranquille­ment troisième; même en ne rentrant pas lors du premier VSC (voiture de sécurité virtuelle) au dixième tour, lorsque son grand rival pour le Championna­t du monde, Charles Leclerc, prit la tête grâce à ce pari stratégiqu­e de la Scuderia ; même et surtout lorsqu’il prit avec assurance la têtesurson­équipierSe­rgioPerez, les pneus à l’agonie.

À partir du quinzième tour, Verstappen s’envola, en bon gestionnai­re. Le Mexicain, auteur du meilleur tour en course, ne put rien faire pour suivre le rythme scientifiq­ue du champion en titre qui termina avec 20 secondes d’avance sur l’autre Red Bull et… 45 sur le troisième, George Russell (Mercedes). « Une course très mature », félicitera à l’arrivée Christian Horner, le directeur de l’équipe Red Bull.

Et pourtant, la piste ne convenait guère au style agressif de Verstappen. Pas grave, voilà le Néerlandai­ssolidemen­tinstallée­ntête du classement. Il déroule, même en conf’, où plutôt que s’apitoyer sur les déboires de Leclerc, il s’amuse. « On a tous des emmerdes, rigolait-il. C’est le sport auto. J’ai connu ça ( à Bahrein et en Australie). L’important c’est de savoir comment il s’en sortira. Après ce genre de déboire, on est en colère mais il faut vite passer à autre chose. »

Le Batave (24 ans), lui, est désormais ailleurs. C’est le pilote qui a offert le plus de podiums à Red Bull (66), un de plus que l’Allemand Sebastian Vettel. Et il a repris la main sur Perez, encore un peu chiffon de ne pas être rentré sous VSC et qui ruminait ses deux arrêts un peu vendangés alors que dans le même temps ceux de Verstappen se déroulaien­t sans accroc. Le Mexicain peut se consoler avec son contrat et sa position de dauphin au Championna­t. La dernière fois que les deux pilotes Red Bull avaient occupé les deux premières places, c’était en 2011 (Vettel-Webber) et l’équipe avait survolé la saison.

“Après ce genre de déboire, on est en colère mais il faut vite passer à autre chose

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MAX VERSTAPPEN, À PROPOS DE CHARLES LECLERC

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