L'Equipe

Murray reverdit

Malgré sa défaite en finale à Stuttgart contre Matteo Berrettini, l'Écossais de 35 ans a montré un niveau de jeu prometteur à deux semaines de Wimbledon.

- DE NOTRE CORRESPOND­ANT ALEXIS MENUGE

MUNICH (ALL) – Pour sa première participat­ion au tournoi de Stuttgart, Andy Murray aura marqué les esprits. L’Écossais était à un match de remporter son premier titre sur gazon depuis six ans.Il a finalement cédé (6-4, 5-7, 6-3) hier face à Matteo Berrettini (10e) au terme d’une belle bataille de 2 h 40, qu’il a terminée blessé.Au début du troisième set, il a ressenti une gêne au niveau des abdominaux contractée au bout d’une course sur une amortie de l’Italien.Mais, malgré de grandes difficulté­s pour servir, Murray a tenu à disputer cette finale jusqu’au bout.

Le double vainqueur de Wimbledon (2013 et 2016) boucle malgré tout une belle semaine. Après avoir fait l’impasse sur la saison de terre battue à l’exception du Masters 1000 de Madrid, l’Écossais avait affiché ses ambitions avant ses débuts. « Avec Tsitsipas, Berrettini et Kyrgios, le plateau est relevé. Mais je compte bien aller le plus loin possible sans me fixer de limites. »

Après deux premiers tours synonymes de mise en route face à l’Australien Christophe­r O’Connell (6-4, 6-3) puis le Kazakh Alexander Bublik (6-3, 7-6), il a passé un véritable test contre Stefanos Tsitsipas en quarts de finale. Un test concluant pour l’ancien numéro 1 mondial, qui n’a pas perdu une seule fois son service face au 5e mondial. « Il faut vraiment que je me creuse la cervelle pour retrouver la trace de ma dernière victoire contre un joueur du top 5 », lâchait-il quelques minutes après avoir terrassé le Grec (7-6, 6-3). C’était en novembre20­16 face à Novak Djokovic au Masters de Londres. Profitant des sautes d’humeur de Nick Kyrgios en demi-finales, il a fait preuve d’un calme étonnant contre le fantasque Australien (7-6, 6-2) pour se trouver en position de remporter son 47e trophée. En vain.

“J’espère que mon corps pourra tenir un peu plus longtemps ''

ANDY MURRAY

Son bilan reste positif à deux semaines de Wimbledon. Alors qu’il envisageai­t de raccrocher en 2019 lorsqu’il avait ressenti des soucis récurrents à la hanche droite qui avaient nécessité une opération, Murray a prouvé que malgré ses 35ans il fallait encore compter sur lui. 68e au début de la semaine, il réintègre aujourd’hui le top 50 (47e) pour la première fois depuis mai 2018.

À Stuttgart, il est progressiv­ement devenu le chouchou du public. Lors de la présentati­on des joueurs avant ses matches, le speaker a à chaque fois mentionné « la générosité d’Andy, qui offre chacun de ses gains tout au long de l’année 2022 à l’Unicef et notamment aux enfants ukrainiens» , une démarche qui a suscité des applaudiss­ements nourris et une cote de sympathie toujours plus importante. Les «Go Andy » n’ont cessé de raisonner tout au long de la semaine, y compris hier en finale. Même s’il s’est incliné, il aura au moins eu le mérite de l’emporter à l’applaudimè­tre.

Au cours de son ultime point presse en début de soirée, il avait le sourire malgré la défaite, visiblemen­t satisfait de son niveau de jeu. « Il y a eu beaucoup de progrès ces dernières semaines. Je suis impatient de voir ce que l'avenir nous réserve, je me sens beaucoup mieux dans mon jeu. J'espère que mon corps pourra tenir un peu plus longtemps pour que je puisse continuer à jouer des matches comme celui-ci. » Murray, qui va passer des examens cette semaine pour sa douleur aux abdominaux, a aussi confié ne vouloir prendre aucun risque en vue de la quinzaine londonienn­e (27juin - 10juillet). Il pourrait donc déclarer forfait cette semaine au Queen’s.

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Andy Murray a craqué au troisième set de sa finale à Stuttgart face à Matteo Berrettini.

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